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Actualité - 27.05.2021

Dany Terbèche : le hard-rock, le cœur et les raisons du cœur

En Selle Pour Nos Soignants propose sur sa page Facebook plusieurs goodies pour la soutenir

Nul ne peut l’oublier lorsqu’il le croise sur un hippodrome. A fortiori si on commence à lui parler. Dany Terbèche est grand d’abord. Une tignasse de rocker ensuite. Et une voix posée, presque douce. Bref, c’est un homme attachant qui s’est passionné pour les courses il y a quatre décennies maintenant. Elles le lui rendent sur les pistes tandis que lui les ouvrent à d’autres horizons dont celles de la solidarité nationale.

Il est vraiment unique. Dany Terbèche a passé sa vie dans des contrées différentes dont le seul trait d’union est lui-même. Et c’est justement ce qui fait sa singularité et sa richesse. Dany Terbèche connaît tout le monde aux courses, un univers dont il parle avec amour et réserve en même temps, le trouvant trop recroquevillé sur lui-même, à l’écart des mouvements du monde auxquels il a, de son côté, largement participé. On parle d’abord ici d’une vedette du monde de la musique, une vraie, de celle qui ont fait les carrières des autres par ses choix et les rencontres qu’il génère. De sa vie aux mille facettes, l'alerte septuagénaire nous apprend : « J’ai commencé à chanter à 14 ans en 1962. C’est quand on m’a présenté à un directeur artistique de la compagnie Vogue que je suis alors devenu Dany. Mon prénom de naissance Lakhdar, presque personne ne le connaît, sauf aux courses où il apparaît sur les programmes. »

Le jour où… Lakhdar devint Dany Terbèche
« J’ai commencé à chanter à 14 ans en 1962. Et quand j’ai été présenté à ce moment-là à un directeur artistique de la compagnie discographique Vogue, il m’a dit : « À partir de maintenant, tu t’appelles Dany. » Mon vrai prénom Lakhdar, peu le connaissent. Il n’y a qu’aux courses qu’il apparaît sur les programmes. En fait, Dany m’est resté collé à vie. Depuis 1962, je suis Dany. » Parmi les nombreuses anecdotes de Dany Terbèche, il y a celle-ci, lors d’un dîner avec Jean-Jacques Goldman qui lui déclare : « Ta façon de travailler n’a aucune chance de réussir en France. Tu cherches trop la qualité, tu es trop pointu. Tu mets trop d’argent dans les albums. En France, il faut aller beaucoup plus vite. Je comprends que tu réussisses aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne mais tu ne perceras pas en France. »


24H au trot.- Vos premiers souvenirs de courses ?
Dany Terbèche.- Papa était parieur. Il était d’origine algérienne et ne savait ni lire ni écrire mais il avait un rituel le dimanche. Il se levait pour aller faire son tiercé et, l’après-midi, il faisait sa sieste avant d’allumer la télé pour voir la retransmission de la course, en noir et blanc, avec Léon Zitrone aux commentaires. Et je me souviens encore qu’à 15 heures, 15 heures trente, il tapait fort sur la table pour marquer sa déception. Cela voulait dire qu’il avait perdu. Je n’ai jamais vu papa gagner aux courses. Ce sont mes premiers souvenirs des courses.

Et ensuite, comment êtes-vous vous-mêmes entré de plein pied dans l'univers hippique ?
En 1973, j’étais sur le point de signer chez EMI et Warner mais j’étais trop avant-gardiste par ma dégaine. J’avais une dégaine à la Kiss (un groupe de hard-rock américain créé au milieu des années 1970) avant Kiss. J’avais des cheveux très, très longs, des habits excentriques. Personne n’a voulu prendre de risque et je n’ai pas eu de contrat. J’étais anéanti. Mais à ce moment-là, on me demande des photos. J’accepte d’en faire avec un ami d’enfance devenu photographe. J’arrive chez lui, je me maquille et là on discute, on discute. Il me dit : « J’ai un nouveau dada : je joue aux courses. Et là, on vient de toucher avec des copains un pactole dans le Prix d’Amérique. On voyait une jument américaine que personne ne donnait : Delmonica Hanover [N.D.L.R. : la gagnante de 1974]. On l’a jouée et on a gagné gros. » Imaginez qu’à l’époque, je crevais la dalle. Il n’y avait que mon épouse qui travaillait. Donc je lui demande de m’emmener aux courses !

