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Actualité - 05.06.2021

Hopla des Louanges se remet au centre du jeu

La campagne présidentielle des 4 ans montés dont le dernier acte aura lieu le 27 juin prochain dans la grande finale du Prix du Président de la République (Gr.1) fait dans la diversité. Elle égraine des candidats différents au gré des épreuves qualificatives et préparatoires. Cette fois, c’est Hopla des Louanges qui a tiré la couverture à elle et se remet au centre du jeu pour le grand jour.

Mine de rien, ce Prix Lavater (Gr.2) réunissait deux des trois lauréats de Groupe 1 de cette promotion des 4 ans nés en 2017, à savoir Hopla des Louanges (Gazouillis), la gagnante du Saint-Léger des Trotteurs (Gr.1), et Hudson Védaquais (Thorens Védaquais), au palmarès du Prix d’Essai (Gr.1). Seul manquait à l’appel Helitlopet (Un Charme Fou), le tenant du Prix de Vincennes (Gr.1), dont les sautes d’humeur du moment ont contraint Franck Leblanc à lui concocter un programme préparatoire spécifique et cousu main. C’est la pouliche de ce trio d'élite, Hopla des Louanges, qui a fait preuve de supériorité ici. Et qui permet de citer une deuxième fois Franck Leblanc en quelques lignes puisque le professionnel mayennais est l’entraîneur de la lauréate. Ce succès de Hopla des Louanges est celui du parfait timing pour une concurrente qui est passée à côté de son meeting d’hiver, laissant le témoin à son compagnon de travail Helitlopet. Il remet en scène la première titrée au plus haut niveau dans cette promotion qui affirme aussi son aptitude au profil le plus sélectif de la grande piste de Vincennes. Un doute pouvait demeurer à ce sujet. Son grand titre avait été décroché à Caen, où elle venait de prouver qu’elle avait retrouvé la forme, et elle ne s’était encore jamais imposée sur la grande piste dans la catégorie Groupe. C’est donc fait et bien fait cette fois.
Une opposition de style entre une "pur-sang" et une force de la nature
Rien à voir dans le final entre Hopla des Louanges, petite pouliche qui répète ses battues, et Hirondelle du Rib (Rolling d'Héripré) au modèle de déménageuse qui déroule en couvrant grand. La "petite" a gagné et a semblé n'être que poussée dans le final, depuis la mi-tournant, par sa grande rivale venue alors à ses côtés. Anthony Barrier n'est son partenaire que depuis le début du mois de mai et disputait ici sa troisième course avec sa partenaire. Il est désormais en confiance et constate une montée en puissance de la gagnante : « Quand je l’avais montée à Vincennes [le 4 mai, 7e], elle avait besoin d’améliorer sa condition. La dernière fois à Caen, c’était presque parfait – sa ligne droite était superbe – et aujourd’hui, sur un tracé qui lui convient parfaitement et dans une course rythmée, elle a su donner son meilleur. Comme on n’avait pas fait trop les durs en début de course, j’ai fait parler sa tenue en la laissant dérouler gentiment en montant et se rapprocher à sa main. Le débouche-oreilles l’a aidée en haut de la montée. Quand Jean-Loïc est venu juste derrière nous [sur Hirondelle du Rib] ensuite dans le dernier tournant, elle l’a bien repoussée. »

Le tempérament d'une pur-sang
Le jockey de Hopla des Louanges nous apprend encore : « Elle était plus fraîche et plus tonique dans l’avant-course que les fois précédentes. Elle monte dans les tours. C’est une petite pur-sang. Il faut qu’elle soit un peu comme cela. Elle devrait être en top-forme pour le Président. »

Épreuve sélective et record… à Vincennes
Sous l’impulsion de Hudson Védaquais, l’épreuve a été menée grand train. L’animateur est ainsi passé dans la réduction kilométrique de 1’11’’5 à 1500 mètres du but et de 1’12’’1 au passage de la marque du dernier kilomètre. Les deux premières de l’épreuve ont signé les meilleurs derniers kilomètres du peloton (1’13’’2 pour la lauréate et 1’12’’8 pour sa dauphine). Le chrono final de 1’13’’0 en fait le meilleur temps de l’épreuve à Vincennes, battant ainsi la référence de 1’13’’5 de Feeling Cash de 2019. L’an dernier, Guide Moi Forgan a fait mieux en 1’12’’5 mais c’était à Laval dans le cadre du déplacement des réunions parisiennes dans une région alors classée en zone rouge.

