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Actualité - 16.06.2021

Les amateurs de moins en moins nombreux

Pascal Garreau a déjà remporté 21 courses cette année.

Samedi, l'hippodrome de Segré, dans le Maine-et-Loire, accueille la réunion annuelle organisée par l'UNAT Ouest Anjou-Maine. C'est l'occasion de faire un point sur la situation et la place des amateurs, avec un constat : le nombre de licenciés n'a jamais été aussi bas. Président de l'Union Nationale des Amateurs de Trot depuis 2018, Hubert Jay commente cette situation et donne des éclaircissements.

La réunion annuelle de l'UNAT Ouest Anjou-Maine est un rendez-vous que les amateurs de la région (et d'ailleurs) ne manqueraient sous aucun prétexte, surtout dans le contexte que l'on connaît depuis l'an dernier. C'est en effet l'occasion pour eux de se défier sur la piste, de partager leur passion et de se retrouver dans une ambiance conviviale tout au long d'une journée qui se prolongera autour d'un buffet dans le respect des règles sanitaires. L'antenne régionale étant à cheval sur deux Fédérations (Ouest et Anjou-Maine), cette réunion se déroule une année sur deux sur un hippodrome de chacun de ces territoires. Après Loudéac l'an dernier, c'est donc à Segré qu'elle se dispute ce samedi. « On pourrait répartir ces courses sur différents hippodromes au cours de l'année mais c'est un rendez-vous qui nous tient à cœur au sein du comité régional de l'UNAT », rappelle Bernard Pellan, le président régional.
Si le nombre annuel de courses d'amateurs s'élève à plus de 800, soit environ 8 % du total des épreuves disputées dans la discipline en France, auxquelles il faut ajouter les courses sponsorisées dont le financement n'est donc pas assuré par la société-mère, le nombre de titulaires de licence est lui en recul. En effet, la courbe des licences délivrées chaque année par les services de LeTROT est orientée à la baisse lors de tous les derniers exercices. Cette année, il y a 708 amateurs à être licenciés adhérents de l'UNAT, alors qu'ils étaient plus de 1000 il y a une vingtaine d'années.


L'impact accélérateur de la crise de la Covid-19
« La crise de la Covid 19 a pesé sur le nombre de licences d’amateurs, commente Hubert Jay. Cela n’a rien fait pour arranger des chiffres qui n’étaient déjà pas bons puisqu’en baisse depuis plusieurs années. L’impact a été fort. Comme d'autres, j’ai fait une année blanche en 2020 alors que j’ai d’habitude d'avoir un ou deux chevaux à courir, pas seulement chez les amateurs. »
Des raisons conjoncturelles et d'autres plus structurelles
Hubert Jay continue encore sur le constat des effets de la crise sanitaire de 2020 sur sa propre expérience : « Au mois de mars de l'an dernier, quand il aurait fallu chercher un cheval, je n’avais aucune visibilité. Je pense que beaucoup se sont retrouvés dans cette situation et n’ont pas renouvelé leur licence. Or, ce n’est jamais facile de repartir après une année blanche, d’autant que la concurrence est de plus en plus forte. » Être amateur c'est aussi pour beaucoup d'entre eux avoir un esprit de convivialité qui a forcément été sérieusement impacté par l'année écoulée. »
Pour le président de l'UNAT, la crise est donc l'une des raisons mais pas la seule : « Il ne faut pas perdre de vue que cela reste un sport coûteux qui nécessite donc des moyens. Maintenant, pour être honnête, c’est un sport qui coûte cher mais c’est le seul sport - on me corrigera s’il y en a d’autres - où les gains sont importants au niveau de l’amateurisme. Il est donc possible de financer sa passion. Mais, comme dans la compétition automobile, chacun fait en fonction de ses moyens. Certains rouleront toujours en Porsche et d’autres toujours en Peugeot 106 Rallye. Autre explication, on a plutôt tiré les catégories vers le haut dans certaines régions si bien que l’on retrouve des chevaux de pros contre lesquels il est difficile de lutter, alors qu’il faut plutôt tirer dans l'autre sens selon moi pour créer une catégorie de chevaux d’amateurs vraiment spécifique. »