Parlez-nous de vos premières fois.
Ce sera un dimanche à Longchamp avec mon pote et nos femmes. Cela ne me plaît pas du tout. Les gens me regardent avec des yeux pas possibles. Ils sont tous en costume-cravatte. Moi, j’ai des cheveux qui descendent jusqu’aux coudes. Je suis en jeans et mexicaines. En plus, je perds tout ce que je joue, j’ai tout faux. Comme je n’étais déjà pas très riche, c’était pas une bonne affaire. Pour une première, c’est complètement raté. Ensuite, il m’emmène par deux fois à Auteuil. C’est encore pire : un cheval tombe à la dernière haie juste devant nous, il ne se relève pas. Un gars vient avec un drapeau noir, puis un autre le rejoint avec un fusil et abat le blessé devant nous. C’était une autre époque ! Pour moi c’est trop, je suis écœuré, les courses ce n’est pas pour moi. Je dis à mon copain : « Oubliez-moi avec les courses. »

Alors comment s’est finalement faîte votre conversion ?
Mon pote continue à insister. Et il veut m’emmèner à Vincennes. Je cède une dernière fois en lui disant : « C’est l’ultime fois pour moi ». Ce soir-là, je prends un bel uppercut. Tout de suite, je tombe amoureux, il y a du spectacle partout, j’ai l’impression que je vais assister à un méga concert de Rock. C’était hétéroclite et cosmopolite : des petits, des grands, des noirs, des arabes, des blancs, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes. Il y avait un monde fou. C’était comme le monde du spectacle. Et puis je découvre la piste. Et là, nouveau coup de foudre. Je me presse contre la barrière, je vois une piste fantastiquement belle, toute noire et lumineuse avec sa mise en valeur par de puissants projecteurs. Ça me rappelle les poursuites des salles de concerts. Un par un, les chevaux arrivent au loin, ils sont beaux, ils sont brossés, leurs robes brillent de différentes couleurs. Ils sont majestueux et le trot est une allure magique. Les drivers et jockeys sont magnifiques avec leurs casaques étincelantes aux multiples couleurs, ce sont leurs costumes de scènes. C’est vraiment rock’n’ roll quoi. J’étais dans mon univers. Je n’ai qu’une envie : c’est y retourner. Je vois l’entrée des propriétaires et je dis à mon ami : « Un jour, je rentrerai par là ».


Une grande carrière musicale et le « type qui a découvert Metallica en France » !
Après son échec pour entrer comme chanteur chez EMI et Warner en 1973, Dany Terbèche devient manager pour aider les autres artistes précurseurs. En 1976, il fonde sa propre boîte de production et multiplie alors les allers-retours avec Londres. En 1977, il découvre le groupe TRUST ! « J’ai toujours été heavy rock et hard rock », nous apprend l’ex producteur. De concert, il gère ses deux entreprises : celle de production musicale et celle de nettoyage industriel [lire ci-contre]. Dany nous décrit alors cette période : « En 1983, on m’appelle pour créer le premier magazine Hard Rock « Enfer Magazine ». Le succès est immédiat. L’année suivante, je deviens le programmateur du 1er festival de Hard qui a lieu au Bourget où je place pas mal des groupes que je produis alors. Cela me permet de faire connaître des groupes comme Metallica, Tokyo Blade et consorts. J’aide au retour de Scorpions, au creux de la vague à cette époque, et bon nombre d’autres groupes. Cela me vaut le surnom de « Pape du Hard Rock » de la part de batteur de Scorpions Hermann Rarebell. En 1986, avec deux associés suisses, nous achetons le magnifique hôtel particulier de Jean-Jacques Debout situé en plein Marais, dans le centre de Paris. Nous fondons une holding compagnie qui regroupe trois maisons de disques, dont deux en France : Link Company et Loop Records. On crée aussi un atelier de photogravure pour faire nos pochettes de disques, concevoir nos publicités et faire un autre magazine plus Rock « Line Up ». Nous avons une société de production, une d’édition et une agence de Tour management basée à Londres (pour organiser les tournées). Avec la musique, j’ai la chance de parcourir le monde. En 1988 au Midem, j’ai le bonheur de rencontrer mon idole de toujours, le producteur Jack Douglas (N.D.L.R. le producteur de John Lennon, Aérosmith, The Who, CheapTrick, Patti Smith notamment). Deux mois plus tard, nous commençons à travailler ensemble. Nous montons notre bureau à Miami. Et je deviens son manager. Un rêve ! Grâce à cela, je me fais un nom dans le milieu, et suis bien mieux reconnu outre-Manche et outre-Atlantique qu’en France. La vie est intense. En 1992, j’épreuve le besoin de poser mes valises mais je ne peux vivre sans passion. » Bref, Dany Terbèche est le Monsieur Hard rock en France !






