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Actualité - 26.09.2021

Girly Béco : géante dans le Prix des Elites

Cela fait quarante ans que j’attendais ce bonheur.
Gilbert Cougé

Elle est petite par la taille et a souvent dû se contenter des seconds rôles dans les rendez-vous les plus prestigieux. Ce dimanche, la "petite" Girly Béco s'est muée en géante dans le Prix des Elites (Gr.1), passant aussi de l'ombre à la lumière donnée aux vainqueurs de Groupe 1. C'est la victoire de la fraîcheur et de l'amitié avec un entourage qui connaît une première consécration à ce niveau.

L'opposition de style a été totale ce dimanche à Vincennes, entre la puissante Granvillaise Bleue (Jag de Bellouet) et la petite Girly Béco (Tiégo d'Etang). Plus de dix centimètres les séparent sous la toise. Dans une épreuve disputée à un rythme élevé, sous l'impulsion des 3 ans, et au premier chef d'Inouï Danica (Boccador de Simm), qui a tenté crânement sa chance dans l'esprit même du concept de course poursuite, les aînés n'ont pu faire la jonction qu'à la sortie du dernier tournant ! Et c'est un peu avant que s'est sans doute dessiné le dénouement final. Granvillaise Bleue qui avait emmené avec elle Girly Béco dans la montée doit contourner - par l'extérieur - Hilyrose d'Icelea (Quopeck) quand Girly Béco peut plonger dans un couloir intérieur.
L'entraîneur de la gagnante, Maxime Bézier, a bien sûr relevé ce point dans son debrief : « Ce qui a été déterminant, c’est qu’elle a pu se faufiler en dedans dans le dernier tournant. »
À 38 ans, le professionnel mayennais décroche son premier Groupe 1 et imite son père, Antoine, couronné au même niveau avec A Novo en 1991. Le tout AVEC des propriétaires fidèles, Hervé Guérin et Gilbert Cougé, ce dernier ayant des chevaux depuis quarante ans chez et avec la famille Bézier.

Le record de l'épreuve en 1'10''5
1'10''5. Pour un dixième de seconde, Girly Béco (Tiégo d'Etang) reprend à Feeling Cash (Ready Cash) le record de l'épreuve que le précédent vainqueur du Prix des Elites avait établi l'an dernier. Granvillaise Bleue est créditée de la même réduction kilométrique et est donc codétentrice du record. Seuls deux chevaux sont allés plus vite à Vincennes sous la selle : Bilibili (Niky) et Etonnant (Timoko), auteurs de 1'10''0 dans le Prix de l'Île-de-France (Gr.1) 2020.

Une victoire non programmée
Dans le camp des gagnants, on savoure d'autant plus que la pression n'était pas présente au départ. La participation à ce Groupe 1 s'est décidée tardivement selon Maxime Bézier et la victoire s'est construite grâce à des circonstances favorables : « Cette course n’était pas forcément prévue à son programme. On l’a courue parce qu’elle était très bien rentrée du "Normandie" et que la course s’était un peu creusée avec seulement trois 3 ans en tête. On courait pour la troisième ou quatrième place. Elle a eu un super parcours et on a profité du malheur des autres, notamment du fait qu’Hirondelle du Rib et Ici C’Est Paris ont vite été au galop. »

Les bonnes options de Guillaume Martin
La contribution de Guillaume Martin a été déterminante dans ce succès. Le jockey, qui connaît ici son premier titre de Groupe 1, évoque les bonnes options : « Elle n’est pas grande mais est impressionnante par son cœur et son envie. Elle s’adapte à tout. Ce qui m’inquiétait, c’était de courir huit jours après le "Normandie". Ce qui a été décisif, c’est son super parcours. On n’avait pas la marge pour gagner sans prendre de bonnes options. Et les deux ou trois que j’ai prises ont été les bonnes, notamment dans le dernier tournant. Elle a énormément progressé ces derniers temps, s’est endurcie. Maxime a fat un gros boulot le matin. Avec elle, tout le monde repousse un peu ses limites. »
La première d'une équipe sous le sceau de l'amitié
L'association en œuvre derrière Girly Béco l'est sur toute la ligne : de l'élevage (Hervé Guérin) à la propriété (Hervé Guérin, Gilbert Cougé, Maxime et Antoine Bézier). Mis à part Antoine Bézier, tous vivent ici leur premier sacre dans un Groupe 1. Au centre de tout, il y a l'entraîneur Maxime Bézier qui nous explique : « C’est mon premier Groupe 1. Idem pour mes associés qui sont des amis de longue date. Avec cette équipe, c’est encore plus un plaisir. Gilbert Cougé, cela fait quarante ans qu’il a des chevaux à la maison, d’abord avec mon père puis avec moi. »
L'émotion est à fleur de peau chez Gilbert Cougé qui a besoin de reprendre ses esprits avant de nous déclarer : « Je suis bouleversé. C’est mon premier Groupe 1 ! Cela fait quarante ans que j’ai des chevaux. Ce n’est pas mes couleurs mais je l’ai élevée avec Hervé Guérin et messieurs Bézier père et fils. C’est le vrai bonheur et cela fait quarante ans que je l’attendais. Je n’ai plus de cœur avec toutes ces émotions ! »

