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En bref - 19.07.2021

Jacques Berger : « Ce serait un plus »

Eleveur dans le Centre-Est, Jacques Berger, qui est par ailleurs à la tête de l'Association des Éleveurs de Trot du Centre-Est, est favorable à cette mesure qui permettrait de transporter de la semence réfrigérée et/ou congelée : « Personnellement, et c’est le cas de la majorité des éleveurs de la région, on est totalement concernés car nous sommes loin géographiquement des grands étalons, ce qui pose des problèmes sanitaires et budgétaires. Le fait d’être obligés de faire partir les juments entraîne des risques sanitaires et les coûts d’élevage sont forcément augmentés dans la mesure où les juments ne remplissent pas forcément la première fois et peuvent rester deux ou trois mois sur place voire plus. Si on continue à accorder cent cartes aux étalons de pointe, je ne vois pas ce qui pourrait dé-régulariser le marché ou créer des débordements ».

Une menace sur les bassins d'élevage selon Jean-Pierre Viel

Président de la Société du Cheval Anglo-Normand, Jean-Pierre Viel est opposé à cette modification pour diverses raisons dont celle de la défense d'un territoire (la Normandie principalement) reconnu pour son savoir-faire. « Je suis dans une région d’élevage intensif du trotteur où il y a un vrai savoir-faire, dans laquelle il y a eu des investissements financiers importants pour en faire un pôle d'excellence, rappelle-t-il. Je défends donc ma région, une région d’exception au niveau du cheval de courses. Si on décide de tout casser dans cette région pour aller faire plaisir au pire à plus de cinq cents juments sur toute la France... Avec cette proposition, on peut détruire toutes les infrastructures des bassins d’élevage, et ce n’est pas le cas seulement de la Normandie. »

Thierry Besnard : « Une très mauvaise nouvelle »

Thierry Besnard, président du SEPT (Syndicat des Étalonniers Particuliers de Trotteurs) et membre de la Commission de l’Élevage dans laquelle il s'est opposé à ce projet, réagit fermement à cet avis favorable : « Je ne suis pas surpris de ce vote mais c’est une très mauvaise nouvelle pour les courses françaises. Avec le transport de semence, il ne faut pas s’imaginer que le véto va arriver dans la cour et inséminer la jument comme dans les bovins. Ce n’est pas du tout comme cela que ça va se passer. Il faudra forcément amener les juments dans des centres de mise en place pour que les juments restent trois ou quatre jours. C’est un travail. Les frais vont être importants. Pour mieux maîtriser cette technique, il faut en faire suffisamment et avoir une bonne pratique technique.».

Une souplesse pour tout le monde pour Claude Guégan

Eleveur, créateur d'Equibiogènes, Claude Guégan milite pour le transport de spermes depuis plusieurs années. « Je pense que c’est un plus vu la technicité que l’on a désormais sur le travail de la semence, le développement et la facilité du transport logistique. C’est un service que l’on ne peut plus refuser aux éleveurs, ajoute-t-il. Tout doit très modulable. Il n’y a pas que du frais, que du réfrigéré ou que du congelé. Une grande partie se fera toujours en frais. C’est une souplesse que l’on apporte à tout le monde », estime-t-il. Par ailleurs, selon lui, les éleveurs de toutes les régions sont concernées : « On a focalisé le problème sur les régions excentrées qui étaient demandeuses mais le congelé ou le réfrigéré peut être une solution pour beaucoup d’éleveurs, même au sein du Grand Ouest. C’est une avancée à mes yeux. Tout ce qui est innovant ne peut pas être botté en touche. Le monde dans lequel on vit évolue, il n’y a aucune raison que le monde de l’élevage n’évolue pas à la même vitesse. La clé essentielle est le maintien du quota des 100 cartes par étalon. Pour moi, tant que l’on reste dans ce quota, il n’y a aucun problème ».

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