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Actualité - 08.02.2021

Flamme du Goutier a tout d’une grande

Roxane Griff lors de son succès dans le Prix de l'Île-de-France 2014

C'est ce qu'on peut appeler un très grand meeting. Flamme du Goutier en est à trois victoires et un premier accessit cet hiver à Vincennes. Cela la positionne actuellement au troisième rang des concurrents les plus riches derrière Face Time Bourbon et Bahia Quesnot. Sa faculté à passer de l’attelé au monté n’est pas la moindre de ses particularités. Portrait d’une jument qui a tout d’une grande.

Où placer Flamme du Goutier (Ready Cash) sur l’échiquier des têtes de liste du trot ? Au sommet du classement des trotteurs montés du moment aux termes de sa deuxième place dans le Prix de Cornulier (Gr.1) et de sa victoire dans le Prix de l’Île-de-France (Gr.1). La réponse est évidemment affirmative. Flamme du Goutier ne trouve que celle qui lui a ravi la victoire dans le Cornulier, Bahia Quesnot (Scipion du Goutier), pour la précéder par les gains dans la spécialité du monté durant l’hiver. Mais Flamme du Goutier ne mérite-t-elle pas aussi sa place dans le tableau des meilleurs concurrents qu’on ait vu à l’attelé, notamment après des démonstrations des Prix Constant-Hervieu (Gr.3) et de Lille dans lesquels elle surpassait des éléments comme Violetto Jet, Eclat de Gloire ou Calina ? C’est vrai aussi. Et de ce point de vue, on peut même se demander où sont les limites actuelles de la pensionnaire de Thierry Duvaldestin à l’attelé. Le fait qu’elle ait dorénavant comme prochain objectif sur sa feuille de route le Prix de Paris – Prix d’Amérique ZEturf Marathon Race (Gr.1) nous en apprendra bientôt plus sur ce sujet.

Changement de programme : au départ du Prix des Centaures
Le Prix des Centaures n’était pas forcément au programme de Flamme du Goutier. Mais plusieurs circonstances ont fait que la jument devrait être au départ dimanche prochain. Thierry Duvaldestin nous a déclaré ce lundi : « Elle devrait courir dimanche prochain le Prix des Centaures. Je trouve qu’il n’y a pas de ténor vraiment. Il y a évidemment les deux représentants de Franck Leblanc, Helitlopet et Freeman de Houelle mais, à part eux, il n’y a pas de grosses pointures. On a vu que Flamme partait bien sur cette distance-là [les mêmes aires de départ que celles du Prix de l’Île-de-France]. Elle est en forme alors on se laisse tenter. » Et après, c'est bien le retour à l'attelé avec le Grand Prix de Paris - et la drive du fils Théo - qui est toujours d'actualité.


Le « girl power »
Bahia Quesnot et Flamme du Goutier sont les deux héroïnes de l’hiver au trot. Les deux ont poussé le « girl power » à son sommet. Elles ont un autre point commun : celui d’évoluer avec un égal bonheur dans les deux spécialités. Elles ont pourtant des profils bien différents. La première est une incroyable battante qui a véritablement atteint le top niveau, disons pour faire bref celui des Groupes 1 à 8 ans. Elle ne dit jamais non et a une capacité à toujours se relancer dans le final, lorsque les autres trouvent leurs jambes lourdes et les derniers mètres interminables. C’est une jument d’âge exceptionnelle, qui traverse une période de forme exceptionnelle comme sa cinquième place dans le Prix d’Amérique (Gr.1) l’a encore prouvé une semaine après son Prix de Cornulier.

Flamme : une synthèse ou un cas à part ?
Sa double aptitude attelé et monté nous emmène dans des comparaisons avec d’autres grandes juments du trot capables de briller au haut niveau dans les deux disciplines.

■ La plus proche de nous par sa notoriété est évidemment Roxane Griff (Ténor de Baune), au palmarès du Prix de l’Île-de-France après avoir remporté le Prix de Cornulier en 2014. La championne avait 9 ans mais brillait bien depuis ses 4 ans dans les Groupes à l’attelé comme au monté. Jument plus dure, sans posséder la même pointe de vitesse que Flamme du Goutier, Roxane Griff est évidemment une référence. Moins exposée dans sa jeunesse que sa glorieuse aînée, Flamme du Goutier a notamment découvert le monté beaucoup plus tard.

Queila Gédé (Gazon) reste la grande référence en termes de polyvalence depuis le début des années 1980, en étant au palmarès du Prix d’Amérique et de Cornulier. La sculpturale jument de Roger Baudron avait construit son début de carrière au monté (lauréate du prix du Président de la République sous la monte d’Yvon Martin) avant d’être façonnée à l’attelé par Roger Baudron qui l’a reçue à l’âge de 6 ans. On connaît la suite. À 9 ans, elle se classera troisième du Prix de l’Île-de-France, placé alors en amont du Prix de Cornulier, avant sa victoire dans ce dernier.

■ Trois fois au palmarès du Prix de l’Île-de-France, conçu à l’époque comme l’ultime préparatoire au Prix de Cornulier, Reine du Corta (Ura) y avait signé son premier succès à l’âge de 6 ans comme Flamme du Goutier. Mais le parallèle s’arrête là car la championne d’Alain Roussel revendiquait un palmarès monté beaucoup plus étoffé (avec comme elle le Prix de Normandie) mais n’avait pas les mêmes dispositions à l’attelé. Même si ses moyens étaient évidents dans cette spécialité - elle s’y est imposée au niveau Groupe 2 d’aujourd’hui -, son manque de maniabilité l’a toujours empêchée d’y briller dans la continuité.

