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Actualité - 23.06.2021

Indissociable du Saint-Léger… et du Prix de Vincennes

Inouï Danica

Étrier Summer Races 3 Ans Finale, le Prix d’Essai est l’équivalent monté du Prix Albert Viel. Avec le Saint-Léger des Trotteurs, qui le précède maintenant dans le calendrier, après l’avoir longtemps suivi - le Prix d’Essai se courait alors en avril et le Saint-Léger en juin -, il est le plus ancien classique français, leur création remontant aux années 1860 et 1870. S’y affrontent, on le sait, des poulains et des pouliches de 3 ans, dans la spécialité du monté. Il va de soi qu’un succès dans l’une et l’autre course fait de l’auteur du doublé le numéro un de sa promotion dans la spécialité. Un statut à confirmer, en fin d’exercice, dans le Prix de Vincennes.

Il ne faut pas s’y tromper : le doublé du Saint-Léger des Trotteurs, à Caen, et du Prix d’Essai, à Vincennes, est « LA » performance montée du premier semestre pour les sujets de la jeune génération ; un doublé classique et de Groupe 1, un vrai. Depuis 1970, soit depuis cinquante ans, le coup de deux a été réussi à dix-sept reprises, de celui de Fondon, en 1974, à celui de Gala Téjy, en 2019, en passant par ceux de Givre d’Argent, en 1975, Jeune Orange, en 1978, Kiki de Feugères, en 1979, Laudanum, en 1980, Mabrouka, en 1981, Quinze Janvier, en 1985, Speed Clayettois, en 1987, Alligator, en 1991, Express Cat, en 1995, Gai Brillant, en 1997, Holly du Locton, en 1998, Ivoire de Grammont, en 1999, Philoténor, en 2006, Vanishing Point, en 2012, et Fado du Chêne, en 2018. Sur ces dix-sept doublés, dix, de Fondon à Express Cat, ont été réalisés dans le sens « Prix d’Essai-Saint-Léger », alors que les sept autres, après le changement de calendrier, l’ont été dans l’autre sens, de Gai Brillant à Gala Téjy. La parole est, dimanche, à Ici C’est Paris (Dollar Macker), fort de son Saint-Léger victorieux…

Du bon et du moins bon
Le palmarès du Prix d’Essai, comme celui du Saint-Léger des Trotteurs, d’ailleurs, se partage entre sujets ayant su durer et étoffant, ce faisant, leurs performances, au fil de leurs tentatives, et « étoiles filantes », limitées dans le temps, ayant fait valoir une précocité et une aptitude tôt décelées et valorisées, mais sans guère de lendemain. Parmi ceux qui ont gagné les deux courses, depuis cinquante ans, il y a d’authentiques champions, comme Jeune Orange (« Président », « Élites », deuxième du « Cornulier » ou encore des Prix de Vincennes, de Normandie et des Centaures) et Speed Clayettois (« Vincennes », « Président », « Normandie », « Élites », « Centaures » ; vainqueur de tous les classiques montés du programme). Nous sommes là avant les années 1990.

Les derniers vainqueurs
Le passé le plus récent du Prix d’Essai n’est pas à l’avantage de ses « tenants ». Ainsi les deux lauréats en titre, Hudson Védaquais (2020) et Gala Téjy (2019), n’ont-ils encore jamais réédité une pareille performance, non plus que Eye of the Storm (2017). Seul s’insère entre eux Fado du Chêne (2018), qui gagna, par la suite, le Prix de Vincennes et que l’on a continué à voir au plus haut niveau ces deux derniers hivers.

À partir de la dernière décennie du XXe siècle, il faut aussi ajouter Gai Brillant (« Vincennes », « Centaures », « Président », « Élites » ; millionnaire en euros) ou bien Holly du Locton (« Vincennes », « Centaures », « Président », troisième du « Cornulier », à 4 ans ; millionnaire). Mais il y en a aussi qui n’ont plus beaucoup fait parler d’eux après leur exploit. Le constat entre ceux qui ont su durer et ceux qui n'ont fait que passer vaut également pour les gagnants du seul Prix d’Essai. Un Orfeu Negro (Prix de Vincennes, deuxième du « Cornulier »), en 1983, une Boadicée de Béval (« Vincennes », « Centaures »), en 1992, un Scipion du Goutier (« Élites », « Vincennes », « Président », « Centaures », deux fois), en 2009, un Booster Winner, en 2014, ou un Fado du Chêne, en 2018, éclipsent de nombreux autres, sans vraie réussite ultérieure, du moins durable.

