... © Sulkysports
Actualité - 15.06.2021

Kymi Grand Prix : la Finlande sourit souvent aux tricolores

Aetos Kronos, l'un des principaux rivaux aux représentants français

Ils seront deux trotteurs aux couleurs de l’élevage français à prétendre au Kymi Grand Prix (Groupe 1), samedi prochain, en Finlande, sur l’hippodrome de Kouvola. Ce Bello Romain (couloir 3) et Délia du Pommereux (couloir 8) tenteront ainsi de trotter dans les battues victorieuses d’une dizaine de nos ressortissants, déjà au palmarès de cette grande épreuve (comme Timoko en 2014), qui a, somme toute, souvent souri à nos chevaux. Ils seront épaulés par Valokaja Hindo (couloir 4), danois de naissance, mais entraîné chez nous par « JMB ».

Le Kymi Grand Prix, couru sur la distance de 2.100 mètres, avec départ à l’autostart, est une course de création relativement récente, puisque sa première édition a eu lieu en 1998. Avec la Finlandia Ajo, c’est la compétition la plus prestigieuse disputée en Finlande. 160.000 euros d’allocations y sont présentement distribués, dont 100.000 euros au gagnant. Trois hommes, Alpo Horppu, Ilmo Seppälä et Tapio Välinoro, ont échafaudé le projet et fait en sorte qu’il soit mené à bien, visant une reconnaissance internationale de la course. Pour ce faire, ils ont recherché, d’emblée, le concours de solides partenaires, dont la ville de Kouvola, afin d’assurer la pérennité financière de l’épreuve et lui permettre d’asseoir son statut international. Or, ils ont réussi, lui faisant intégrer le Grand Circuit Européen, jusqu’à la disparition de celui-ci, en 2012, avant que les U.E.T. Masters Series ne prennent le relais. Bref, une jolie réussite, soutenue par le palmarès de la course, qu’aucun nom ne dépare.

Des compétiteurs aux géniteurs
Non seulement les trotteurs français sont les plus titrés dans le Kymi Grand Prix, mais cette réussite y est parachevée par celle de nos étalons. Ainsi BWT Magic, vainqueur pour la Finlande – et, soit dit au passage, seul 4 ans au palmarès de la course –, est-il un fils de notre Lançon – double vainqueur de Critérium et placé du Prix d’Amérique, sous la férule d’Ali Hawas –, qui fut exporté là-bas comme reproducteur ; ainsi Commander Crowe, deux fois à l’honneur pour la Suède, est-il né des œuvres de Juliano Star, un « Dubois » qui fit, un temps, la monte en Scandinavie ; ainsi Racing Mange, autre suédois lauréat, est-il par Orlando Vici, qui officie chez nous, mais est très prisé des éleveurs d’Europe du Nord.

D’emblée, le sceau français
D’entrée de jeu, les trotteurs français ont imprimé leur marque sur la course nouvellement créée. Le premier vainqueur en est, ainsi, Dryade des Bois (Off Gy), qui s’y présentait auréolée de son succès dans le Prix d’Amérique, quelques mois plus tôt, tandis que le deuxième se nomme Défi d’Aunou (Armbro Goal). Après quoi, il y en aura encore huit à passer le poteau en lauréat, soit, dans l’ordre chronologique, Exchequer (Takima), en 2001, Flambeau des Pins (Quiton du Coral), en 2003, Kart de Baudrairie (Bridge), en 2004, Jag de Bellouet (Viking’s Way), en 2006, L’Amiral Mauzun (Bon Conseil), en 2008, Rapide Lebel (Ginger Somolli), en 2011, Timoko (Imoko), en 2014, et Aubrion du Gers (Memphis du Rib), en 2018. On observera que les hongres français sont particulièrement heureux dans la course – cf. Kart de Baudrairie, L’Amiral Mauzun, Rapide Lebel et Aubrion du Gers – et que c’est de bon augure pour la présente candidature de leur homologue, Ce Bello Romain, dont ce sera le premier déplacement à l’étranger, sous la « drive » d’Anthony Barrier. En revanche, hormis Dryade des Bois, point de femelle hexagonale au palmarès de l’épreuve et une seule autre, suédoise – Camilla Highness (Super Arnie), en 2007 –, depuis vingt-trois ans, ce qui est une moins bonne nouvelle pour Délia du Pommereux et David Thomain. Pour revenir aux castrats, ils ont également brillé, pour la Suède, avec Commander Crowe (Juliano Star), en 2009 et en 2012 – la deuxième fois, préparé en France par Fabrice Souloy –, et avec Womanizer S (Tap In), en 2013.