■ Si, dans la liste des grandes juments qui précèdent, Flamme du Goutier fait figure de débutante tardive au monté, à l’âge de 5 ans, que dire de Scarlet Turgot (Dahir de Prélong) ? C’est à l’âge de 9 ans que la représentante de la famille Hoste, entraînée par Yannick-Alain Briand, a découvert la selle. En une saison, à l’âge de 10 ans, elle est devenue la numéro 1 de la discipline (doublé Prix de Cornulier / Prix de l’Île-de-France), confirmant à l’attelé ses mêmes dispositions de Groupe. Il reste qu’à 5 et 6 ans, Scarlet Turgot n’était pas au niveau de Flamme du Goutier.

■ Parmi les juments au palmarès de l’Île-de-France, deux présentent un profil approchant de Flamme du Goutier. Il y a d’abord Grâce Ducal (Ultra Ducal), lauréate en 2001. Cette pensionnaire et partenaire de Joël Van Eeckhaute n’avait couru qu’une fois sous la selle avant sa victoire dans le Prix de Normandie (Gr.1). Elle enchaîna par une troisième place dans le Prix des Élites (Gr.1), faisant un peu moins bien que Flamme du Goutier (2e) de ce point de vue. Durant l’hiver, elle a continué sous la selle pour prendre la deuxième place du Prix de l’Île-de-France (alors Gr.2) et du Prix de Cornulier (à 6 ans donc comme Flamme du Goutier). C’est à 7 ans qu’elle mettra son nom au palmarès de l’Île-de-France. Pas mal de similitudes en fin de compte. Parallèlement, la jument obtenait des places à l’attelé au meilleur niveau, notamment dans les étapes de la Coupe du Monde tout juste créée. Dans les épreuves de la Triple Couronne, son meilleur score est une sixième place dans le Prix d’Amérique.
Dans le même esprit que Grâce Ducal, il y a aussi Priscilla Blue (Extreme Dream) qui ne courut que deux fois au monté à l’âge de 5 ans. Dans son cas, c’est à la fin de sa saison de 6 ans qu’elle montera en gamme sous la selle avant de remporter le Prix de l’Île-de-France à 7 ans après avoir été quatrième du Prix de Cornulier. À l’attelé, la représentante de Louis Baudron était compétitive (3e du Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, Gr.1, à 7 ans). À 8 ans, Priscilla Blue a conclu deuxième du Prix de Cornulier et de l’Île-de-France.



La possibilité de l'unique et de l'exceptionnel
L’œuvre de Flamme du Goutier ne s’inscrit (et réciproquement) dans aucune de celles des grandes juments précitées. Ce qu’il est sûr également, c’est qu’aucune d’elles n’a réussi, lors du même meeting, à ajouter à son titre du Prix de l’Île-de-France, un Groupe 1 à l’attelé à son palmarès. Seules Roxane Griff et Scarlet Turgot ont réussi à décrocher deux Groupes 1 durant le même meeting avec l’enchaînement Prix de Cornulier / Prix de l’Île-de-France. Une victoire dans le Prix de Paris - Prix d'Amérique ZEturf Marathon Race, de ce point de vue, rendrait Flamme du Goutier totalement unique depuis les années 1980. La possibilité d’ajouter aussi un autre Groupe 1, le Prix des Centaures, dorénavant à son programme, la propulserait dans l’exceptionnel.

Son atout : sa pointe de vitesse
Voilà le portrait qu’a accepté de nous faire Thierry Duvaldestin de sa pensionnaire au lendemain de sa victoire dans le Prix de l'Île-de-France, son deuxième Groupe 1 après le Prix de Normandie : « Elle a beaucoup changé depuis quelques mois. Il faut se rappeler qu’elle a peu couru. Elle n’a disputé que 33 courses à ce jour, à l’âge de 6 ans. On l’a toujours préservée. L’élément déclencheur a été le Critérium des 5 Ans quand elle est troisième avec Théo. Elle avait fini ce jour-là et on s’est dit : « On a une bonne jument ». Elle est facile, elle va sans enrênement, elle est bien réglée, elle est parfaite d’allures. Elle est agréable à driver et je pense que cela est pareil au monté. Elle peut aller très vite sur une pointe. Il faut réussir à préserver sa pointe de vitesse le plus longtemps possible. »

Les avantages du monté pour Flamme du Goutier
Thierry Duvaldestin : « Elle n’a jamais eu de problèmes de jambes et c’est aussi pour cela que nous l’avons mise au monté. Pour une jument comme elle, qui a besoin d’un bon parcours, c’est plus facile au monté car il y a moins de problèmes de trafic. Dans le Prix de l’Île-de-France, à 7 partants, il n’y a jamais de souci de trafic. C’est ça qui fait que prendre des gains au monté, c’est plus facile. Même dans un Prix de Cornulier, il y a peu de difficultés liées au déroulement de course. C’est plus facile de s’exprimer au monté. Aujourd’hui, c’est la number 1 de mon écurie. »



Repères sur Flamme du Goutier
Ready Cash et Utopie du Goutier (Kaisy Dream)
■ 33 courses, 13 victoires, 6 places, 630 570 €
■ Groupes : 2 Groupes 1 (Prix de Normandie et Île-de-France) au monté et 1 Gr.3 à l'attelé (Prix Constant-Hervieu)

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