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Actualité - 06.03.2021

Face Time Bourbon, la conclusion enchantée

La team actuelle autour de Face Time Bourbon : Eric Raffin, Antonio Somma et Sébastien Guarato

Le champion a rempli son contrat. Sur tous les plans. Face Time Bourbon a remporté en solitaire de Prix de Sélection, rejoignant Jamin sur les Tables de la Loi trotteuses en signant un triplé dans l’épreuve. L’épreuve a ressemblé à une exhibition publique du vainqueur tant il a dominé ses rivaux. Voilà évidemment un lancement idéal pour sa nouvelle association avec Eric Raffin. Un petit bémol cependant : Face Time Bourbon confirme sa nouvelle habitude de vouloir trop en faire trop vite, dès la plaine.

Sans opposant à sa mesure, Face Time Bourbon (Ready Cash) a pourtant fait le spectacle. Il a rapidement pris les choses en main en relayant Frisbee d’Am (The Best Madrik) et en déroulant ensuite en progression. Ses temps partiels sont de ce point de vue éclairants. Passé en 1’11’’0 à 1 500 mètres du but, il a affiché 1’11’’4 à 1 000 mètres, 1’10’’8 à 500 mètres pour une réduction kilométrique finale de 1’10’’3. C’est la nouvelle référence de l’épreuve et comme une marque de fabrique du crack qui a établi tant et tant de nouveaux records ces derniers mois, dont bien sûr celui général de Vincennes en 1’09’’4.
Eric Raffin n’a pas pris de risque pour ses retrouvailles avec Face Time, saluant ce succès comme il se doit mais avec retenue : « C’est une grande victoire mais c’était plus dur de la perdre que de la gagner. »

Une marge d’une seconde en réduction kilométrique
Le crack a été étincelant, accélérant encore dans la montée et continuant à voyager à son rythme très personnel dans le dernier tournant. Il a bouclé son dernier kilomètre en 1’09’’2 et ses derniers 500 mètres en 1’09’’1. Ce qui est sûr, c’est qu’aucun de ses opposants du jour n’était capable de maintenir une telle vitesse de croisière. Ils ont toujours évolué en 1’10’’ et plus ce samedi dans leur dernier kilomètre. Une seconde d’écart qui se mue en gouffre sur la piste. Voilà ce qui explique évidemment la marge actuelle de Face Time Bourbon dans une épreuve que Sébastien Guarato qualifiait avant course de Groupe 2 pour la génération des "F" (il n’y avait qu’une "G" au départ avec Galilée des Prés). Heureux et satisfait de la démonstration de son pensionnaire, l’entraîneur nous a ensuite débriefé : « Il ne fallait pas louper cette course car, sur le papier, il courait « tout seul » (entre guillemets dans la bouche de Sébastien Guarato). Il est parti en dehors et a gagné la course comme il l’a voulu. 1’10’’3, départ volté, c’est quand même un bon chrono. »

L’égal de Jamin dans le Sélection
C’est un exploit qui n’existait qu’une fois dans l’histoire du trot et était l’apanage d’un des plus grands trotteurs de l’histoire, le plus grand même pour beaucoup. Jamin a réussi la passe de trois dans le Prix de Sélection, de 1957 à 1959. En 1958 et 1959, à 5 et 6 ans donc, le crack Olry-Roederer avait réussi l’enchaînement Prix d’Amérique/Prix de France/Prix de Sélection. Il avait encore ajouté le Prix de Paris en 1959. Le triplé de Face Time Bourbon répète un exploit vieux de plus de soixante ans. La classe.


Une mise en route trop rapide
Satisfait mais pourtant Sébastien Guarato dit aussi : « Il s’est encore mis en route tout seul en montant et le repos va lui faire du bien. Retrouver du calme va lui être bénéfique. » De fait, Eric Raffin, comme en écho, nous déclare de son côté : « Je ne voulais pas prendre de risque mais, en sortie de plaine, il s’est mis vraiment à tirer. C’est le côté négatif de la course. Evidemment, il s’est baladé mais il a fortement tiré des 1 000 aux 400 derniers mètres. Ce serait mieux qu’il tire moins. On prendrait plus de plaisir lui et moi. »
Voilà donc le talon d’Achille du champion à l’heure actuelle : sa propension à vouloir en finir trop vite, à confondre vitesse et précipitation ou plus globalement, sa tendance à trop monter en pression. Le driver ajoute à ce sujet : « Je remercie Alexandre Abrivard [au sulky de Frisbee d’Am] qui m’a prêté son dos tout le long des canters dans l’avant-course. Il n’était pas obligé et, vraiment, cela nous a servi. » Et si c’était en Face Time Bourbon lui-même qu’il fallait dorénavant trouver son plus redoutable adversaire ?

