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Actualité - 06.07.2021

Julius Le Tutour, le chef des pistes capitales

C’est à Lyon que j’ai travaillé la technicité du trot.
Julius Le Tutour

Il n’aura pas connu de césure. Julius Le Tutour est le nouveau chef des hippodromes parisiens de LeTROT, à savoir Vincennes et Enghien, depuis le 1er juillet. Malgré son état civil de néo trentenaire, l’homme arrive avec un bagage important dans le secteur de la gestion des hippodromes. Rencontre.

On pourrait commencer notre rencontre par une devinette. Il y a quelques jours encore, Julius Le Tutour s’affairait sur plusieurs pistes de la capitale. Pourtant il évoluait à plusieurs centaines de kilomètres de Vincennes et d’Enghien. Alors où était-il ? Réponse : dans la capitale des Gaules. Le nouveau chef des hippodromes de Paris de LeTROT est en effet en provenance de Lyon. D’une capitale l’autre en quelque sorte. Il y a quelques heures encore, c’est donc avec son ancienne équipe qu’il préparait le grand week-end lyonnais des dimanche 27 et lundi 28 juin avec Grand Steeple-chase, Grande Course de Haies, étape du Défi du Galop et Quinté+ au menu. À Lyon, Julius Le Tutour était régisseur des hippodromes, ceux de Parilly et La-Soie. De ce point de vue, il est déjà à l’aise et formé à la gestion multi-sites. Il a pris ses fonctions le 1er juillet pour LeTROT et a accepté de se présenter tout en livrant quelques pistes sur sa manière d’aborder sa fonction. Entretien découverte.

Un mini CV
■ né le 1er octobre 1989 (31 ans)
■ Licence de management des activités équestres à l’IFCE
■ Régisseur Adjoint de l’Hippodrome de Compiègne
■ Régisseur des Hippodromes de Lyon d’avril 2019 à juin 2021

24H au trot.- Commençons par les débuts peut-être. Quelle formation a le nouveau responsable de Vincennes ?
Julius Le Tutour.- J’ai fait mes études à l’IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Equitation) à Saumur où j’ai obtenu une licence de management des activités équestres. J’ai aussi une double formation avec un instructorat pour être formateur d’enseignants dans l’équitation classique.

Cela veut dire que vous avez une formation dans l’équestre ? Et que vous êtes venu par cette voie aux courses ?
Tout à fait. J’étais à la base cavalier de jumping et s’est posée à un moment la question du choix de vie. Je savais que j’étais un cavalier honnête, voire bon, mais que je ne serais jamais champion olympique. J’avais une formation en poche dans le domaine du cheval, alors pourquoi ne pas garder un lien avec le cheval dans ma vie professionnelle ? Et on fait alors très vite le tour. Je me suis alors tourné vers les hippodromes et j’ai commencé à France Galop en tant qu’ouvrier de piste, à Saint-Cloud.

Mais votre nom n’est pas inconnu. Alain Le Tutour, le régisseur des pistes de Cagnes-sur-Mer est votre père. Vous avez donc baigné dans le milieu depuis toujours ?
Effectivement. J’ai toujours côtoyé la fonction de régisseur d’hippodrome puisque mon père, avant de prendre en charge Cagnes, était le régisseur de l’hippodrome d’Enghien, à l’époque où il y avait de l’obstacle.

Il y a donc une continuité familiale qui s’installe à Enghien… Après vos armes à Saint-Cloud, comment a évolué votre parcours ?
J’ai eu l’opportunité de devenir régisseur adjoint sur l’hippodrome de Compiègne au moment où les courses d’obstacle d’Enghien étaient déportées à Compiègne. Cela a été une belle expérience, très enrichissante, avec toute la technicité de l’obstacle. On devait recréer des parcours pour accueillir des courses d’Enghien car Compiègne n’était pas apte, dans sa configuration initiale et avec sa logistique de pistes, à recevoir ce nouveau programme. Il y a eu divers chantiers importants, comme l’arrosage automatique à revoir. Cela a été très formateur pendant deux ans. Puis une nouvelle opportunité m’a permis de devenir régisseur des deux hippodromes de Lyon, Parilly et La-Soie.

Dans ce cas, vous aviez à gérer les trois disciplines simultanément ?
Effectivement, la particularité était d’avoir tous les corps de pistes possibles : le gazon, la piste de trot en pouzzolane, le PSF pour le plat, toutes les disciplines de l’obstacle : des haies au steeple, en passant par le cross. C’est la seule société de courses française qui a sur ses deux hippodromes toutes les natures et disciplines possibles.

