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Actualité - 18.04.2021

Vincennes hippodrome des lumières

La technologie utilisée va nous permettre de magnifier l'hippodrome, vous verrez, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.
Patrick David

C’est l’une des informations principales, si ce n’est la principale information, qui est ressortie du Conseil d’Administration de LeTROT lundi : l’éclairage de la grande piste de Vincennes à compter de l’automne prochain. Annoncé dans le cadre des 1ères Assises du Trot en juillet dernier, le projet a été mûri, pensé et conçu sous l’égide de la Commission des Travaux présidée par Jean Frère avec, pour finalité première, de pouvoir placer tout au long de l'année les meilleures épreuves disputées sur la grande piste aux créneaux horaires les plus porteurs en termes d’enjeux dans le cadre de l’optimisation du programme.

Courir toute l’année, quelle que soit l’heure, sur la grande piste de Vincennes sera une réalité dès l’automne prochain et a fortiori donc lors du meeting d’hiver 2021-2022. L’autorisation demandée par la société-mère auprès de la Ville de Paris a en effet été obtenue le 12 mars. Tant et si bien que les travaux pour un investissement de l’ordre de 1,5 M€ doivent débuter au cours de l’été pour une période estimée de deux mois, sachant que c’est l’ensemble de l’éclairage du paquebot amiral de LeTROT qui est concerné. « Avec un retour sur investissement à deux ans, n'importe quel industriel lancerait un tel projet », estime Patrick David.
Président de la Commission des Travaux, Jean Frère est persuadé de l’intérêt d’un tel projet et surtout des retombées en termes d’enjeux des meilleures épreuves ainsi que de leur exposition auprès du grand public : « J’ai toujours été convaincu par ce projet et ce n’est pas d’aujourd’hui.
C’est en effet mon deuxième mandat à la tête de cette commission et c’est un projet que j’avais évoqué avec la précédente équipe dirigeante. Mais cela n’avait pas été plus loin. J’ai toujours pensé que cet investissement, même s’il est loin d’être anodin, qui plus est en cette période, ne pouvait être que bénéfique en termes d’optimisation des enjeux bien sûr mais aussi de spectacle. Je suis optimiste mais reste prudent Ce projet ne peut avoir que des résultats à l’avenir. D’ailleurs, et après avoir eu notamment connaissance de l’étude d’impacts sur les enjeux, l’adhésion des membres de la commission a été pratiquement unanime, notamment parmi les professionnels qui y siègent ».
En lien étroit avec Franck-Philippe Rafalovic, le chef du département travaux à LeTROT, et en relation constante avec Patrick David, Jean Frère a bouclé ce projet d’éclairage avant qu’il ne soit présenté au Conseil d’Administration de la société-mère en début de semaine, les administrateurs le validant pour une réalisation à l’automne. « Le projet doit être opérationnel à cette date et il le sera », affirme-t-il.
Dans les interviews qui suivent, Jean Frère et Patrick David répondent notamment aux questions qui se posent sur l’utilisation et le rôle à l’avenir de la petite piste, sur les impacts sur le programme de Vincennes et sur la consommation électrique dans un contexte politique très « écologisé ».

24H au Trot.- Quels arguments généraux pour aller vers ce projet ? Motivations pour lancer le projet ?
Jean Frère.- Eclairer la Grande Piste cela représente un budget important. Le contexte actuel nous oblige à être extrêmement vigilants sur la pertinence de tel ou tel investissement. Mais les bénéfices d'un tel projet sont si importants que la Commission que je préside a vite été convaincue de la nécessité de rapidement le mettre en œuvre. Pour l’Institution c'est un apport supplémentaire d'enjeux hippiques. En éclairant la Grande Piste, les équipes du Directeur Technique, Guillaume Maupas, vont pouvoir construire un calendrier et un programme encore mieux optimisé. Pour les socioprofessionnel, c'est la possibilité d'utiliser plus souvent les parcours de la Grande Piste, il s'agissait d'une forte demande des professionnels et enfin pour les spectateurs et les parieurs, c'est l'assurance d'avoir un spectacle d'une qualité supérieure aux moments où ils sont le plus disponibles. Une fois que nous avons eu l'assurance que cet investissement allait être rapidement amorti, nous avons mis toute notre énergie pour que ce nouvel équipement soit disponible avant le prochain meeting d'hiver.

