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Actualité - 07.02.2021

Flamme du Goutier, les Groupes 1 lui vont bien

être sur le podium des meilleurs éleveurs comme c'est le cas après cette victoire est une grande satisfaction même si je ne sais pas si cela va durer forcément longtemps.
Jean Cottin

Battue de très peu dans le Prix de Cornulier par Bahia Quesnot, Flamme du Goutier s'est montrée la plus forte dans le Prix de l'Île-de-France (1'10''8). Elle remporte ainsi le deuxième Groupe 1 de sa carrière dans une spécialité où elle n'a couru que quatre fois, toutes à ce niveau.

Savoir rebondir. Ne pas rester sur un échec, si tant est qu'une deuxième place à l'arrivée d'un Groupe 1 soit considéré ainsi. Une obligation pour tous les sportifs. Au lendemain de sa victoire dans le Prix de Normandie en septembre dernier, la première de sa carrière dans un Groupe 1, où sa monte avait mise en avant par les observateurs, Antoine Wiels confiait dans les colonnes de Province Courses l'Hebdo mettre "plus de temps à oublier une course ratée. Dans ce cas-là, je vais y repenser pendant plusieurs jours". Il est fort probable que les jours suivants le Prix de Cornulier, l'homme aux plus de mille victoires a pensé et repensé encore à cette deuxième place
alors que la victoire avait été à portée de main avant que Bahia Quesnot (Scipion du Goutier) et Alexandre Abrivard ne viennent reprendre le meilleur à Flamme du Goutier (Ready Cash) et Antoine Wiels. "J’ai été un peu chaud. J’aurais mieux fait de retemporiser dans le dernier tournant et de me mettre dans le dos de Matthieu", avait alors reconnu le dernier cité. Ce dimanche, quinze jours plus tard, le pilote a retenu la leçon et a attendu l'entrée de la ligne pour lancer sa partenaire. "Elle était en roue libre dans le dernier tournant, débriefe Antoine Wiels. Mais j’ai temporisé pour prendre le dos de Fado du Chêne et la dégager de son sillage au début de la ligne droite. Quand je lui ai mis le nez à la fenêtre, elle s’est envolée. Dans le dernier tournant du "Cornulier", j’étais facile et je savais que Bahia Quesnot avait un peu de mal à tourner, c’est pourquoi j’ai décidé d’y aller à ce moment-là. J’ai un peu de regrets mais il faut passer à autre chose. Ça m’a servi de leçon."
De nouveau munie d'un bonnet fermé, avec lequel elle avait fait jeu égal avec Feeling Cash (Ready Cash) dans le Prix des Élites en septembre dernier, la jument entraînée par Thierry Duvaldestin a cette fois mis fin à tout suspense à mi-ligne droite. Pour sa cinquième participation à un Groupe 1 (quatre au monté et un à l'attelé), Flamme du Goutier s'impose une deuxième fois et poursuit son sans-faute à ce niveau, ses trois autres tentatives s'étant soldées par autant d'accessits. De quoi pleinement satisfaire son éleveur-propriétaire Jean Cottin : "On est contents bien sûr. On croyait dur comme fer gagner le "Cornulier" mais on a été battus par une jument que l'on n'attendait pas forcément et qui a été meilleure que la nôtre. Trente ans après avoir acheté mes premières poulinières, être sur le podium des meilleurs éleveurs comme c'est le cas après cette victoire est une grande satisfaction même si je ne sais pas si cela va durer forcément longtemps".
D'une année sur l'autre
Si les aiguilles du chronomètre ne sont pas autant affolées que l'an dernier quand Bilibili et Etonnant (Timoko) avaient établi le nouveau record général du trot monté à Vincennes en 1'10'', le temps réalisé par Flamme du Goutier est tout de même le quatrième meilleur de l'histoire de la course, sur une piste jugée ferme, le quatrième à passer sous la barre des 1'11''. Deuxième l'an dernier à l'issue d'un parcours héroïque, le pensionnaire de Richard Westerink obtient le même résultat un an plus tard. "On a eu la course que l’on voulait, sans aller comme des fous dans la descente. On est resté à peu près tout le temps sur le pied de 1’10’’. C’était l’idée. Après, on tombe sur Flamme du Goutier qui était déjà meilleure que nous il y a quinze jours et qui prouve encore aujourd’hui (lire dimanche) qu’elle nous est un peu supérieure. Il a été très généreux pour conserver la deuxième place", a jugé Anthony Barrier. Il a en effet fallu à Etonnant contenir l'attaque à son extérieur de Fado du Chêne (Singalo) et à son intérieur celle d'Etoile de Bruyère (Kénor de Cossé). Le premier des deux a complètement fait oublier sa contre-performance du "Cornulier". "Avec lui, on sait que c’est quand il veut, comme il veut. Aujourd’hui (dimanche), il était décidé, revient son entraîneur Julien Le Mer. On avait tenté un coup de poker en lui enlevant l’enrênement et en lui remettant un bonnet fermé. Pour moi, le cheval était parfait, il trotte 1'11'1'' en étant ferré. Pour un « Cornulier », il n’est pas assez maniable. Là, on voit bien avec huit partants, ils se sont retrouvés en file indienne, ça va. Je ne pense pas qu’il va courir les Centaures. Il a bien travaillé cet hiver, il va partir au haras."
Les regrets, il faut aller les chercher dans le clan d'Etoile de Bruyère qui échoue au pied du podium de ce Prix de l'Île-de-France quinze jours après sa troisième place du Prix de Cornulier. "J’ai pris l’option de la corde dans la ligne droite car je pensais avoir la place au niveau des raquettes pour passer mais ça s’est refermé un peu, si bien que je n’ai pas eu les coudées franches. Si j’avais eu vraiment le passage, elle serait venue prendre la deuxième place assez sûrement. J’aurais dû sortir à l’intersection des pistes, revient Adrien Lamy. C’était un peu tôt et c’est pourquoi je ne l’ai pas fait mais c’est sûrement là que je perds la deuxième place car je me serais laissé recouvrir par Fado du Chêne. Des mauvais choix tactiques font qu’elle n’a pas le classement que l’on pouvait espérer." La plus grosse déception de la course est venue de Feeling Cash qui n'a jamais été dans le coup comme cela avait déjà été malheureusement le cas quinze jours plus tôt.