Les chiffres de 2021
■ 708 adhérents à l'UNAT (620 hommes / 88 femmes)
(répartition par région : 195 Ouest Anjou-Maine / 159 Normandie / 126 Ile-de-France Nord Est / 97 Sud-Ouest / 57 Sud-Est / 57 Centre-Est / 17 Dom-Tom)
■ 620 hommes / 88 femmes
■ Plus de 60 % des adhérents sont âgés de 51 ans et +
■ 267 permis d'entraîner
■ 827 courses + 72 financées par des sponsors ou l'UNAT (et donc hors financement LeTROT)
■ 4,6 M€ d'allocations

Des profils multiples
L'amateurisme en France est multiple et il n'y a pas un profil d'amateur mais bien de multiples profils, ce qui semble être à la fois une force et une faiblesse (si ce n'est au moins un handicap). « La concurrence d’amateurs qui sont tous les matins au sulky est bien sûr forte, ne cherche pas à éluder Hubert Jay. Dans certaines régions, comme le Sud-Est ou le Centre-Est, c’est particulièrement vrai. Cela laisse peu de place aux autres amateurs dont certains finissent par perdre la motivation alors qu’ils ne font cela que pour le plaisir. C'est à nous, présidents de régions au sein de l’UNAT, de créer des courses pour les petites catégories, avec des avances pour les personnes n’ayant pas gagné un certain nombre de courses ou n’ayant pas gagné tant de courses depuis le 1er janvier de l’année en cours, etc. Il faut créer des courses pour tous les profils d’amateurs. Selon moi, l’image même de l’amateur, c’est quelqu’un comme Jean-Claude Louiche, qui vient de remporter les étapes du Grand National des Amateurs avec sa jument Flamme Nonantaise au Croisé-Laroche et à Laval. Il est devenu amateur à 55 ans. Il fait aussi partie des cent amateurs qui sont aussi propriétaires sur un panel total d'un peu plus de quatre mille casaques en activité. » Dans les retours du terrain, le sujet revient régulièrement. Mais Hubert Jay cherche aussi à tirer du positif de cet état de fait : « Comme dans tous les sports, nous avons besoin d’une élite. Dans certaines régions, pas dans toutes mais dans certaines, les courses d’amateurs sont dans le top 3 en termes d’enjeux lors des réunions Premium. C’est le cas du Sud-Est et du Centre-Est par exemple et cela s’explique justement parce qu’il y a une élite, avec des amateurs qui sont des références et constituent aux yeux des parieurs des assurances tout risque, à l’image d’un Jean-Michel Bazire chez les pros. Mais il nous faut trouver certains points d’équilibre entre les différents profils d’amateurs et travailler avec les socio-professionnels sur les programmes ».


Partie intégrante de la filière des courses
Nonobstant la baisse du nombre de licenciés, pour qui le coût annuel de la licence (assurance comprise) varie de 440 à 580 € (en fonction ou non du permis d'entraîner), Hubert Jay entend défendre la spécificité des amateurs et surtout leur place dans l'univers des courses. « Les amateurs font partie intégrante de la filière des courses, avance-t-il. Ils apportent leur pierre à l’édifice. Parmi les amateurs, on en trouve beaucoup qui sont des bénévoles au sein des sociétés de courses en région ; certains sont même présidents comme Jean-Sébastien Seigné à Grenade-sur-Garonne et Jean-Philippe Semeillon à Agen. »


Classements des amateurs 2021 (au 14/06)
■ National attelé
1. Pascal Garreau 334 points
2. Sophie Blanchetière 195 pts
3. François Chapdelaine 179 pts
■ National monté
1. Floribert-Augustin Wartel 29 points
2. Pauline Cavanie 16 pts
3. Emilie Duperche 14 pts

Des courses supplémentaires via le sponsoring
Le rôle des amateurs se situe donc auprès des sociétés de courses par des engagements personnels mais aussi, via les comités régionaux de l'UNAT, en démarchant des sponsors afin de financer des épreuves supplémentaires qui compléteront des réunions ou même pour en créer. « Il y a donc près de 900 épreuves avec celles sponsorisées, poursuit Hubert Jay. Je prends l’exemple de Feurs dans ma région (N.D.L.R. : il est aussi président de l'UNAT Centre-Est) à qui il manquait des courses dans certaines de ses réunions Premium. La solution a été de créer des courses d’amateurs sponsorisées dont le financement n’était donc pas à la charge de la société-mère. Cela représente à peu près 20 % des courses d’amateurs. Dans toutes les régions, les comités de l’UNAT se bougent pour parvenir à de tels financements qui servent donc aussi aux sociétés de courses et à toute la filière. »

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