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Actualité - 07.07.2021

La baisse des partants à Vincennes Tribune et pistes de réflexion

Une arrivée à Vincennes il y a quelques jours.

Depuis le transfert d’un Quinté+ de trot au galop, vendredi 11 juin, en raison d’un manque de partants à Vincennes, la taille des pelotons sur l’hippodrome parisien est devenue un sujet de préoccupation majeure de l’institution du trot. Nous vous proposons ici une contribution, celle du Comité Régional du Trot Anjou-Maine. Cette tribune n’a d’autres objectifs que de partager l’état des réflexions menées par des élus socioprofessionnels et de susciter éventuellement d’autres propositions sur un sujet complexe.

Le Comité Régional du Trot Anjou-Maine est présidé par Jean-Philippe Mary. L’ensemble de ses membres a travaillé ces dernières semaines sur le sujet de la diminution du nombre de partants à Vincennes qui s’est concrétisé par le transfert du Quinté+ du vendredi 11 juin du programme de Vincennes à celui de Compiègne. Une réactivité et une complémentarité trot/galop qu’il faut bien sûr louer dans l’objectif commun de sauver la recette et, plus encore, de proposer la meilleure affiche pour générer les enjeux qui financent l’ensemble de la filière. La décision a d'ailleurs été la bonne avec une performance du quinté déplacé en termes d'enjeux supérieure aux précédents événements du vendredi. Il faut maintenant revenir à la cause originelle. Une inquiétude est née : celle de la capacité de Vincennes à proposer des quintés du genre (le vendredi soir) attractifs par leur nombre de partants et la qualité des participants.

TRIBUNE ET CONTRIBUTION DU COMITÉ ANJOU-MAINE SUR LE SUJET DE LA BAISSE DU NOMBRE DE PARTANTS À VINCENNES

Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant la baisse significative de partants sur notre hippodrome phare parisien et seulement nous lamenter. Le problème n’est pas nouveau. Le nombre de partants est en décroissance depuis au moins 2018 et il doit être au centre de nos préoccupations et de nos réflexions.

Voici les différents éléments du constat :
■ La baisse du nombre de partants dans notre épreuve support du quinté qui nourrit en grande partie la filière, avec 35 % de la source principale de la marge brute nécessaire à nos allocations.
■ Nous sommes conscients des raisons multi-factorielles de cette chute et nous nous sommes réunis au sein du comité régional Anjou-Maine pour nous concerter.
■ Pour cette réflexion générale, nous nous sommes appuyés sur plusieurs données comparatives rattachées aux périodes de 2020 et 2021.
■ Parmi les éléments qui s’imposent :
- le 1er point qui saute aux yeux, c’est la baisse du cheptel en fonction des tranches d’âge (respectivement de 9 % (sur l’ensemble de la France) et de 14 % (dans la seule Fédération Anjou-Maine)). Remarque : l’Anjou-Maine est la 2e région en nombre de partants.
- le 2e point : c’est le jeunisme qui croît et nos chevaux d âge qui sont impactés.

Justement, ce sont les chevaux de plus de 5 ans qui constituent le vivier de nos quintés. Les entraîneurs, propriétaires, éleveurs, drivers et jockeys sont unanimes : la compétition est arrivée à un tel niveau de performance que nos athlètes chevaux ont des carrières écourtées. Le dire, c’est quelquefois enfoncer des portes ouvertes mais il faut pourtant le rappeler. Les courses sont devenues très sélectives. Elles vont plus vite et font que chaque entraîneur choisit avec soin ses objectifs pour accroître les chances de son (ses) protégé(s).

Autre argument : « Éviter les combats inutiles »
La moyenne annuelle de participations d’un trotteur aux courses (nombre de fois où il court) a baissé de façon considérable ces dernières années (il est aujourd’hui entre 14 et 17 fois contre 17 à 20 fois auparavant). La question de la multiplication et de la généralisation du déferrage a aussi été soulevée sur ce thème. Tout cela a pour conséquence directe de générer des courses incomplètes.
Par ailleurs, les Grands Prix provinciaux ont la cote. Ils offrent un choix de pistes différentes, sont bons pour le moral des participants, etc.

Le problème des partants à Vincennes apparaît conflictuel car il faut protéger nos quintés à Vincennes sans « déshabiller » la province nécessaire à l’entretien des chevaux.
Aujourd’hui, le contexte financier et le choix judicieux des engagements font que l’entraîneur ne se déplacera pas pour se contenter d’une potentielle petite place avec une belle performance pour des « queues de radis ». « Marcher 1’11’’ pour être 8e bien couru » n’est plus attractif. Il faut y ajouter l’usure des déplacements à Paris et les frais associés. Leur décision se transforme souvent en « non, je ne cours pas dans la logique de préserver le cheval ».