Bis repetita
En vingt-trois éditions, il n’y a qu’un étalon qui ait donné deux gagnants différents du Kymi Grand Prix. C’est l’américain Armbro Goal, auquel on doit Défi d’Aunou, lauréat en 1999, et Legendary Lover K., vainqueur en 2002. En parallèle, ils sont une demi-douzaine de drivers à avoir remporté la course à deux reprises, au sulky de deux chevaux distincts, à savoir Jos Verbeeck, à vingt ans d’écart, avec Dryade des Bois (1998) et Aubrion du Gers (2018), Aki Antti-Roiko, coup sur coup, avec BWT Magic (2000) et Exchequer (2001), Jean-Michel Bazire, avec Kart de Baudrairie (2004) et L’Amiral Mauzun (2008), Peter Ingves, avec Camilla Highness (2007) et Commander Crowe (2009), Joakim Lövgren, avec Brioni (2010) et Racing Mange (2019), et Björn Goop, avec Timoko (2014) et Vitruvio (2020).

France-Suède : dix à six, mais le record pour la Suède
Hongres français et suédois, donc, se partagent la vedette de la course, mais, plus encore, France et Suède, généralement parlant. De la sorte, nous comptons, pour l’heure, dix titres dans le Kymi Grand Prix, contre six à nos rivaux scandinaves, les quatre ci-dessus évoqués étant complétés par ceux de Carabinieri (Wellino Boko), en 2017, et de Racing Mange (Orlando Vici), en 2019. Jusque dans le record de la course, France et Suède se livrent un duel sans concession, Jag de Bellouet l’ayant détenu, en 1’11’’1, dix années durant, avant que Carabinieri l’en dépossède, d’un souffle, trottant le kilomètre sur le pied de 1’11’’. En regard, les succès des autres pays participants apparaissent ponctuels, qu’il s’agisse des deux distinctions américaines de Legendary Lover K. (Armbro Goal), en 2002, et de Prime Prospect (Primrose Lane), en 2005, de la victoire allemande de Brioni (Timberland), en 2010, du doublé espagnol de Trebol (Hot Blues), en 2015 et en 2016, ou du sacre italien du tenant du titre, Vitruvio (Adrian Chip), en 2020, sans oublier la réussite, à domicile – l’unique du genre, à ce jour –, du finlandais BWT Magic (Lançon), en 2000.


Kymi Grand Prix 2021
Groupe 1 - 2 100m
Partants – Driver (entraîneur)
1. Aetos Kronos – Magnus A Djuse (Jerry Riordan)
2. Grainfield Aiden – Hannu Korpi (Hannu Korpi)
3. Ce Bello Romain – Anthony Barrier (Sylvain Dupont)
4. Valokaja Hindö – Nicolas Bazire (Jean-Michel Bazire)
5. Mas Champ – Santtu Raitala Antti Ojanperä
6. Willow Pride – Ari Moilanen (Markku Nieminen
7. Next Direction – Iikka Nurmonen (Timo Hulkkonen)
8. Délia du Pommereux – David Thomain (Sylvain Roger)
9. Short In Cash – Björn Goop (Björn Goop)
10. Seismic Wave – Hannu Torvinen (Timo Nurmos)

A voir aussi :
...
Des victoires avec
l'Amérique en toile de fond

Cette journée de samedi était résolument européenne au trot avec le Grand Prix des Nations à Milan en Italie, le Prix de la Ville de Caen chez nous en Normandie et la Finale du Tour Européen du ...

Lire la suite
...
Réunion très européenne dimanche à Enghien

À l'instar de ce samedi qui nous aura menés à travers l'Europe, la réunion de ce dimanche à Enghien est très continentale avec trois courses au label européen pour la moitié des courses. La plus dotée d'entre elles ...

Lire la suite
...
Des ténors dans le Prix Isara mardi soir à Vincennes

Il y aura du beau monde mardi soir au départ du Prix Isara à Vincennes, course qui permet à des chevaux n'ayant pas gagné 30 000€ depuis le 1er avril et en vue de monter en puissance pour le meeting d'hiver. On retrouvera ...

Lire la suite
...
Les matrones de la semaine : Gitane du Rib et Histoire Moderne, le modèle, mais aussi le pedigree

Une fois n’est pas coutume : ce n’est pas à une, mais à deux matrones que nous nous intéressons cette semaine, à savoir celles dont descendent les deux « reines de beauté » sacrées lors du Concours National de Sélection s’é...

Lire la suite