Une fin de meeting sans fatigue
La fatigue pourrait être la raison la plus naturelle à cette manie naissante du vainqueur. Ce n’est pas la piste à suivre selon Sébastien Guarato qui nous a expliqué : « Il est actuellement plus beau qu’en début de meeting, il a monté dans les tours au fil des courses et je pense qu’il n’est pas du tout fatigué de son meeting. Là, on l’a super bien. Dans les allures, il est parfait. La course du meeting la moins impressionnante qu’il ait fait est dans le Bourbonnais. Je ne l’ai pas trouvé top-top ce jour-là. Même quand il est battu [dans le Prix de France], il a fait une sacrée course. Il a trop tiré, c’est pour cela qu’il est battu je pense. »
Dans la montée en pression de Face Time Bourbon, il y aussi la piste de son autre activité relancée ces dernières semaines, celle d’étalon. Avec l’éclairage suivant de Sébastien Guarato : « Le fait de faire la monte, ça l’a réveillé un peu. C’est pour cela qu’il a couché dehors hier soir [lire vendredi soir], à la belle étoile, avec deux couvertures, dans un grand paddock. »

Le programme : léger en 2021, chargé en 2022
« Retrouver du calme va lui être bénéfique » : voilà le credo des prochains mois de Face Time Bourbon. Son entraîneur (mais aussi copropriétaire) nous apprend justement sur la séquence à venir : « Il va faire sa saison de monte. Il effectuera sa rentrée dans le Prix René Ballière, courra à Mons durant l’été [comme l’an dernier] et ira ensuite directement sur le meeting d’hiver avec quelques préparatoires aux Prix d’Amérique, le Prix d’Amérique et le Prix de France. Ensuite, l’année prochaine, s’il est toujours en forme et va toujours bien, il fera des grosses courses à l’étranger comme l’Elitloppet et la Loterie. » Cette projection évidemment lointaine a l’avantage de donner une direction. Elle sera à l’épreuve des faits dans un an maintenant.

Des enjeux records
Jamais Face Time Bourbon n’avait attiré sur son nom de telles masses d’enjeux. Au total, il a réuni sur les jeux simples gagnant et placé 2,62 M€ (829 366 € sur l’online [internet] et 1,79 M€ sur l’offline [points de ventes]). C’est le record sur ses chances dans les deux réseaux. C’est à comparer aux 2,03 M€ engagés sur sa candidature en jeux simples dans le Prix de France et au 1,42 M€ dans le Prix d’Amérique. Ce samedi, il a engrangé en simple placé 690 K€ sur l’online et 1,6 M€ sur l’offline. Des records dans la catégorie. Il s'agissait par ailleurs de la dernière possibilité de "toucher" le crack avec un rapport de 1,1 à la place au PMU. À partir du 31 mars, il sera payé, suivant les masses énoncées ce samedi, 1,05 € placé (pour 1 €).

L’absence des dauphins naturels
En cette fin de meeting, certains héros sont fatigués ou malheureux. C’est dans cette catégorie qu’il faut placer Frisbee d’Am et Fakir du Lorault (Vaillant Cash). Ils étaient les plus titrés des candidats au départ, derrière l’ogre Face Time Bourbon (désormais à 13 titres de Groupe 1). Frisbee d’Am a pris le galop dans le dernier tournant alors qu’il était aspiré par Face Time Bourbon. La deuxième place lui semblait alors promise. Quant à Fakir du Lorault, il n’a été que l’ombre du cheval de début de meeting et de l’automne dernier, concluant sixième.

Une belle promotion pour For You Madrik
Placé derrière Frisbee d’Am dans le dernier tournant, For You Madrik (Up And Quick) s’est retrouvé, après la faute du premier, exposé favorablement pour le podium. Il a pris la deuxième place et, pour son entraîneur Jean-Luc Bigeon, c’est mieux qu’un accessit : « Pour nous, c’est une victoire. C’est un bon cheval qui a fait un bon hiver. On a fait le bon choix de le présenter ici et son driver l’a parfaitement mené. C’est une demi-surprise car c’est un cheval de vitesse qui est bien sur ce parcours quand il s’élance bien, ce qui n’est pas toujours le cas. Il part maintenant faire la monte et cette performance d’aujourd’hui va le valoriser encore un peu plus au haras. » Les prestations les plus remarquées sont ensuite celles de Fric du Chêne (Nobody du Chêne) et de Flore de Janeiro (Vanishing Point), auteure du meilleur dernier kilomètre après Face Time Bourbon en 1'10''5. Et pourtant, Franck Blandin a fait preuve de prudence au départ dans la mise en jambes de sa partenaire. Il reconnaissait à son retour que la troisième place était à la portée de sa Flore.

D'où vient-il ?

Dimitria 1'15'' (1969-Mario), la cinquième mère de Face Time Bourbon, fut, en son temps, une championne, dont le fils de Ready Cash 1'10'' tient beaucoup. Douée de vitesse, particulièrement à son aise sur piste plate et sur le tracé court de Vincennes, Dimitria sera ensuite vendue en Suède, à la même vente, "Goulandris" où Jean-Pierre Dubois acheta son futur champion, High Echelon. Après quoi, sa fille, par Speedy Crown 1'12'', Une Crown 1'19'', fit le chemin inverse et se trouve être, aujourd'hui, la quatrième mère du crack, par l'entremise, successivement, d'Etta Extra 1'18'' (Florestan) -d'où les championnes Mara Bourbon 1'10'' et Qualita Bourbon 1'12''-, de Kaméra Bourbon 1'13'' (Cézio Josselyn) et de Vita Bourbon 1'12'' (Love You).

6e | PRIX DE SELECTION
Att - 2200 m - Groupe 1 - 200 000 €
FACE TIME BOURBON 1'10"3
Ready Cash x Vita Bourbon (Love You)
Driver : E. Raffin - Entraîneur : S. Guarato
Propriétaire : S. Bivans Srl - Eleveur : S. H. Saint Martin
2e For You Madrik 1'11"1
3e Fric du Chene 1'11"3
4e : Flore de Janeiro - 5e : Galilee des Pres - 6e : Fakir du Lorault - 7e : Foxtrot Sea
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