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Actualité - 10.02.2021

Face Time Bourbon, la possibilité d’un nouveau record

Billie de Montfort suivie de Face Time Bourbon ce mercredi sur la plage.

Dans sa quête du doublé Prix d’Amérique-Prix de France, Face Time Bourbon arrive avec un argument de poids, massif même. Il est le détenteur du record général de Vincennes – par deux fois – qu’il a établi dans sa première version sur le parcours du France : les 2 100 mètres autostart. C’était dans le Prix René Ballière (Gr.1), en juin dernier, avec un phénoménal 1’09’’4 à la clé. Et s'il avait ici la possibilité d’un nouveau record ?

La difficulté de réussir l’enchaînement Prix d’Amérique ZEturf Legend Race et Speed Race n’a rien d’une sinécure [lire notre précédente édition]. Mais qu’en est-il du doublé Prix de France-Prix René Ballière (et vice versa), sachant les deux épreuves se disputant sur le même parcours mais à deux époques différentes de l’année. On peut même dire que le Ballière est le Prix de France d’été ou que le France est le Ballière d’hiver. Dans le scénario qui nous intéresse en l’espèce, on aura le vainqueur du dernier Prix René Ballière au départ ce dimanche avec Face Time Bourbon (Ready Cash). Lequel a l’avantage de ne faire qu’un avec le tenant du titre du Prix d’Amérique. Pratique en somme.

Comparatif vitesse France/Ballière : qui gagne ?
Dans le cadre d’une comparaison année par année, le score est sans appel en faveur des chronos des vainqueurs du Prix René Ballière. Depuis 1980, le Groupe 1 d’été (en fait de juin, ce qui peut le placer dans certaines années encore à la toute fin du printemps) gagne par 22 points à 10 depuis 1980, étant entendu que nous avons distribué un match nul lorsque les deux épreuves affichent une réduction kilométrique égale ou voisine de 2/10e. Il y a neuf éditions dans ce cas.
Le Prix René Ballière a fait même très fort lors des douze dernières éditions puisque tous ses vainqueurs ont affiché une réduction kilométrique en 1’10’’ et fractions (en incluant Face Time qui a fait pour sa part 1’09’’ et fractions). Sur la même période, ils ne sont que cinq dans ce cas au palmarès du Prix de France. Cela donne surtout une réduction moyenne du lauréat de 1’10’’4 dans le Prix René Ballière contre 1’11’’1 dans le France. Cet avantage n’est pas surprenant et même plutôt logique eu égard aux paramètres saisonniers (température, nature de la piste, métabolismes) tous en faveur du Groupe 1 d’été. À ce sujet, Jimmy Takter en 2000, lors du deuxième meeting d’hiver de sa championne Moni Maker nous avait fait remarquer : « Imaginez ces grandes courses, le Prix d’Amérique et le Prix de France, disputées en été ! Cela serait une encore plus grande fête populaire et les performances sportives seraient encore plus élevées. »

Et pourtant, les grands records sont à l’actif du Prix de France
Étonnamment donc le Prix de France affiche des records dont ne peut se targuer le Prix René Ballière. Et là, pour reprendre tout en retournant l’argument de Jimmy Takter, les meilleurs chevaux sont préparés et affûtés (comme une lame a dit cet hiver Jean-Michel Bazire à propos de Davidson du Pont) pendant l’hiver. Cette configuration du calendrier, à l’envers de la logique physiologique, permet des performances d’exception l’hiver sur les 2 100 mètres du Prix de France.

Bellino II le premier en moins de 1’16’’
Commençons par le premier trotteur à franchir le mur de 1’16’’ à Vincennes. Il s’agit d’un certain Bellino II (excusez du peu) lors de sa victoire dans le Prix de France, en 1976. Il l’emportait en 1’15’’9 et effaçait les 1’16’’2 de son contemporain Buffet II.


Lurabo le premier en moins de 1’14’’
Moins de dix ans plus tard, c’est un autre représentant de la casaque Macheret portée par Bellino II qui prend le record à son compte. En 1984, Lurabo devient le premier trotteur à passer sous les 1’14’’ en affichant un tonitruant, à l’époque, 1’13’’7. Et quelle marque battait-il ? Celle de l’américaine Classical Way établie dans le… Prix de France 1981 en 1’14’’2. En fait, cette référence avait été égalée quelques mois plus tôt par un trotteur mayennais, le champion Ianthin, lors de son succès dans le Prix… René Ballière (1983). Dans la course aux records, le Prix de France a donc toujours la corde ou la primauté. Quant au record de Lurabo, il tiendra trois ans et demi jusqu’à un autre exploit stratosphérique, de Quito de Talonay celui-ci, qui portait le record de Vincennes à 1’13’’5 dans le Prix de l’Étoile 1987 (et donc avec départ élastique). La distance était de 2 325 mètres (200 mètres de plus que le parcours du France ou du René Ballière) et l’analyste du trot de l’époque Jacques Pauc évaluait la performance à une réduction de 1’12’’0 sur 2 100 mètres départ lancé !

