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Actualité - 05.02.2021

Quand les courses PMH ont droit de cité sur les écrans

Les institutions des courses ont décidé de démultiplier la retransmission en direct des réunions PMH (sans prise d'enjeux nationale). Après plusieurs expérimentations depuis octobre dernier, on va arriver à 22 hippodromes inclus dans ce programme à la fin du mois de février. Et l'offre de visibilité des courses PMH ne devrait faire qu'augmenter par la suite.

C’est une révolution silencieuse mais visible. Les institutions des courses ont décidé de retransmettre, via deux canaux d’Equidia (le site internet equidia.fr et l’application de la chaîne hippique) plus de réunions PMH. On parle d’exposition augmentée des courses dans les propos des organisateurs, dont Arnaud de Courcelles, directeur général d’Equidia et directeur du pôle média.

Un projet justifié par l’époque
Evidemment, cela s’inscrit parfaitement dans l’époque de la crise sanitaire de la Covid qui a sorti depuis de nombreux mois le public des hippodromes PMH. Le protocole du huis-clos exclut tout autant les spectateurs, passionnés ou non, que la majorité des socio-professionnels, ne permettant qu’une représentation numérique très réduite sur les champs de courses. Surtout, les éleveurs et propriétaires ne peuvent plus aller voir leurs représentants. Démultiplier les directs des réunions PMH permet de faire entrer les épreuves dans tous les foyers, via les écrans. On est bien là dans la montée en puissance de la dimension virtuelle et/ou digitale de notre environnement. C’est la teneur des propos de Pierre Preaud, Secrétaire Général de la Fédération Nationale des Courses Hippiques : « Nos hippodromes régionaux organisent chaque année plus de 1000 réunions PMH. Jusqu’à ces derniers mois, sauf pour certaines réunions support de paris online, les courses n’étaient pas visibles en direct, ce qui était une vraie frustration pour les propriétaires, les socioprofessionnels et les parieurs. Les Sociétés Mères ont souhaité que cette diffusion en direct devienne la règle, ce nouveau service sera déployé pendant cette année 2021 progressivement sur toutes les fédérations régionales. »
Voilà donc pour la feuille de route. C’est à Equidia qu’incombe d’assurer l’accès à ces images envoyées par les moyens techniques des différentes fédérations et des hippodromes.

Données sur les réunions PMH retransmises sur Equidia
■ sur 15 hippodromes en 2020
■ sur 22 hippodromes à la fin février (7 en février)

Sur le plan de la diffusion, Arnaud de Courcelles, Directeur Général d’Equidia et Directeur du Pôle Média, ajoute pour sa part : « La mission première d’Equidia est de se mettre au service des parieurs et des socioprofessionnels pour leur proposer le plus grand nombre de courses. Nous sommes ravis d’élargir l’offre de courses avec la FNCH en intégrant un nombre important de nouveaux hippodromes qui permettront d’exposer plus fortement les courses PMH. »

L’atout du direct
Pour les socioprofessionnels, le plus de cette offre est bien contenue dans la notion de direct. Car l’offre ne changera pas fondamentalement l’accès aux images déjà généralisé par les fédérations des courses et Equidia et mises à disposition sur plusieurs sites comme Infonet et letrot.com. Ces sites permettent de visionner l’ensemble des courses nationales mais plusieurs heures après leur déroulement. Le passage en mode direct devrait permettre par ailleurs une meilleure qualité des retransmissions avec – normalement – plusieurs caméras sur chaque hippodrome et, par conséquent, une séquence qui bénéficie d’un montage (enchaînement de plans différents grâce à plusieurs angles de prise de vue). Les captations des courses à partir d’une seule caméra, qui limite inévitablement la bonne mise en images des épreuves, vont donc baisser au nombre au profit de captations plus élaborées. Pierre Preaud nous a appris sur le sujet : « Ce sont des régies mobiles qui sont à disposition des fédérations régionales qui les mettent elles-mêmes à disposition des hippodromes. D’un point de vue technique, tout est plus simple si les hippodromes sont fibrés. On va procéder à un développement progressif de l’opération. »

Un argument commercial pour les courses
Permettre à tous les propriétaires, éleveurs ou passionnés de suivre en direct les épreuves qui les intéressent ou dans lesquelles ils y ont un intérêt peut aussi se voir comme un argument à l’intention du propriétariat et des investissements de toute sorte dans l’industrie de courses. Comment investir dans une filière quand on ne peut pas en vivre les émotions associées, qui sont le fond de commerce justement du propriétariat ? Voici donc une réponse concrète.