Tout est relatif…
Les remarques que nous venons de faire en termes de compétition valent aussi en matière de reproduction. Il y a de bons étalons au palmarès du Prix d’Essai, Scipion du Goutier au premier chef (père de Bahia Quesnot, Erminig d’Oliverie, Be Mine de Houelle, Barrio Josselyn, Boeing du Bocage, Dayana Berry, etc), mais encore, en remontant le temps, Booster Winner (d’où Hooker Berry, Hope On Victory, Graine de Crack…), Vanishing Point (jeune géniteur de Flore de Janeiro, Elu de Dompierre…), Speed Clayettois (auteur de Roxana de Barbray, Picsou de Villabon et autres), Fondon (père de Lupi, Taldon, Ultra d’Ombrée)… En regard, il y en a davantage d’inexistants, victimes, cependant, du manque d’attractivité commerciale grandissant des reproducteurs montés, depuis l’américanisation du trotteur français, au carrefour des années 1980 et 1990, ce qui n’est pas sans influer sur la prétendue moindre efficacité de leur potentiel génétique dans le présent contexte ; autrement dit, il faut comparer ce qui est comparable… Un exemple, un seul, à l’aune de notre propos : celui d’Alligator, qui a parachevé le doublé du Saint-Léger et du Prix d’Essai, en 1991 ( N.D.L.R. : voir plus haut), tout en remportant le Prix Capucine, aujourd’hui Prix Albert Viel, à l’attelage - soit trois succès de Groupe 1, en deux mois, tout de même… -, avant d’être un étalon complètement sous-exploité - père de vingt-six produits, en huit années de monte… -, auteur, néanmoins de Migraine, lauréate du Prix du Président de la République et à laquelle on doit l’actuel champion de Richard Westerink, Etonnant. Cela pour dire que tout est relatif. « Je ne pense jamais dans l’absolu, disait le philosophe, car, dans l’absolu, l’homme n’est pas chez lui. » Le cheval non plus.

De père en fils et filles
Le palmarès des cinquante dernières années fait état de quatre vainqueurs du Prix d’Essai ayant été engendrés par un étalon lui-même déjà lauréat de la course. Il s’agit de Bamba (1970), fille de Grenadier IV (1953), de Givre d’Argent (1975), fils de Kubler L (1957), de Duc de Janvier (1994), fils de Quinze Janvier (1985), et de Nobilis Jiel (2004), fils de Gai Brillant (1997).


De glorieux dauphins
Le protégé de Joël Hallais, Ursulo de Crouay, a dû se contenter de la deuxième place dans ce Prix d’Essai, en 1989, battu par Unora du Pas, qui ne le valait pas, lui le champion aux sept Groupes I (Saint-Léger des Trotteurs, Prix de Vincennes, Prix des Centaures, Critérium des 4 Ans, Prix du Président de la République, Prix de l’Atlantique, Prix des Meilleurs). De même, Jag de Bellouet, le crack de Christophe Gallier, aux trois « Cornulier », aux trois Prix de l’Atlantique, aux deux Prix René Ballière, héros, sur trois hivers, de la trilogie « Amérique-France-Paris », dut s’incliner, en 2000, face à Jarifante Speed. Autres éléments sortant de l’ordinaire, Bird Parker et Feeling Cash furent également contraints d’admettre la supériorité d’un rival, dominés, respectivement, par Booster Winner, en 2014, et Fado du Chêne, en 2018, à cette différence près que tant « Booster » (Prix des Élites et des Centaures) que « Fado » (Saint-Léger des Trotteurs, Prix de Vincennes) sont d’une envergure comparable à la leur.

