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Actualité - 14.07.2021

Garde Républicaine, courses : les chevaux sur tous les fronts

Hurricane Lane
Impressionnant vainqueur du Grand Prix de Paris

14 juillet 2021. Le défilé sur les Champs-Elysées conserve son rang. Celui d'un grand spectacle tout à la fois populaire et orchestré au millimètre, par un protocole de haute précision où rien n'est laissé au hasard. Dans ce déploiement des forces françaises, mariant la modernité à la pure tradition, les chevaux sont de la partie. Ceux de la Garde Républicaine qui constituent toujours l'un des moments forts du défilé. Ils sont pendant quelques minutes, lors de leur passage devant le chef de l'Etat - et chef des Armées -, l'ensemble de l'Etat Major des Armées et les officiels du jour, les ambassadeurs de toute une filière. L'édition 2021 n'a pas dérogé à la règle.

C'est la dernière unité montée de l'Armée Française. Il s'agit à proprement parler d'une singularité. Le régiment de cavalerie de la Garde Républicaine possède ce prestige propre aux plus anciennes institutions des armées, nourrie d'histoire, collectionnant les exploits et les souvenirs. Branche de la gendarmerie nationale, la cavalerie de la Garde Républicaine est composée de 470 chevaux, entourés de plus de 550 femmes et hommes, la plupart cavalières et cavaliers. Ce 14 juillet, ce sont 157 chevaux qui ont été mobilisés pour le défilé. La glissade de deux d'entre eux devant le poste présidentiel aura rappelé le caractère vivant d'un régiment totalement à part. Ses missions sont liées à la sécurité, allant de certains espaces (avec des patrouilles à cheval dans Paris, dans des massifs forestiers, sur des zones du littoral, etc.) aux interventions lors d'événements spécifiques (les grands sommets internationaux, certaines manifestations sportives, etc.).

Des critères de sélection précis
Généralement recrutés à l'âge de 3 ans, les chevaux de la Garde Républicaine doivent répondre à des critères spécifiques suivant un cahier des charges dont voici une formulation : « Le régiment de cavalerie de la Garde républicaine recherche des chevaux selle français de 3 ans, hongres ou entiers, porteurs, robe franche (alezan, bai, noir pangaré et gris fer), bons aplombs, bons pieds, calmes de caractère, taille de 1,65m à 1,70m et non ferré. » Les recrues suivent alors un débourrage pendant deux ans au centre d’instruction équestre de Saint-Germain-en-Laye puis apprennent leur métier de chevaux de cavalerie au sein du régiment. C’est un officier gradé qui prend en charge l’apprentissage du cheval. Pétards, fumées, escaliers ou encore soumission, les exercices du cheval de la garde républicaine sont divers et variés, lui demandant beaucoup de franchise et une relation privilégiée avec son cavalier.

Les couleurs de robe
La couleur de la robe a aussi son importance dans le choix des chevaux. Les chevaux des cuivres de la fanfare et du 1er escadron doivent être alezans. Les chevaux du 2ème escadron sont bais et ceux du 3ème escadron bais bruns. Quant aux timbaliers et aux chevaux de l’étendard, ils ont la robe grise.

Les missions du régiment de cavalerie de la Garde nationale sont aussi protocolaires, comme garde d'escorte présidentielle. Des détachements de cavalerie renforcent les deux autres régiments d'infanterie de la Garde Républicaine (à pied) dans leurs missions d'honneur et de sécurité dans les palais de l'État, en premiers lieux l'Elysée et Matignon. Les chevaux et la tradition équestre française occupent dès lors une place très importante aux yeux des étrangers et des différents dignitaires dans leurs rapports avec l'Etat français.

Quand la cavalerie se met au service de la filière équine
Difficile d'imaginer un Prix d'Amérique ou de l'Arc de Triomphe sans la présence et le défilé de la Garde Républicaine... à cheval évidemment. Cette fidélité n'est pas si anodine que cela dans le sens où elle renforce encore un peu plus, ou au minimum maintient, les liens entre les dirigeants nationaux et les courses. La présence du régiment de la cavalerie de la Garde Républicaine est, en soi, comme une délégation présidentielle.

Les autres chevaux du 14 juillet
Mais la dernière unité de cavalerie de l'armée française n'est pas la seule vitrine de la filière équine en ce 14 juillet. Les courses, bien sûr, sont de la partie avec une journée toujours riche en réunions. Au trot, ce sont quinze réunions (100% trot ou mixte trot et galop) qui étaient au programme avant que cinq d'entre elles ne doivent être reportées en raison des intempéries des derniers jours. Il faut encore ajouter quatre réunions intégralement au galop dont la désormais grande affiche de ParisLongchamp. De facto, la journée de la Fête Nationale est l'une des plus importante journée de l'année en termes d'offre hippique.



Quand le Grand Prix de Paris se combine avec 14 juillet
C'est dans le cadre de la refonte du programme du galop, en 2005, que le Grand Prix de Paris (Gr.1) a été déplacé au 14 juillet sachant qu'il se disputait antérieurement à la fin du mois de juin. Le Groupe 1 pour 3 ans a aussi changé de distance en l'occasion, passant de 2 000 mètres à 2 400 mètres pour créer un nouveau programme classique progressif aux meilleurs 3 ans (Poule d'Essai sur 1600m, Prix du Jockey Club et de Diane sur 2100 m, Prix de Paris sur 2400m). C'est le retour d'une forme (réaménagée) de Triple Couronne française. Créée en 1863 et initialement disputée en juin sur 3 000m, l'épreuve était devenue en 1883, avec la création des Poules d'Essai, le troisième volet d'un triptyque Poules d'Essai (1600m)-Prix du Jockey Club (2400m)/Prix de Diane (2100m)-Grand Prix de Paris (3000m). Aujourd'hui, le Grand Prix de Paris est devenu la Finale des Derbys européens comme le prouve nettement l'édition 2021 remportée par l'impressionnant anglais Hurricane Lane.
Remportée par Scorpion (Montjeu), l'édition inaugurale du 14 juillet, en 2005, a fixé d'emblée le record du parcours des 2400 mètres de Longchamp en 2'24''30. Parallèlement, la réunion parisienne est aussi devenue une fête populaire ouverte à tous.

La cavalerie de la Garde, voisine de l'hippodrome de Vincennes
L'unité cavalerie de la Garde Républicaine possède cinq sites en région parisienne. L'Etat Major (EM) de la cavalerie est basé, comme l'EM de la Garde dans son ensemble aux Célestins, boulevard Henri IV, sur un ensemble de quatre hectares dans Paris ! Quatre autres sites sont occupés par la cavalerie : un dans l'Ouest parisien, à Saint-Germain-en-Laye, et trois à l'Est de la capitale : à Saint-Maurice, Nogent-sur-Marne et au quartier Carnot. Officiellement dans le XIIe arrondissement de Paris, Carnot est voisin de l'hippodrome de Vincennes. Voilà encore de quoi rapprocher la Garde Républicaine de l'univers du trot.

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