Pardon, mais Cagnes, avec sa PSF, sa piste de trot, sa piste en gazon, ses pistes d’obstacles ne serait-elle pas dans le même cas ?
Pas tout à fait : Cagnes n’a pas de cross ! J’avais cela en plus de mon père (rires).

Comment parler de votre expérience lyonnaise ?
J’y ai fait deux très belles années, y est connu des rencontres formidables. C’est aussi là que j’ai travaillé la technicité du trot et construit mes relations avec les socioprofessionnels. On se rend compte que les professionnels du trot, qui ont quasiment tous des pistes chez eux, ont des connaissances poussées dans le domaine de l’entretien des pistes.

Comment vous projetez-vous sur Vincennes maintenant ?
Il y a un encadrement et des hommes de pistes qui connaissent leurs pistes. Je vois une équipe qui fonctionne et qui roule. Il faut souligner que Mme Vigorito-Somson, qui est mon adjointe aujourd’hui, a fait pendant presque dix mois un très bon travail d’interim avec toutes les équipes. Aujourd’hui, ma venue au trot sur les hippodromes de Vincennes et d’Enghien sont pour pérenniser les fondamentaux du trot et aussi pour apporter un plus.


Sa présentation par LeTROT
A compter du 1er juillet, Julius Le Tutour prend en charge le management des équipes des hippodromes de Vincennes et Enghien, avec pour objectif de garantir au public et aux professionnels les meilleures conditions d’accueil et de déroulement des épreuves à l’occasion des 193 réunions annuelles organisées par LeTrot en région parisienne. Il exercera cette mission sous la responsabilité de Guillaume Maupas, Directeur Technique du Trot.

Vous êtes présenté comme chef des hippodromes ? De quoi parle-t-on ? De la technique, de la gestion ?
Effectivement, on ne parle plus de régisseur mais de chef des hippodromes parisiens. Mme Vigorito-Somson est mon adjointe. On est là pour amener une pierre à l’édifice car un responsable n’est rien sans ses hommes de pistes. Chef des hippodromes, c’est de la technique, du management, de la gestion administrative et budgétaire. Ce sont des fonctions très complètes qui ne nous cantonnent pas à l’image du métier qui veut que l’on soit seulement sur les pistes. Avec mon adjointe, on a les pistes, les bâtiments, le relationnel avec le service communication qui organise les événements, l’accueil des publics. On peut dire qu’on est un maître d’œuvre des hippodromes.

Les outils de travail au trot semblent au top à voir les chronos qui s’enchaînent et les records qui tombent à Vincennes. Quelle première impression à ce sujet ?
D’un œil extérieur, c’est le ressenti que j’ai aussi. Et il faut souligner que tout cela se fait sans avoir de plainte sur la piste de Vincennes par exemple car on pourrait avoir des remarques sur une piste trop ferme. Et là, pas un mot. Toutes les conditions sont réunies pour tout le monde : pour la sécurité et les chronos.

Un mot sur Enghien ? [NDLR : cet entretien a été réalisé quelques heures avant la première réunion officielle d’Enghien sous la responsabilité de Julius Le Tutour]
Sur la piste d’Enghien, je n’ai pas encore suffisamment de données pour m’exprimer. J’ai commencé un travail d’analyse avec les équipes. Je ne peux pour l’instant rien dire sans connaître plus et mieux.

Parmi vos gros chantiers, il y aura l’éclairage de la grande piste de Vincennes. Qu’en dire ?
C’est un dossier très important qui sous la responsabilité du chef du département des travaux de LeTROT, Monsieur Rafalovic. Les travaux ont bien commencé et doivent maintenant s’accélérer durant la période d’été. Pour l’instant, à titre d’information, on m’a présenté la fin du projet pour le mois de novembre. Pour moi, ce genre de projet est en quelque sorte une cerise sur le gâteau. J’ai beaucoup aimé la partie éclairage sur Lyon-La Soie. Cela ne paraît pas comme cela avant de se pencher sur le sujet. Tout paraît simple : on appuie sur un bouton et on allume les piliers. Mais, en fait, c’est beaucoup plus perfectionné que cela. On doit faire attention sur certaines zones aux ombres. Il y a aussi le choix de la luminosité que l’on veut. C’est un projet passionnant sur lequel je ne serai pas en première ligne mais qui nous concerne tous. Et il s’agit d’un sujet mobilisateur pour les équipes. Cela montre que les hippodromes bougent.

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