Kool du Caux le premier en moins de 1’10’’
L’autre grand record du Prix de France est bien sûr celui de Kool du Caux, établi lors de son titre de 2007 en 1’09’’8. Pour la première fois, un trotteur passait sous les 1’10’’ à Vincennes. La référence est restée l’absolu de Vincennes pendant plus de douze ans jusqu’à la nouvelle marque établie par Face Time Bourbon dans le Prix… René Ballière.
La configuration actuelle qui associe le record de Vincennes au Groupe 1 d’été est donc plus l’exception que la règle. De manière anormale mais aussi logique finalement.

Ils sont 10 après le 1er forfait
Ils sont encore dix sur la liste des engagés du Prix d’Amérique ZEturf Speed race ce mercredi, après le 1er forfait. Face Time Bourbon est dorénavant le candidat le plus riche entraîné en France et dépasse Billie de Montfort par les gains depuis son dernier succès dans le Prix d’Amérique. Deux émojis verts apparaissent d’ores et déjà : un associé à Face Time Bourbon et un à Aetos Kronos, au sulky duquel on trouvera Franck Nivard.
Déclaration des partants ce jeudi.



La configuration exacte de Coktail Jet en 1996 et de Bold Eagle en 2017
Existe-t-il un trotteur qui a réalisé le même enchaînement dans nos trois Groupes 1 de référence (dans l’ordre Prix René Ballière – Prix d’Amérique – Prix de France) et aux mêmes âges que Face Time Bourbon ? Ils sont deux dans le cas-là : Coktail Jet et Bold Eagle. Chacun a remporté le Prix René Ballière à 5 ans avant de réussir à 6 ans le double Prix d’Amérique – Prix de France. À ce petit jeu, Bold Eagle est même encore plus fort que Face Time car il a remporté comme lui son premier Prx d’Amérique à 5 ans et a doublé au même âge dans le France, là où a échoué l’an dernier Face Time Bourbon contre Davidson du Pont.

L’enchaînement René Ballière – France
Si le palmarès du Prix René Ballière est moins riche en vainqueurs de Prix d’Amérique que celui du Prix de France (6 depuis 1990 contre 11 sur la même période) – ceci peut notamment s’expliquer par l’absence de cracks étrangers focalisés sur l’Elitloppet ou d’autres retenus au haras –, il faut remarquer que la séquence Prix René Ballière – Prix de France (sur deux années consécutives donc), comme celle que tend à produire Face Time Bourbon, n’a été réalisée que quatre fois depuis le début des années 1980. Il s’agit d’Ourasi (1986-1987), Coktail Jet (1995-1996), Jag de Bellouet (2005-2006) et Bold Eagle (2016-2017). Le doublé la même année, donc dans l’ordre France-Ballière, a été signé pour sa part six, soit les doublés d’Ourasi (1986 et 1988), de Bold Eagle (2016 et 2017) et ceux des spécialistes Kool du Caux (2007) et Exploit Caf (2008).

Beaucoup de paramètres au vert
Que vaut un Face Time Bourbon d’aujourd’hui contre le Face Time Bourbon du mois de juin dernier ? Et s’il y avait une seconde au kilomètre sur le même type d’effort, sur le même parcours ? Jamais, le pensionnaire de Sébastien Guarato n’a été aussi affûté et endurci. Ses expériences italiennes aussi douloureuses soient-elles, physiquement et pour l’honneur, ont pu tanner encore un peu plus le cuir du champion. Tout dépendra évidemment des conditions météorologiques dimanche, d’autant plus que la séquence neigeuse n’arrange rien. Mais si toutes les planètes de la météo sont plus ou moins alignées et la piste rapide à souhait, le casting qui inclut des déménageurs comme Bahia Quesnot et Davidson du Pont peut permettre d’affoler une nouvelle fois les aiguilles du chronomètre.

Face Time Bourbon à la mer ce mercredi
On se croirait dans une machine à remonter le temps. Ce mercredi, Face Time Bourbon a été s’exercer à la mer, sur la plage de Cabourg, comme le lundi précédent son Prix d’Amérique. Il avait comme sparring-partner Billie de Montfort, également en lice dimanche dans le Prix de France.

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