... © Elise Fossard
Actualité - 25.08.2020

Spécial Ventes Focus Haras du Bois-Josselyn

Le premier épisode d'un série consacrée aux Ventes de Yearlings à Deauville est consacré au Haras du Bois-Josselyn, avec Pascal Bernard, qui présente 11 yearlings la semaine prochaine. Il incarne l’une des valeurs les plus sûres du catalogue.

La structure
Le Haras du Bois-Josselyn prend place à Neuville-près-Sées, dans le département de l’Orne, sur les herbages, réputés, du pays du Merlerault. Il s’étend sur une centaine d’hectares. Trente poulinières y ont été testées pleines ce printemps.

Les succès aux ventes
« Barrio Josselyn doit être, historiquement, le yearling que nous avons vendu le plus cher, à 190 000 €. C’est l’Ecurie des Charmes qui l’avait eu et elle a été récompensée de son investissement, puisque le cheval a gagné environ 500 000 €. Les autres sujets les plus performants que nous avons passés aux ventes sont Uzo Josselyn (N.D.L.R. : neuf victoires et 250 000 € ; vendu 180 000 €), la semi-classique Céré Josselyn (N.D.L.R. : six victoires et près de 350 000 € ; vendue 46 000 €) ou encore l’actuel Ezio Josselyn (N.D.L.R. : trois victoires et 125 000 €, à ce jour ; racheté 26 000 €, yearling, puis vendu 47 000 €, à 3 ans, lors d’une vacation mixte). »

Les présents espoirs
« Nous avons plusieurs lots spécialement intéressants, à commencer par Jahika Josselyn (n°18), une fille de Bold Eagle, propre sœur de la classique Galiléa Money, de la famille de Cristal Money et Return Money. Il y a aussi Jazzy Josselyn, un fils de Love You, deuxième produit d’Arnaque, une fille de Ready Cash que j’avais achetée 35 000 €, à 2 ans, et qui a réussi en course, gagnant près de 90 000 € ; son premier produit, Izira Josselyn, par Coktail Jet, s’est très bien qualifié, au mois de mai, à Caen, en 1’17’’ et fractions. J’ai également deux mâles de Bold Eagle (n°109 et 134) et une pouliche, issue de la première production d’Eridan, Jolia Josselyn (n°461), dont la sœur, par Coktail Jet, vient de se qualifier en 1’19’’ ; c’est la descendance, en droite ligne, de la matrone du haras, Quézira. »

La méthode de préparation et de travail
« Les yearlings sont préparés sur place par mon bras droit et homme de confiance, Didier Fouilleul. C’est une phase très classique, à l’ancienne. Les chevaux sont rentrés environ deux mois avant les ventes. Ils font un peu de marcheur au manège, le matin, et passent le reste de la journée au pré. J’aime bien les présenter bruts, « nature ». J’ai toujours procédé ainsi. Sans doute sont-ils moins musclés que les yearlings qui passent chez les préparateurs spécialisés, mais c’est notre façon de faire et cela nous réussit plutôt. Alors, pourquoi changer ? »

Le contexte
« La crise sanitaire n’arrange personne, mais je ne suis pas sûr qu’elle aura forcément une grande influence sur l’activité aux ventes. Comme tout le monde, je pense que le haut de la gamme se vendra bien, la moyenne gamme moins bien et les plus petites catégories plus difficilement encore. C’est un peu comme cela tous les ans, depuis longtemps. Je relisais une interview de Jean-Pierre Dubois de 1986, au moment des débuts de l’Agence Française du Trot. C’était juste avant les ventes et on lui demandait comment il voyait les choses. Or, sa réponse était exactement celle que je viens de faire. Comme quoi, il n’y a rien de vraiment nouveau sous le soleil ! »

C’est dit !
« La baisse des allocations est préoccupante et risque, à terme, d’avoir des répercussions négatives sur les ventes. Pensez qu’il y a encore quelques années une victoire dans un semi-classique rapportait 60 000 € au propriétaire concerné. Aujourd’hui, pour le même succès, c’est seulement un peu plus de 38 000 €… Bien sûr, la crise sanitaire est passée par là et on peut espérer que les prix vont être revalorisés une fois le choc passé, mais tout de même. Je suis tout à fait conscient qu’il faut être solidaire de la base et aider les plus vulnérables, mais l’élite importe aussi. C’est elle qui fait le spectacle et, plus tard, l’élevage. Or, nous, éleveurs, vendeurs en particulier, risquons de subir les conséquences de cette dégradation, car les propriétaires vont avoir moins à dépenser. J’ajouterai que, tandis que les allocations baissaient, ces dernières années, les prix de saillie continuaient d’augmenter. »

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