LES CLÉS DE L'ÉDITION 2021

Une hiérarchie qui se dessine
Depuis le coup d’envoi des courses au monté réservées à la génération des « I », à la mi-novembre, sur l’hippodrome de Graignes, près de 70 épreuves se sont disputées avant cette Finale Etrier Summer Races 3 Ans que constitue le Prix d’Essai dimanche. Premier Groupe 1 sous la selle pour la promotion née 2018 il y a un peu plus d’un mois après le Saint-Léger des Trotteurs caennais qui a vu la victoire d’Ici C’est Paris (Dollar Macker), entraîné par Philippe Allaire qui réalisait le doublé avec Inouï Danica (Boccador de Simm) et monté par Christopher Corbineau qui remportait son premier classique. Premier vainqueur de sa génération dans la spécialité à Graignes, Ici C’est Paris fait donc bien office de référent même s’il a été dominé dans la Qualif #3 par Inouï Danica, auteur alors de débuts victorieux sous la selle après avoir fait partie des meilleurs éléments à l’attelé sans parvenir à s’imposer au niveau semi-classique, et Idéale du Chêne (Bird Parker), avec laquelle Julien Le Mer a fait l’impasse sur le Groupe 1 caennais avant de la présenter à l’attelé face aux meilleures de sa génération dont elle s’est classée quatrième. Face aux attaquants de la team Allaire, la pouliche de l’Ecurie Guedj essaiera de marcher sur les traces de son compagnon d’écurie, Fado du Chêne, vainqueur de ce Prix d’Essai en 2018.
Des repères dans les Etrier Summer Races 3 Ans, Indigo du Poret (Dollar Macker) n’en a pas directement mais, en parallèle, il reste sur trois succès de rang sur les 2700 mètres de la grande piste après avoir débuté dans la spécialité au cours de l’hiver par une troisième place derrière Ici C’est Paris et Ibra du Loisir (Booster Winner) sur ce parcours. Après avoir hésité, d’autant qu’il doit faire sans Eric Raffin retenu sur Inouï Danica, Yannick-Alain Briand a finalement décidé de courir son poulain et fait appel à Yoann Lebourgeois pour le monter.

Inouï Danica ou la bonne étoile de Carine Romarie
« Cela fait trente-cinq ans que papa fait de l'élevage et c'est la première fois que l'on a un cheval qui court les Groupes 1. C'est énorme ! » A la tête du Haras de la Paumardière en Mayenne avec son compagnon Benoît Quesne, où ils ont assuré avec leur équipe cette année plus de 240 poulinages, Carine Romarie, qui a pris la succession de son père, Daniel, le créateur du label « Danica », sait combien il faut profiter des moments que leur procure Inouï Danica qui va participer à son troisième classique dimanche. « Il y a eu une pointe de déception qu'il soit battu dans le Saint-Léger mais c'est juste une pointe. La photo de l'arrivée est en bonne place au bureau, assure Carine Romarie. On a sûrement une bonne étoile au-dessous de nous. Certes, il faut savoir provoquer la chance mais il y a quand même une part de chance. La réussite du poulain montre que l'on a pris les bonnes décisions, comme celle de le laisser partir foal aux ventes de Caen (N.D.L.R. : acheté 2 000 € par Kevin Tébirent). Cela valide notre travail. On est un peu plus sûr de ce que l'on fait avec de tels résultats, comme avec ceux de Iathus Danica, qui vient de gagner à Vincennes, ou avec les « J » qui se sont bien qualifiés récemment chez des entraîneurs différents dont le frère d'« Inouï », Jupiter Danica. Tout cela est la confirmation que nous sommes enfin entrés dans un cycle. La dynamique est bonne mais il faut continuer à l'entretenir, à aller de l'avant toujours. » L'élevage « Danica » se compose d'une vingtaine de poulinières, avec un renouvellement régulier chaque année afin d'intégrer des juments qui sortent de la compétition. Carine Romarie se fait une joie de pouvoir enfin retourner aux courses. « Je n'y suis pas allée depuis le mois de septembre dernier pour voir « Inouï » à Laval. C'est une réunion où il n'y a que des champions et, parmi ceux-ci, il y en a un à nous ! J'espère que l'on va pouvoir y aller en famille pour vivre enfin ça de l'intérieur. »