Les entraîneurs se sont toujours adaptés au programme. Aujourd’hui, le programme doit-il s adapter aux effectifs ? Probablement oui.
Il y a un remodelage de fond à entreprendre ou des solutions à trouver pour apporter toujours une offre attractive dans la logique d’organisation des paris.
Nous sommes conscients des difficultés à trouver un échappatoire sans perdre de la ressource en préservant des écuries déjà bien mis à mal avec la baisse des allocations, la crise sanitaire du covid, la baisse des ventes, etc.


Les suggestions de nos socioprofessionnels sont pleines de bon sens :
■ réévaluer le quota des courses (et notamment la répartition au plus près du numerus closus) ;
■ aménager les courses concurrentielles des quintés pour assurer une protection de l’événement ;
■ inventer des incitations à tenter sa chance à Paris par un système de primes ;
■ déplacement ou suppression de la réunion du mardi ;
■ revoir le système de la catégorisation des courses qui ne correspond plus aujourd’hui aux profils des chevaux ;
■ revoir le logiciel professionnel (Infonet) pour le rendre plus réactif et non travailler sur des références à N-1 ;
■ considérer le déferrage comme un sujet de fond et le bien-être animal comme valeur permanente en toile de fond ;
■ développer des jeux plus attractifs, sur les quintés ou d’autres courses, en introduisant par exemple des formules mix cheval/driver-jockey, un concours sur les pilotes ou les entraîneurs d’une réunion, etc.

Les feux sont actuellement au orange. Être réactifs et efficaces n’est pas une tâche aisée. Le PMU se doit de fournir aussi l’impulsion nécessaire pour combler des déficits qui pourraient devenir irréversibles. Nous, les professionnels, fournissons les courses toujours dans la nouvelle logique de l’optimisation du programme. Le PMU se doit de cibler et faire son job, en renouvelant son offre. La croissance est entre ses mains.

La réalité nous rappelle toujours à l’ordre. Jean-Philippe Mary, président du Comité régional Anjou-Maine, salue les efforts de réflexion et de concertation des élus du comité ainsi que l’implication des entraîneurs locaux. L’idée est de faire remonter des idées du terrain, que chaque région soit force de proposition. La proposition est donc aussi que les autres Comités Régionaux s’emparent de ce sujet si important.
Ensemble, nous sommes plus forts. C’est aussi comme cela que l’avenir pourra conforter ces échanges et que les efforts entrepris seront concluants.







UN SUJET ÉTUDIÉ À LA LOUPE PAR LeTROT

La baisse des partants dans les programmes de Vincennes fait partie des sujets sur lesquels planche actuellement LeTROT. Le service Technique dirigé par Guillaume Maupas l'a notamment inscrit lundi dernier au "menu" de la Commission des Programmes. Il figure également à l'ordre du jour du Conseil d’Administration de la semaine prochaine.

En interne, dans la société-mère, l’enjeu est de développer une prise de conscience collective sur le sujet car ce sont bien les Quinté+ à Vincennes qui produisent le plus d’enjeux. La démarche participative du comité Anjou-Maine doit d’ailleurs, sous cet angle, être saluée comme l’adhésion de la base à une problématique qui est tout sauf uniquement parisienne.
Les raisons de la baisse de partants sont nombreuses et s’apparentent à une conjonction de différentes causes indépendantes, comme la concurrence des réunions au sein d’une même journée depuis la multiplication des réunions Premium, la concurrence de certaines conditions de courses, la baisse plus importante des allocations à Paris qu’en régions [lire aussi notre dossier dans notre édition du 10 juin par ce lien]. Le constat est que tous les éléments se sont cristallisés lors de ce printemps 2021 permettant au problème de prendre cette nouvelle dimension. C’est l’alignement des planètes, de manière négative, qui vient de se réaliser. Sans oublier la possible première conséquence de l’effet Covid avec une plus grande sélection des effectifs chez les entraîneurs.
Une méthode se met actuellement en place. Il s’agit d’abord de procéder à une vraie phase de diagnostic et d’étude pour éviter les idées reçues. Un travail d’analyse des nombres de partants, catégorie par catégorie, génération par génération, a ainsi été lancée. Il s’agira grâce à cette phase d’étude d’identifier les causes puis de les prioriser pour trouver les premiers remèdes.

Un calendrier qui mélange le court et le long terme
Ce dossier comporte à la fois un caractère d'urgence mais se conçoit aussi sur une rythmique de moyen et long terme. Ce ne sera sans doute pas la moindre des difficultés à gérer et maîtriser dans les prochains mois.

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