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Actualité - 03.02.2021

Florence Lecellier la disparition d’une pionnière

La nouvelle est tombée mardi soir. Florence Lecellier est décédée au CHU de Caen où elle avait été admise en urgence quelques heures plus tôt. Elle comptait plus de 300 victoires, tant comme driver et jockey que comme entraîneur.
Elle aurait eu 50 ans en mai prochain. Florence Lecellier a vécu toute sa vie pour et par les courses tout en cherchant sa voie dans la reconversion ces dernières années. C’est une battante qui aura endossé le rôle de pionnière, dans le monde très masculin des courses, qui disparaît. Rapidement gagnée par le virus des courses, la sœur de Pierrick Lecellier effectue sa formation hippique à l’École des Jockeys de Chantilly et débute en compétition en 1989 à Villedieu-les-Poêles avec un pensionnaire de Gérard Duclos. En 1992, elle entre au service de l’association entre François Lemoine et Mme Lamare sous le label Écurie de Querville. Elle passe professionnelle (à 35 victoires à l’époque) en 1993 et devient l'année suivante entraîneure particulière de l'écurie. C’est le début d’une longue et fructueuse collaboration avec François Lemoine qui se terminera en 2012. Son premier partant comme entraîneur sera dans un Groupe 1, se rappelle son ancien employeur qui est toujours resté en contact avec la professionnelle : « À la fin de son apprentissage, elle avait intégré l’écurie pour courir les épreuves montées. Très rapidement, on a décelé en elle des capacités pour devenir entraîneur et Dona Sol du Cadran sera son premier partant, dans le Prix de Vincennes (6e). » Nous sommes au début des années 1990, une époque à la fois proche et déjà lointaine : « Il faut se souvenir qu'à l’époque, c'était difficile pour une fille dans un peloton. Il a fallu qu’elle se batte et qu’elle fasse preuve d’un tempérament en acier trempé pour percer dans ce milieu. Elle avait beaucoup de volonté et de caractère. »

La force de son palmarès
Première femme française à remporter un Quinté+ avec Iras du Bottey en 2003, Florence Lecellier s’est bâtie un joli palmarès, comptabilisant 378 succès comme entraîneur et 316 comme driver et jockey. « Elle était douée et son palmarès parle pour elle » continue encore François Lemoine. « Elle adorait Cagnes-sur-Mer. Au début, elle ne voulait pas y aller et, par la suite, c’est devenu sa seconde résidence. Elle a remporté comme entraîneur et driver le Grand Prix des Sulkys à Craon en 2004 avec Jessica d’Hermès. Elle tenait beaucoup à cette victoire dans un Gr.3 car elle avait réussi à exploiter au mieux cette jument qui n’avait pas de gains à 4 ans après être passée chez deux autres professionnels. » Parmi ses autres meilleurs représentants, on peut citer La Calonne, Marine du Hauzey, Sodosis, Dame d’Or, Paiva, Laura d’Etangville.

La difficulté de la reconversion
Plusieurs accidents affecteront la professionnelle à partir de 2012. Dès lors qu’elle ne sera plus entraîneur pour François Lemoine à la fin de la même année, Florence Lecellier se lancera dans de nouvelles voies. Elle effectuera une immersion de quelques mois dans le galop, aux côtés de Jean-Paul Gallorini au printemps 2015. À ce sujet, elle déclarera à Province Courses l’Hebdo : « Je me suis tournée vers le galop et j'ai eu la chance d'être embauchée pour trois mois par un grand monsieur de la profession, M. Jean-Paul Gallorini. Ça a été une grande fierté pour moi de pouvoir travailler avec un homme comme lui. » Elle participe également aux meetings de Cagnes-sur-Mer avec les familles Ledoyen et Mortagne dont elle est très proche.
Un grave accident en début d’année 2018, à l’entraînement à Cagnes-sur-Mer, l’avait écartée des pistes depuis lors. « Le sujet de sa reconversion la souciait, nous apprend François Lemoine. Elle ne pouvait plus entraîner et ce n’est pas facile pour des professionnels qui ont consacré l’essentiel de leur vie à la filière des courses de trouver une reconversion. » Ces derniers temps, Florence Lecellier vivait à Caen aux côtés de sa mère.
À sa famille et à ses proches, toute la rédaction de 24 Heures au trot présente ses plus sincères condoléances.

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