Ali Hawas et Yves Dreux, les plus titrés
Au cours de ce dernier demi-siècle, l’entraîneur le plus titré dans le Prix d’Essai n’est autre qu’Ali Hawas, qui fut un maître en matière de jeunes chevaux, en particulier montés. Sept fois, il a inscrit son nom au palmarès de la course, avec Mabrouka (1981), Nestoriac (1982), Quinze Janvier (1985), Speed Clayettois (1987), Touta (1988), Boadicée de Béval (1992) et Duc de Janvier (1994). Comme jockey, c’est Yves Dreux qu’il faut associer à tous ces succès, auxquels on ajoutera, le concernant, une huitième distinction, grâce à la pensionnaire de Pascal Geslin, Jarifante Speed (2000). Dans la colonne des entraîneurs, Philippe Allaire pointe en deuxième position, avec cinq victoires, via Gai Brillant (1997), Holly du Locton (1998), Ivoire de Grammont (1999), Eye of the Storm (2017) et Hudson Védaquais (2020).

LE POINT APRÈS LES FORFAITS

Ce mercredi, les forfaits ont fait leur oeuvre et les listes des différents tableaux d'engagés des quatre Groupes 1 dominicaux se sont réduits.

PRIX D'ESSAI : 9 RESTANTS

Etrier Summer Races 3 ans Finale
Groupe 1 – monté – 3 ans – 2 175m G.P.
Prix d’Essai – 9 restants (avec les montes déclarées)
Forfaits : 7

■ I Am Happy / J.Y. Ricart
■ Idylle du Chatault /
■ Ibra du Loisir /
■ Imbrogliu Mag / P.Y. Verva
■ India de Banville / F. Lagadeuc
■ Indigo du Poret / Y. Lebourgeois
■ Ideale du Chêne / P.Ph. Ploquin
■ Inouï Danica / E. Raffin
■ Ici C'est Paris / Ch. Corbineau

PRIX ALBERT VIEL : 18 RESTANTS

Sulky Summer Races 3 ans Finale
Groupe 1 – attelé – 3 ans – 2 700m G.P.
Prix Albert Viel – 18 restants
Forfaits : 7

Parmi les forfaits, il faut noter celui de l'invaincu Izoard Védaquais (Bird Parker).
■ Impact Player /
■ Idefix Dhelpa / M. Mottier
■ Image d'Atalante /
■ Inferno Piper /
■ I Want You /
■ Iron Meslois / G. Gelormini
■ Ikacou des Cinty / G.A. Pou Pou
■ Illusive Artist / J. Dubois
■ Infant Perrine /
■ I Love Me / Y. Lebourgeois
■ Invincible Cash /
■ Idylle à Vie / A. Chéradame
■ Idéal Ligneries / F. Nivard
■ It's Now Or Never / F. Lagadeuc
■ Impressionist /
■ Inoubliable / J.Ph. Dubois
■ In The Money /
■ Italiano Véro / D. Thomain

PRIX DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : 18 RESTANTS

Etrier Summer Races 4 ans Finale
Groupe 1 – monté – 4 ans – 2 850m G.P.
Prix du Président de la République - 18 restants
Forfaits : 7

■ Herbue des Valois / C. Levesque
■ Henzo Crown / P.Y. Verva
■ Hirondelle du Rib /
■ Hector des Champs / D. Bonne
■ Hora Bot Eur Moel /
■ Hermes d'Ecotay / M. Mottier
■ Hegate Love /
■ Hispanien /
■ Hera Landia / P.Ph. Ploquin
■ Hope On Victory /
■ Heart of Gold / F. Lagadeuc
■ Helitlopet /
■ Hatchet Man / D. Thomain
■ Hudson Védaquais /
■ Hallix / E. Raffin
■ Hopla des Louanges /
■ Hytte du Terroir /
■ Héros de Fleur / Y. Lebourgeois

PRIX RENÉ BALLIÈRE : 11 RESTANTS

Prix René Ballière
Groupe 1 – attelé – 4 à 10 ans – 2 100m autostart G.P
11 restants
Forfaits : 10

■ Go On Boy / R. Derieux
■ Express Jet / A. Lamy
■ Violetto Jet / F. Nivard
■ Detroit Castelets / D. Thomain
■ Dreammoko /
■ Chica de Joudes /
■ Valokaja Hindo /
■ Etonnant / A. Barrier
■ Bahia Quesnot /
■ Davidson du Pont /
■ Face Time Bourbon / E. Raffin

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