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Actualité - 15.08.2021

Le petit exploit de Quomète d’Avignère

Quomète d’Avignère n’a pas engendré de champion, mais elle a réussi un petit exploit, ces jours derniers, par ses deux fils interposés, Filou de Chardet et Guignol de Chardet, qui ont enregistré trois victoires au cours de la semaine. De quoi alimenter notre bien nommée chronique.

La forme des produits de Quomète d’Avignère 1’16’’ (Indy de Vive) est euphorique ! Son fils, Filou de Chardet 1’11’’ (Magnificent Rodney), vient ainsi de s’imposer par deux fois, à cinq jours d’intervalle, sur l’hippodrome de Saint-Malo, puis à Cabourg, dans le quinté de vendredi, tandis que, la semaine dernière, toujours, Guignol de Chardet 1’13’’ (Univers de Pan), frère cadet du précédent, a lui aussi passé le poteau en vainqueur, à Dozulé, sachant qu’il restait sur un succès, à la fin du mois de juillet, à La Capelle. C’est là l’entraînement de Philippe Daugeard et l’élevage de son épouse, Lynda. Depuis la fin du mois de mai, les deux frères ont gagné la bagatelle de huit courses. Ne serait-ce qu’à ce titre, leur mère mérite un coup de chapeau.

Au début de l'histoire, un achat judicieux
A l’origine de l’acquisition de Quomète d’Avignère, yearling, aux ventes de Caen, Philippe Daugeard commente à ce sujet : « Je l’avais achetée en provenance de l’élevage de M. Levasseur. Compétitrice, elle manquait de classe, mais elle était courageuse, dur au mal, gentille et très travailleuse. Au final, elle a gagné cinq courses et presque 70.000 euros. Cela m’a incité à la conserver à la reproduction, d’autant qu’il s’agissait d’une fille d’Indy de Vive, le père de Ready Cash. »

Une fratrie qui monte en puissance
Poulinière, Quomète d’Avignère commencera par donner deux produits qui ne se qualifièrent pas. Ce fut ensuite le tour de Filou de Chardet, immédiatement suivi de Guignol de Chardet, puis d’Icare des Thirons, propre frère de ce dernier, et de Jewel des Thirons, un fils de Dijon que Philippe Daugeard aime bien : « Je l’ai débourré et il me plaît. De même, j’ai qualifié Icare des Thirons, en mai, à Caen. Il a encore besoin de prendre de la maturité, mais, à terme, il devrait bien faire. La mère ne nous appartient plus. Nous l’avons cédé à un ami, l’éleveur des « Thirons » et de Be One des Thirons, en particulier, que nous exploitons favorablement, puisqu’il a tout de même remporté, à ce jour, dix-sept courses, pour près de 450.000 euros de gains. »
« Filou » et « Guignol », leur trait commun ? Le courage.

Physiquement, Filou de Chardet et Guignol de Chardet ne se ressemblent pas, mais leur trait commun, c’est la bravoure. Philippe Daugeard les décrit : « Filou de Chardet est un petit alezan, qui doit « toiser » un mètre soixante, tandis que Guignol de Chardet est un grand bai, flirtant avec le mètre soixante-dix. L’un ne plie pas la jambe, l’autre trotte du genou. Ce qui les réunit, c’est le courage. Ce sont des chevaux braves et besogneux, comme leur mère. Je suis d’autant plus heureux de la victoire de Filou, vendredi, à Cabourg, que celle-ci a eu lieu dans un quinté, à cinq jours d’écart avec sa précédente sortie victorieuse. Cela prouve que le cheval est mûr, maintenant, car, plus jeune, il ne récupérait pas bien. Il évolue dans le bon sens. Il est en train d’éclater, de s’épanouir. Il vient tout de même de signer sa cinquième victoire en huit courses cette année. Il se plaît bien corde à droite et, ainsi qu’il l’a montré vendredi soir, il est capable de partir de loin et de faire le dernier kilomètre. C’est davantage son sport que d’attendre les derniers deux cents mètres et de sprinter. A ce jeu, Guignol serait meilleur ; c’est un fils d’Univers de Pan et ceci peut expliquer cela. Tous deux vont se reposer un peu, maintenant, car ils ont beaucoup donné dernièrement. »

Filou de Chardet, 6 ans
34 courses, 10 victoires
137 060 €

Guignol de Chardet, 5 ans
24 courses, 6 victoires
69 830 €

Sous les auspices d’Ourfa et de… Calumet Delco !
Le pedigree de Quomète d’Avignère remonte à Ourfa 1’18’’ (1958-Quiroga II), sa quatrième mère, qui fut une toute bonne compétitrice, lauréate de quatre tournois semi-classiques et placée au plus haut niveau, comme deuxième du Prix de l’Atlantique et comme troisième du Critérium des 4 Ans. En digne petite-fille de l’américain clandestin, Calumet Delco –auteur de son père, Quiroga II–, Ourfa possédait beaucoup de vitesse, le prouvant en s’imposant sur le mile du Prix Henri Cravoisier, à Enghien. Le chef-d’œuvre d’Ourfa, au haras, sera Bragance 1’21’’ (Euripide), qu’achètera Albert Rayon, yearling, pour l’équivalent de 4.500 euros, ce qui n’était pas une petite somme à l’époque, soit à la fin des années 1960. Bragance récompensera l’éleveur ornais de son investissement, en course d’abord, s’imposant à sept reprises, dont deux fois à Vincennes, mais, plus encore, à l’élevage, où elle est à la base des réussites classiques de Pélican du Pont 1’15’’, Jalba du Pont 1’11’’ et Kenya du Pont 1’12’’, vainqueur du Critérium des 5 Ans. Pour ne citer que ce trio de choix, car on pourrait mentionner également Pacha du Pont 1’13’’ m., le père de l’actuel champion maison Davidson du Pont 1’09’’, lequel est, d’ailleurs, par une fille du susnommé Pélican du Pont, ce qui lui confère un inbreeding sur Bragance (4x3).

Comme on se retrouve...
Pour conclure, on se doit de mentionner que Philippe Daugeard est heureux avec cette parentèle, dans la mesure où son crack, Univers de Pan, est précisément un fils de Kenya du Pont. Or, Univers de Pan est le père, on l’a vu, de Guignol de Chardet, celui-ci se trouvant ainsi consanguin sur Ourfa (6x5). Il l’est aussi, à l’instar de son demi-frère aîné, sur Florestan (4x5).


En photo ci-dessous : le blond Filou de Chardet (au centre avec le numéro 6) quand il remporte vendredi soir sa 2ème course en l'espace de cinq jours et donc la 4ème victoire pour la fratrie en deux semaines.


Viking's Way 1'15''6 Mickey Vicking (US)
Indy de Vive 1'11''9 Josubie 1'19''1
Tekiflore 1'19''8 Kepi Vert 1'16''2
QUOMETE D'AVIGNERE Morgaflore 1'22''2
Jet du Vivier 1'18''5 Sabi Pas
Kirva d'Avignere Ua Uka
Volte d'Avignere Valmont
Adina

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