De Verveine Gédé à Girly Béco : le rôle d'Antoine Bézier
Père de Maxime, retraité mais toujours à ses côtés, Antoine Bézier nous a parlé de sa représentante et de ses origines : « On l’a toujours vue bonne au monté et meilleure sur courte distance. Plus elle travaille, meilleure elle est. Elle progresse tout le temps, je trouve. J’aimais bien la souche d'Eringa et on avait acheté sa mère Verveine Gédé à Mme Dreux. Elle était petite avec une bonne tête. Elle était moyenne en courses mais j’ai toujours pensé que cela ferait une bonne poulinière. Girly Béco ressemble d’ailleurs à sa mère. On a cherché à croiser Verveine Gédé avec un cheval qui avait de la vitesse et des aptitudes au monté. Voilà pourquoi on a fait un arrangement avec Monsieur Adam lors d’un bon repas pour Tiégo d'Etang. C’est une histoire de convivialité au départ. Entraîneur public est un métier extraordinaire : on fait plaisir à des gens en trois minutes. On les fait vibrer en trois minutes. »

Prochain objectif : le Prix des Centaures
D'une course poursuite à l'autre. Voilà comment on pourrait désormais parler de Girly Béco quand l'entraîneur nous dévoile la manière dont il se projette avec elle : « Elle va maintenant se reposer un peu avant de préparer l’hiver. Elle aura droit au Prix de Centaures en fin d’hiver qui est une super option pour elle. Je ne pense pas qu’elle ira dans le Cornulier. C’est une course dure avec beaucoup de partants. Elle pourra se préparer à l’attelé mais elle manque de maniabilité. Elle reste capable de prendre des quatrièmes ou cinquièmes places sans prendre dur. »

Du côté des battus
Du côté de la deuxième, Granvillaise Bleue, battue de très peu, à la photo finale, on peut parler de déception. Pour le reste, les principaux protagonistes classés tirent plutôt matière à satisfaction de leur classement. Ici C'Est Paris (Dollar Macker), rapidement fautif dans la descente puis disqualifié, et Hirondelle du Rib (Rolling d'Héripré), également fautive au départ et reléguée à distance des premiers, ne peuvent réellement être jugés dans ce Prix des Elites.
■ Camille Levesque (Granvillaise Bleue – 2e) : « La jument fait une super course et c’est rageant d’être battues de si peu. On ramène le wagon des aînés avec Girly Béco dans notre dos. Dans le dernier tournant, ce qui est dommage c’est qu’on est obligés de voyager à l’extérieur d’Hilyrose d’Icelea, qui n’a plus de gaz, pendant que Girly Béco a pu plonger à l’intérieur. Ce dernier tournant nous coûte très, très cher. »
■ Alexandre Abrivard (Gospel Pat – 3e) : « Il avait été préparé pour cette course qui était ouverte. Qu’il soit troisième n’est pas une surprise. Je l’ai monté pour être quatrième et on est troisième. C’est une belle performance. »
■ Paul Ploquin (Idéale du Chêne – 4e) : « Le faux départ ne l’a pas déstabilisée et elle s’est bien élancée lors du deuxième départ. On a chassé derrière le cheval de tête. Elle n’avait pas eu de vrais parcours dans les jambes récemment et cela nous coûte un peu dans les 500 derniers mètres. En fait, elle court super bien. »
■ François Lagadeuc (Inouï Danica – 5e) : « Le cheval court bien. Le faux départ lui a un peu vidé le réservoir comme on dit. Je voulais descendre pour profiter de notre avance et il ne démérite pas pour conserver une place dans un bon chrono (1’12’’9). On n’a rien à lui reprocher. Il sera certainement mieux contre les seuls membres de sa génération. »

D'où vient-elle ?

Premier produit de Verveine Gédé 1'15 (Diamant Gédé), titulaire de 2 victoires, déjà pour le compte de la même association Hervé Guérin, Gilbert Cougé, Antoine et Maxime Bézier, elle a un frère qualifié et placé : Himoko Béco 1'17 (Timoko). Elle descend de la classique "Dreux" Eringa, sa cinquième mère.

5e | PRIX DES ELITES
M - 2200 m - Groupe 1 - 200 000 €
GIRLY BECO 1'10"5
Tiego d'Etang x Verveine Gede (Diamant Gede)
Jockey : G. Martin - Entraîneur : M. Bezier
Propriétaire : E. H. Guerin - Eleveur : E. H. Guerin
2e Granvillaise Bleue 1'10"5
3e Gospel Pat 1'10"7
4e : Ideale du Chene - 5e : Inoui Danica - 6e : Hirondelle du Rib - 7e : Galla de Manche
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