Quelles données de chiffre d'affaires (sur les enjeux) poussent à dire que les parieurs préfèrent jouer sur les épreuves disputées sur la grande piste ?
Les courses sont plus régulières. Les meilleurs s'expriment plus facilement. Le niveau de confiance du parieur est donc plus élevé et, nous le savons, c'est le facteur le plus important pour générer des enjeux. La Grande Piste, c'est notre Stade de France. Lorsqu'une course se déroule sur l'un de ses parcours, elle prend une tout autre dimension. Pour répondre à votre question, pour une même course, la différence d'enjeux entre la Petite Piste et la Grande Piste est de l'ordre de 5 %. Sur le nombre de courses proposées, cela représente une belle hausse d'enjeux qui sera aussi portée par une programmation calendaire et horaire optimisée.


Quel avenir pour la petite piste ? Un projet a été arrêté ? La réserver aux heats, la transformer en espace de circulation ou... conserver un programme sur la petite piste ?
La Commission des Programmes, présidée par Jean-Philippe Mary, va s'exprimer sur ce sujet. Nos équipes techniques travaillent déjà sur le programme du prochain meeting d'hiver. La Commission devra décider si elle souhaite conserver des épreuves sur la Petite Piste, notamment pour certaines catégories de jeunes chevaux. Rien n'est décidé. En tout cas, elle ne sera plus contrainte et pourra construire le meilleur programme pour les compétiteurs.
Quelle a été la nature des échanges avec la mairie de Paris sur ce projet ?
Les premiers échanges sur ce projet ont eu lieu avec les quatre autorités de la Ville de Paris (Direction de l'Urbanisme, DRIEE, ABF et Bois de Vincennes), dès la demande du Président d'étudier ce projet, au mois de mai 2020. La SECF a toujours pour habitude d'impliquer à la source ces autorités. Les échanges ont eu lieu jusqu'au début de février 2021, date à laquelle la Déclaration de Travaux a été déposée. Cela nous a permis d'obtenir leurs accords dès le 12 mars dernier.
L'environnement politique et administratif a-t-il été difficile à convaincre ?
Le travail collaboratif avec ces autorités a permis de construire ce projet sur les bases suivantes :
- diminuer la pollution lumineuse du site par rapport au Bois de Vincennes grâce à une technologie spécifique de concentration du faisceau lumineux, dirigé uniquement sur les pistes ( nombre de projecteurs identique malgré la création de l'éclairage de la grande piste) ;
- diminuer la consommation électrique générale de l'éclairage (-30 % en comptabilisant la grande piste) ;
- limiter le nombre de mâts (58) et leur hauteur (<12 mètres) :
- créer des fondations sans béton, par pieux vissés (identiques aux fondations du Grand Écran), ce qui nous a évité le dépôt d'un Permis de Construire (6 mois d'instruction).
Y a-t-il eu des passerelles avec le projet d'éclairage de la piste de Deauville ? Des échanges ont-ils été entrepris avec France Galop sur le sujet ?
Absolument. Nous avons travaillé ensemble sur les niveaux d'éclairement ainsi que sur les critères techniques à rédiger dans les documents de consultation.
Des synergies sont-elles possibles auprès des prestataires techniques par exemple ?
Les contextes administratifs des consultations étant différents (Public pour FG et Privé pour LeTrot) ne nous ont malheureusement pas permis de réaliser un seul et unique appel d'offres.
Quelle analyse des effets collatéraux sur les programmes ? Y a-t-il eu une consultation des socio-professionnels et/ou de leurs élus pour évaluer l'ensemble des impacts d'un tel projet ?
Les socioprofessionnels réclament depuis longtemps l'éclairage de la Grande Piste. Nous savions qu'une attente importante existait sur ce sujet. Comme dans tous les domaines, les technologies évoluent dans ce domaine et celles qui nous ont été présentées répondent à ces besoins. Les effets collatéraux sur les programmes seront forcément positifs car les contraintes disparaissent et laisse à la Commission des Programmes la liberté d'utiliser la Petite ou la Grande Piste à sa guise.

