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Actualité - 19.12.2020

La « triplette » de Richard Bessis : un tir groupé exceptionnel

Victoire d'Orlando Vici dans le Critérium des 3 Ans en 2005 sous les couleurs de Richard Bessis. Il doublera la mise dans le Critérium des 4 Ans six mois plus tard.

Gagner le Critérium des 3 Ans est, évidemment, pour tout propriétaire, un sommet, car il s’agit du tournoi classique le plus réputé du programme attelé, sachant que le Prix d’Amérique est non pas un classique, mais un international. Le remporter une fois est déjà une immense satisfaction, mais à plusieurs reprises… Depuis 1970, en cinquante éditions – notre référence, tout au long de la semaine –, ils sont cinq à y être parvenus. Gros plan sur eux et sur quelques autres.

Le propriétaire le plus titré de ce demi-siècle est Richard Bessis. L’homme de l’Ecurie AB Trot – qu’il anime avec ses associés et amis d’enfance, rencontrés sur les bancs du lycée Carnot, à Tunis, Yves Abouaf et Bernard Bokobsa– est, en effet, triplement représenté au palmarès et ce n’est pas là un mince exploit, à plus forte raison lorsque l’on sait qu’il a réussi ce coup de trois avec des poulains qu’il a achetés, à des prix raisonnables de surcroît. Le premier de ces trois gagnants est Atout du Closet (Mon Ouiton), le lauréat de l’édition 1991. Le deuxième est Escartefigue (Steed James), vainqueur en 1995. Le troisième est Orlando Vici (Quadrophénio), sacré en 2005. L’intéressé souligne, à propos de ce triplé : « Gagner trois fois le Critérium des 3 Ans, en moins de quinze ans, chez des entraîneurs différents (N.D.L.R. : respectivement Léopold Verroken, Alain Laurent et Fabrice Souloy), avec des drivers différents (N.D.L.R. : tour à tour Jean-Marie Monclin, Alain Laurent et Jean-Michel Bazire) et avec des poulains d’origines et de profils différents, achetés bon marché qui plus est, n’est pas une petite affaire, effectivement. Je pense même que c’est un exploit unique dans l’histoire de la course. »

Dans les pas de Pierre de Montesson
En fait, ce n’est pas un exploit unique dans l’histoire de la course, pour reprendre la formule de Richard Bessis. Mais, pour trouver pareil exploit, il faut remonter dans les années 1960, au-delà de notre statistique, quand le comte Pierre de Montesson avait gagné trois fois le Critérium des 3 Ans avec trois sujets qu’il avait achetés, en provenance de trois élevages distincts. Il s’agissait de Nicias Grandchamp, Toscan et Une de Mai. Une différence s’impose avec la « triplette » de Richard Bessis : les trois vainqueurs de Pierre de Montesson étaient aux soins du même entraîneur, à savoir Jean-René Gougeon.
De son côté, Richard Bessis ajoute : « Je n’en tire pas gloriole d’ailleurs, mais je trouve que la chose est passée quelque peu inaperçue en son temps. Atout du Closet, nous l’avions acheté aux ventes, quelque chose comme 50.000 francs (N.D.L.R. : moins de 8.000 euros, en monnaie transformée). Orlando Vici provient également des ventes de yearlings, où nous l’avions eu pour 32.000 euros. Quant à Escartefigue, il est le fruit d’une option d’achat, faite par l’entremise d’une annonce publiée dans le journal « Paris-Turf », sur un produit de notre étalon d’alors, Steed James ; nous avons levé l’option au sevrage du poulain, pour 30.000 francs (N.D.L.R. : soit environ 4.500 euros). Voyez que ce n’étaient pas des investissements considérables. Cela n’a pas empêché ces trois poulains de briller au plus haut niveau, y compris en d’autres occasions que ce Critérium, Escartefigue gagnant le Prix de Sélection, au cours du même hiver, et Orlando Vici doublant la mise dans le Critérium des 4 Ans. »

« Je ne tire pas gloriole de ce coup de trois, mais je trouve que la chose est passée quelque peu inaperçue en son temps » - Richard Bessis


Le score des quatre autres propriétaires annoncés dans notre préambule est de deux victoires chacun. Chronologiquement, le vicomte Guillaume de Bellaigue est le premier d’entre eux, avec deux pouliches, Clissa (Quioco), lauréate en 1971, et Gamélia (Kerjacques), au palmarès de l’édition 1975. Au cours de la même décennie, Pierre-Désiré Allaire a réalisé lui aussi le doublé, grâce à deux fils de Sabi Pas, Fakir du Vivier, en 1974, et Larabello, en 1980. Une dizaine d’années plus tard, Jean-Pierre Dubois lui emboîte le pas, avec Vasquez (Muscle), en 1990, et Buvetier d’Aunou (Royal Prestige), en 1992. La série se poursuit et se termine – temporairement, gageons-le – avec l’Ecurie Rib, gagnante via Memphis du Rib (Elvis de Rossignol), en 2003, puis Nikita du Rib (Hulk des Champs), en 2004. A l’instar du vicomte de Bellaigue, Joël Hallais, au travers de l’Ecurie Rib, est également l’éleveur de ses deux protégés. En regard, Pierre-Désiré Allaire et Jean-Pierre Dubois se situent, si l’on nous autorise l’expression, dans les deux camps, ayant, pour l’un, acheté Fakir du Vivier et élevé Larabello, et, pour l’autre, acheté Vasquez et élevé Buvetier d’Aunou.

Des sagas personnelles ou familiales au « catch-driving »
Avec Memphis du Rib et Nikita du Rib, Joël Hallais est même au triple poste d’éleveur, de propriétaire et d’entraîneur, mais Jean-Pierre Dubois le surpasse avec Buvetier d’Aunou, dont il est également le driver. Un succès total, en quelque sorte, également l’apanage de Paul Viel, au sulky de son élève Ultra Ducal (Buffet II), en 1989. Un exploit à mettre aussi à l’actif, ou quasiment, de Fabrice Souloy, en 1999, avec Install (Buvetier d’Aunou), dont il est l’entraîneur et le driver, en même temps que l’éleveur et le propriétaire associé, au sein de l’écurie familiale du Trémont. Près de trente ans auparavant, en 1970, André-Louis Dreux est dans un cas similaire, en tant que pilote et mentor de Bill D (Kerjacques), issu de l’élevage familial, voire, un peu plus tard, en 1979, Jean Lesne, avec Kapulco (Ruy Blas IV), ou encore, en 1981, Paul Viel avec le cheval de son père, Moktar (Chambon P). Avec le temps, ces sagas personnelles ou familiales, autour des champions, se sont cependant estompées, avènement des « catch-drivers » à la clef. Ainsi les plus récents vainqueurs de ce Critérium, dans le sulky, sont-ils les Goop (Gunilla d’Atout, en 2019 ; Face Time Bourbon, en 2018), Nivard (Erminig d’Oliverie, en 2017 ; Bold Eagle, en 2014), Lebourgeois (Charly du Noyer, en 2015) et autres Raffin (Aladin d’Ecajeul, en 2013), spécialistes du « catch-driving », à l’exception près – qui confirme la règle ! – de la réussite, en famille, de Mathieu Mottier (Diégo du Guélier, en 2016).

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