La moins riche de l’épreuve, Hirondelle du Rib venait de conclure troisième, un rang derrière Hopla des Louanges à Caen, lors de son premier essai semi-classique. Elle confirme donc tout simplement sa dernière prestation. Pour elle, c’est le rythme de l’épreuve qui compte comme nous l’explique Jean-Loïc Dersoir : « Elle a toujours eu de la qualité. Le problème qu’elle a, c’est qu’elle se tend. Aujourd’hui, dans une course rythmée, elle n’a pas eu le temps de tirer. Et elle finit mieux ses parcours dans ce cas-là. Je savais que la jument de Franck [Leblanc] était dure mais la mienne aussi et elle se comporte très bien. Elle peut encore manquer d’expérience à ce niveau mais elle a la qualité. Elle va courir le Président. Avec une course rythmée comme aujourd’hui, elle aura une chance. »


Franck Leblanc, maître ès Président
Le 27 juin, avec Hopla des Louanges et Helitlopet, Franck Leblanc aura deux cartouches majeures dans le Prix du Président de la République. Deux profils très opposés également. La première sera en forme optimale et réglée comme un papier à musique. Le second devra faire oublier ses quatre dernières déconvenues (disqualifications). Mais avec quatre citations dans le tableau des vainqueurs du Prix du Président (Scipion du Goutier (2010), Tango Quick (2011), Utoky (2012) et Elladora de Forgan (2018)), l’entraîneur n’a plus à faire ses preuves comme préparateur de la grande course. De par son modèle et ses origines (elles sont toutes les deux des filles de Gazouillis), Hopla des Louanges n’est pas sans rappeler Elladora de Forgan.

Du côté des placés et battus
■ David Armellini, entraîneur de Hollywood Night (3e) : « Je pensais qu’avec le parcours qu’elle a eu, elle n’a rien fait de la course, elle serait repartie à l’entrée de la ligne d’arrivée. Elle a perdu deux longueurs dans le dernier tournant. Cela n’aurait rien changé mais elle aurait été plus près d’eux. Je suis un peu déçu parce que je m’attendais à mieux mais cela reste très bien : elle bat son record d’une seconde, est ferrée et n’a pas eu les oreilles débouchées. Je pense que je vais la laisser dans le confort devant et seulement la déferrer derrière dans le "Président" et elle devrait pouvoir se placer dans le Groupe 1. »
■ Yoann Lebourgeois, jockey de Héros de Fleur (5e) : « Mes impressions sont bonnes. Il a eu mal à suivre quand cela a avancé dans le premier kilomètre puis était facile en haut de la montée avant d’avoir du mal à accrocher quand cela a réaccéléré. Puis il s’est bien relancé pour finir. S’il a une bonne course, il fera l’arrivée, dans les cinq premiers, dans le "Président". Il a progressé sur la grande piste, il s’est endurci. »
■ Alexandre Abrivard, jockey de Hégate Love (disqualifiée peu après le départ) : « Elle était sur une main et elle va voir son vétérinaire début de semaine. Heureusement qu’on a trois semaines pour la remettre au mieux. Je pense qu’elle s’est déréglée et s’est fait mal à Caen. Elle devrait être déferrée des quatre pieds dans le "Président". »

Havanaise, un nouveau test non concluant
Décevante lors de ses premiers pas au monté, à Caen en mai, Havanaise (Ricimer) a confirmé son peu de disposition du moment sous la selle. Rapidement prise de vitesse, elle a tenté un effort en haut de la montée avant d’être arrêtée dans le dernier tournant par Damien Bonne. Son entourage nous a dit ne pas vouloir continuer au monté avec elle. Ce nouveau test à Vincennes était pour s’assurer que le profil de Caen n’était pas la source de ses débuts manqués sous la selle. Visiblement, l’explication est autre et tient plus fondamentalement à la discipline du monté.