Le fait que Vincennes propose deux pistes permet à tous les chevaux d'y trouver des opportunités d'y courir. La décision de faire disparaître toute l'offre sur la petite piste ou de la réduire fortement ne risque-t-elle pas de réduire le vivier de trotteurs qui pourraient se produire à Vincennes ?
Eclairer la Grande Piste ne veut pas dire forcément ne plus courir sur la Petite Piste. Même en conservant exactement la même répartition de courses se disputant sur l'une ou l'autre piste, nous serions gagnants, notamment grâce à une programmation optimisée de nos courses. Jusqu'à aujourd'hui, notamment en semaine, en raison d'une Grande Piste non éclairée, on courait les plus belles courses au moment où les points de vente avaient une activité plus faible et nos courses les moins attractives au moment où les parieurs étaient disponibles. C'était complètement contre-productif. Demain nous aurons des courses en plein jour sur la Petite Piste et des courses de nuit sur la Grande. Une fois encore, on donne à la Commission des Programmes toute la liberté, elle n'a aucune pression pour diminuer drastiquement les courses sur la Petite Piste, elle le fera si elle le juge nécessaire et utile.

Patrick David a suivi le dossier de l'éclairage de la Grande Piste, notamment dans sa dimension coûts et retour sur investissement. Nous avons sollicité l'homme des chiffres du Conseil d'Administration de la société mère.

24H au Trot.- Quelle importance revêt ce projet à vos yeux et plus généralement pour le Conseil d'Administration ?
Patrick David.- Il s'agit d'un projet majeur. Certainement l'un des investissements les plus structurants de ces dernières années. Cela va nous donner de la souplesse dans la construction du calendrier et du programme. Nous allons offrir le meilleur du trot au moment où notre clientèle est disponible. Auparavant, bon nombre de nos courses de sélection devaient être programmées en semaine en raison de la contrainte d'absence d'éclairage de la Grande Piste, cela ne sera plus le cas. Le retour sur investissement sera non seulement financier mais aussi émotionnel.

Ce projet met-il Vincennes dans un nouveau positionnement d'offre de spectacle ?
C'est certain et surtout en hiver. Jusqu'à maintenant nous étions obligés de terminer nos réunions sur la petite piste avec des catégories de chevaux moins attrayantes. Une réunion de courses, c'est comme un concert, il faut monter en émotion au fur et à mesure du spectacle. Pour nous cela sera dorénavant la même approche : nous finirons nos journées avec le meilleur de la réunion, notamment en semaine. De plus, mais je ne dévoilerai pas tout, la technologie utilisée va nous permettre de magnifier l'hippodrome, vous verrez, vous n'êtes pas au bout de vos surprises.

Vous attisez notre curiosité...
Ce que je peux vous dire c'est qu'un pilotage par zones sera possible et ouvre des belles perspectives d'animations.

On vous connait avec le rôle de générateur d'économies, comment définissez-vous cette dépense ? Dans quelle catégorie placez-vous l'investissement ? Moyen terme, long terme ?
C'est une sortie budgétaire, il ne faut pas le nier. Par contre, le retour sur investissement se fera sur deux ans maximum. Nous disposons d'outils pour évaluer les enjeux hippiques sur nos courses suivant le positionnement de chacune d'entre elle. Les conclusions sont claires et solides, nous allons rapidement générer un résultat financier supplémentaire grâce à ce projet.

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