Mais vous n’aviez pas encore de revenus réguliers et stables alors ?
Non mais peu après, en 1975, je rencontre un architecte qui me propose de me donner du travail si je me mets à mon compte. Il connaît ma vie, il sait que j’ai un CAP de dessinateur industriel en bâtiment. Je n’hésite pas. Je m'installe à mon compte, il me file du boulot. Je rencontre ensuite les patrons de la Régie Renault et me retrouve à la tête de la plus grosse boîte de nettoyage au service de la Régie. J’ai des énormes chantiers. Pendant cinq ans, jusqu’en 1980, la vie est belle. Je m’associe alors sur une pouliche en 1976, ma première acquisition. Elle s’appelle Historia, est une fille de Negundo et Nocturne et on la confie à l’entraînement à Louis Mellette. C’était les débuts de Grosbois. Je vois le centre d’entraînement se construire. Je côtoie ainsi les André-Francis Bigeon, Jean Mary, Gérard Mottier, Dédé Reine, qui était au service de Monsieur Alfred Lefevre, la famille Veslard, et bien d’autres. Je découvre alors tout et j’apprends. Je m’intéresse déjà beaucoup aux origines. Dès ses premières courses, Historia nous fait plaisir et rapidement j’essaie de me procurer d’autres chevaux. Mais comme, je n’y connais rien, on essaie d’abuser de « mon innocence ». Je me rends bien compte que je n’arrive pas à trouver ma place. Je prends un nouvel uppercut et je décide d’arrêter d’avoir des chevaux de courses mais je continue quand même à fréquenter les hippodromes pour le spectacle et le jeu. Je me consacre pleinement à ma carrière musicale et ne reviendrai dans les courses qu’en 1992 quand je décide de lever le pied dans la musique.
En Selle pour nos soignants : les grandes causes du cœur et les grandes causes des courses
« Je suis un homme de passion qui devient emmerdant pour mon entourage quand je n’ai rien à faire. » Dany Terbèche est un grand sensible – mais n’est-ce pas le propre de ceux qui font de la musique leur vie ? Il n’aime pas les injustices, se bat pour les grandes causes et le fait savoir. C’est Dany Terbèche qui a été à l’initiative de « En Selle pour nos Soignants » lancée dans le cadre du premier confinement en 2020 et qui a été la grande opération caritative des courses au service des personnels engagés dans la lutte contre la Covid-19. De nombreuses personnalités ont adhéré et soutenu l’opération, donc le regretté Christophe Dominici. L’opération a permis de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros reversées à la Fondation de France. Rencontré à Cabourg durant l’été, Philippe Allaire a tout de suite exprimé son soutien à Dany Terbèche et lui a proposé un licol de course de Ready Cash. « Je n’y croyais pas » nous révèle le destinataire. Le précieux objet a fait monter les enchères jusqu’à 20 000 € au profit de l’opération. L’homme s’est aussi beaucoup investi, comme leader, dans le mouvement JPFC (comité de réaction des Jeunes Professionnels de la Filière Cheval) qui avait fait battre le pavé parisien à des milliers de personnes en mars 2017 pour la défense de la filière cheval après un projet de réforme des jeux lancé par la Française des Jeux et potentiellement dangereux pour le secteur des paris hippiques.


On se retrouve donc en 1992. Vous aviez encore des contacts dans les courses ?
Oui car je suivais encore les courses. Je reprends alors notamment contact avec André Blandin, avec lequel j’avais gardé de bons souvenirs. « Dédé » me propose de m’associer avec lui sur Bank du Forum. Je le fais avec un plaisir et Bank débute au Neubourg, elle termine troisième et gagne peu après à Graignes. Quelques mois plus tard, aux ventes d’Albert « Papy » Rayon, j’achète Eldorado du Pont. Il deviendra semi-classique. La même année, je loue quatre poulinières, qui me font quatre poulains dans la génération des « F », née en 1993. Les quatre se qualifient et prennent de l’argent. Parmi eux, il y a Fantasme Besnot qui a couru des quintés et a terminé sa carrière avec un compte en banque de plus de 200 000 euros.