Mission doublé : c'est compliqué
Le doublé du Prix Lavater et du Prix du Président de la République va-t-il de soi ? Entre course préparatoire et championnat, il y a, souvent, un pas ; or, qu’en est-il ici ? Balayons un demi-siècle : depuis 1971, ils sont treize à avoir gagné le « Lavater » et, dans la foulée, le « Président » ; en remontant le temps, il s’agit d’Utoky, en 2012, de Rombaldi, en 2009, de Paddy du Buisson, en 2007, de Migraine, en 2004, de Kérido du Donjon, en 2002, d’Idéal de l’Iton, en 2000, de Fac Similé, en 1997, de Blue Dream, en 1993, d’Alpha Barbés, en 1992, d’Ursulo de Crouay, en 1990, de Queila Gédé, en 1986, de Kaiser Trot, en 1980, et d’Istraéki, en 1978. En fin de compte, la proportion de réussite n’est pas très importante, de l’ordre de 25 %. Il faut dire que, pendant longtemps, le Prix Lavater imposa un rendement de vingt-cinq mètres aux candidats les plus riches, au premier rang desquels, évidemment, le champion de la génération. Celui-ci n’y était donc pas à la fête et pouvait, légitimement, y échouer, tout en étant exact, à départ égal, au rendez-vous de la « belle ». Certains, aussi, font l’économie du « Lavater », privilégiant une préparation à l’attelage ou jouant la carte de la fraîcheur. Hélitlopet et Hallix sont de ceux-là, cette année, même si, les concernant, c’est un peu par la force des choses.

Qui était Lavater ?
Né en 1867, chez le marquis de Croix, Lavater (Y ou Crocus et Candeleria, par Inocent’s Catton) demeura inédit, car il se trouva malencontreusement en âge de courir au moment de la guerre de 1870. Son éleveur décida, cependant, de le conserver comme étalon, eu égard à son pedigree et, notamment, à sa mère, Candeleria, dont l’aptitude au trot était remarquable. Le marquis de Croix disparaissant, en 1874, le cheval fut vendu aux Haras Nationaux, qui l’affectèrent à Sainte-Marie-du-Mont, dans le Cotentin, où il fit toute sa carrière de reproducteur, jusqu’à sa mort, à l’âge de 20 ans, en 1887. Il y fut un grand géniteur, tête de liste des pères de vainqueurs en 1881 et 1884, et quarante de ses fils devinrent, à leur tour, étalons, à commencer par Tigris, le meilleur de ses continuateurs, auteur de Kalmia, lequel devait engendrer l’exceptionnel trotteur franco-américain Fred Leyburn, performer vedette du début du siècle dernier, gagnant à trois reprises du Prix du Conseil Municipal, l’ancêtre du Prix d’Amérique. Ajoutons que Lavater est également le père de mère du légendaire Fuschia, chef de race incomparable, numéro un des étalons quatorze années de suite, de 1893 à 1906, et père de Bémécourt et Narquois, tous deux à la base des lignées contemporaines du trotteur français traditionnel.

D'où vient-elle ?

Fille de Gazouillis, Hopla des Louanges est le neuvième et dernier produit de Jolie Lily, une fille de Volcan lauréate de cinq courses. Au haras, cette dernière a donné trois autres vainqueurs dont la propre-sœur de la pouliche, Ecume des Louanges (117 230 €). Hopla des Louanges a été élevée dans l'Allier par Paul Pelletier dont c'est le premier produit classique.

4e | ETRIER 4 ANS QUALIF 3 - PRIX LAVATER
M - 2700 m - Groupe 2 - 100 000 €
HOPLA DES LOUANGES 1'13"
Gazouillis x Jolie Lily (Volcan)
Jockey : A. Barrier - Entraîneur : F. Leblanc
Propriétaire : E. d. Grand Buisson - Eleveur : P. Pelletier
2e Hirondelle du Rib 1'13"
3e Hollywood Night 1'13"4
4e : Hytte du Terroir - 5e : Heros de Fleur - 6e : Hudson Vedaquais - 7e : Hera Landia
Lutin d'Isigny 1'14''3 Firstly
Gazouillis 1'12''8 Dame d'Isigny
Utiska 1'17''4 Istraeki 1'14''4
HOPLA DES LOUANGES Liska 1'21''6
Volcan 1'15''3 Fakir du Vivier
Jolie Lily 1'16''2 Melba 1'23''6
Dladys Kaer 1'18''6 Tonnerre d'Amour 1'16''5
Vladys
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