D'où vient-elle ?

Propriété de son éleveur, Jean Cottin (Ecurie Saint-Martin), Flamme du Goutier est une fille de Ready Cash 1'10'' et de la semi-classique Utopie du Goutier 1'13'' (156.700 €), placée des Groupes II Prix Paul Leguerney et Ariste Hémard. Cette fille de Kaisy Dream 1'12'', à l'image de la mère de la prometteuse Ghalie du Goutier, en provenance du même élevage, lauréate hier, à Vincennes, est la trois quarts soeur du classique Quido du Goutier 1'12'' (Extreme Dream), deuxième du Critérium des Jeunes et du Prix de l'Etoile ou encore troisième du Prix Albert Viel. Elle est la mère de deux autres gagnants, Eros du Goutier 1'17'' (Prodigious) et Galiléo du Goutier 1'15'' (Bold Eagle). Ses produits les plus jeunes sont Jazz du Goutier, un propre frère de Flamme du Goutier, et Kairos du Goutier, un fils de Carat Williams.

7e | PRIX DE L'ILE-DE-FRANCE
M - 2175 m - Groupe 1 - 200 000 €
FLAMME DU GOUTIER 1'10"8
Ready Cash x Utopie du Goutier (Kaisy Dream)
Jockey : A. Wiels - Entraîneur : T. Duvaldestin
Propriétaire : E. Saint Martin - Eleveur : S. d. Bissons
2e Etonnant 1'11"1
3e Fado du Chene 1'11"1
4e : Etoile de Bruyere - 5e : Jerry Mom - 6e : Feeling Cash
Indy de Vive 1'11''9 Viking's Way 1'15''6
Ready Cash 1'10''3 Tekiflore 1'19''8
Kidea 1'18''2 Extreme Dream 1'14''7
FLAMME DU GOUTIER Doceanide du Lilas 1'16''8
Kaisy Dream 1'12''3 Extreme Dream 1'14''7
Utopie du Goutier 1'13''2 Daisy Chain 1'15''0
Idole de Tugeras 1'13''7 Coktail Jet 1'11''2
Uka des Champs 1'15''1
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