Et depuis, vous n’avez cessé d’avoir des chevaux ?
Non et c’est aussi une histoire d’amitié, de fidélité et de famille. Depuis 1992, chaque année, nous élevons. Nous avons actuellement douze poulinières qui se trouvent réparties entre les Haras d’Atalante, Haras de Cordelles et Haras de Querville. Cette année, nous avons eu onze « bébés » et avons envoyé nos douze poulinières à la monte







Côté entraînement, avec qui travaillez-vous ?
Nos premiers entraîneurs ont été André et Franck Blandin, Emmanuel Ruault, Régis et Loïc Peschet. Aujourd’hui, nous sommes chez Laurent Abrivard, avec lequel nous avons des chevaux depuis 2010, Mickaël Dollion, avec lequel nous avons Hello Paname qui court samedi à Enghien, Yoann Le Mée, qui a Here I Go Again, et Thibault Lamare avec lequel nous avons une pouliche Julietta Vici que nous avons achetée aux ventes de Caen.

Il y a beaucoup de « Terbeche » sur les programmes… Cela mérite peut-être une présentation individuelle ?
Ma femme Christiane Terbeche est la principale éleveuse de tout notre cheptel. Mon fils Rabah a aussi ses couleurs et est également co-éleveur de tout notre élevage. Nous avons par ailleurs des chevaux ensemble. Dimanche dernier, sa casaque a brillé avec Helter Skelter à Durtal, dont nous sommes naisseurs. Ce 4 ans est chez Mickaël Dollion. Mon petit-fils Andrew est aussi co-naisseur. La petite-fille de mon neveu, Elena Terbeche, apparaît également comme co-naisseuse sur quelques chevaux. On peut encore ajouter Margo et Pauline Dollion, les enfants de Mickaël, qui sont nos filleuls.


Opération « En Selle pour nos Soignants » ce dimanche à Saint-Aubin-lès-Elbeufs
L'opération "En Selle pour nos soignants" est plus que jamais importante, plus de quinze mois après l'émergence ce de la pandémie de la Covid-19 en France et dans le monde avec, comme conséquence, l'incessante surcharge du système de santé depuis. Dany Terbèche sera pour l'opération à Saint-Aubin-lès-Elbeufs dimanche. Il nous apprend : « Il y aura des goodies à vendre à prix coûtants, des T-shirts, casquettes, parapluies, verres, nounours, etc. Tout cela se fait au profit de nos soignants - Fondation de France. Le but est de battre le record de goodies vendus en une journée sur un hippodrome. »
Il y aura une course également baptisée "En Selle pour nos soignants" lors de la réunion et Dany Terbèche a reçu le titre de "Président d'Honneur" de la journée. « C'est pour moi beaucoup de reconnaissance et j'en suis très fier », nous déclare-t-il. « J'espère que le public sera au rendez-vous et qu'il sera à l'écoute pour aider nos héros. »


Le rejet de l’entresoi des courses
Dany Terbèche a une analyse et tient un discours acéré sur l’univers hippique dont le relief se nourrit de ses expériences différentes, tant dans la musique que dans l’industrie, notamment dans le domaine du nettoyage industriel. Il n’aime rien tant que l’authenticité et la sincérité. Ses anecdotes foisonnent sur les fausses amitiés, les discours fielleux de certains, les attitudes de cour d’autres. « Je ne comprends pas les gens qui se permettent des avis et opinions sur des gens qu’ils ne connaissent pas. Cela m’énerve au plus haut point » explique Dany Terbèche. L’homme connaît beaucoup de monde dans les courses. Presque tout le monde en fait. Il a ses cercles et ses amitiés privilégiées dans lesquelles il faut citer la famille Abrivard, Laurent, Valérie et leurs enfants, Jean-Michel Bazire (« qui a toujours été présent quand je l’ai sollicité et me contacte régulièrement pour prendre des nouvelles »), Mickaël Dollion dont il est parrain des enfants, Thibault Lamare (« quelqu’un avec qui on peut parler de tout, ce qui est loin d’être le cas avec la majorité des acteurs des courses »), Yoann Le Mée et sa femme Hélène (« avec eux aussi, on passe des moments agréables hors des courses »).
Ce monde des courses et du trot, il le connaît, l'aime et se plaît aussi à le pourfendre avec l'idée de le rendre meilleur encore.

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