Les Sociétés Mères ont souhaité que la diffusion en direct des réunions PMH devienne la règle.
Pierre Preaud

© ScoopDyga

Un projet qui ne s’adresse pas aux parieurs
Ce projet d’élargissement du nombre de retransmission des courses PMH est en… opposition avec la stratégie du PMU mise en œuvre sous l’ère Linette. Depuis trois ans maintenant, la ligne de conduite du principal opérateur de paris hippiques est en effet de réduire son offre de courses après avoir fait le constat que « trop de courses tuaient le volume des enjeux ». Une stratégie qui s’est rapidement concrétisée par les résultats positifs que l’on connaît en termes d’augmentation des enjeux. Toutes les réunions CSI (déclarées dans le programme de courses à disposition des opérateurs de paris hippiques sur internet pour entrer à leur catalogue) ne sont actuellement pas ouvertes aux enjeux sur pmu.fr et il n’est pas dans l’air du temps de réouvrir le catalogue des paris à de nouvelles réunions en régions. La seule conclusion qui s’impose est que la retransmission de réunions PMH supplémentaire ne s’adresse en fait pas aux parieurs mais aux socioprofessionnels. Pierre Preaud contextualise ce projet vis-à-vis des parieurs de la même façon tout en pensant à l’avenir : « Les parieurs ne sont pas la cible de notre démarche qui concerne d’abord les socioprofessionnels. Le jeu n’est pas l’objet du moment mais, si un jour le calendrier des courses ouvertes aux paris venait à s’élargir, nous serions prêts. »

Question de budget
Les institutions sont face à un problème complexe qu’on pourrait qualifier de quadrature du cercle. Comment investir dans ce projet mobilisateur pour les acteurs des courses à une période où les ressources n’atteignent pas la ligne de flottaison de l’équilibre budgétaire ? L’industrie des courses perd actuellement de l’argent avec un volume d’affaires qui oscille entre 75 % et 85 % de ses précédentes références. Ce niveau est remarquable avec un réseau de points de ventes du PMU amputé de plus du quart de ses membres. Quant au budget de cette opération précise, il provient du Fonds commun (sociétés mères et Fédération des courses).

Ne pas déshabiller Paul pour habiller Pierre
Quel impact aura ce projet sur la fréquentation des hippodromes lors de la reprise de leur activité avec public ? Ne pourrait-il pas alors devenir concurrentiel avec la volonté de faire (re)venir les gens sur les champs de courses. C’est toute l’ambivalence entre le « distanciel » et le « présentiel ». Se pose en filigrane la question tout aussi fondamentale sur le recrutement de passionnés, prêts à devenir investisseurs comme éleveurs et/ou propriétaires. Ce projet peut-il être un levier de diffusion vers des prospects ou au contraire ne va-t-il pas démobiliser les foules des hippodromes, là où tant de passions se sont nouées "en vrai" ? Poser la question n’est évidemment pas y répondre.

Le projet en chiffres
■ Fin 2020 : 15 hippodromes ont vu une réunion PMH diffusée en direct sur Equidia
■ À partir de février : 7 hippodromes dont Pornichet, Caen, Compiègne, Lyon-Parilly
■ À partir de mars, les autres hippodromes de la Fédération Anjou-Maine
■ À partir d’avril, les autres hippodromes de la Fédération du Sud-Est
Les hippodromes des autres Fédérations régionales devraient rejoindre le dispositif dans les mois à venir.


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