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Actualité - 22.09.2020

René Guézille : « Jean-Michel Bazire a su attendre mes chevaux »

On sait que ce sont les bons chevaux qui nourrissent les autres.
René Guézille

GUEZ. Quatre lettres mystérieuses pour quiconque ne fréquente pas le monde des courses. Mais là, au trot, c’est une marque désormais pluridécennale. Guez, c’est René Guézille. Après la star Kazire de Guez et la vedette Quoumba de Guez, on parle maintenant de Dorgos, Chalimar et Druss de Guez. Les trois enchaînent actuellement les exploits et propulsent le propriétaire au firmament de la réussite hippique.

L’homme est entrepreneur dans l’âme. René Guézille vit à Angers, élève aux confins de la Sarthe et de la Mayenne et pêche le gros dans le Morbihan. Il a tout fait, de l’informatique des années 1980 au monde de la nuit du début des années 2000. Aujourd’hui, il continue dans l’immobilier, reconnaissant : « J’ai un peu levé le pied mais je travaille toujours un peu. » C’est d’un bateau que l’éleveur propriétaire nous parle des courses. Un de ses compagnons profitera de notre échange pour ferrer et ramener à bord un thon de soixante kilos. « Pas très gros », selon notre interlocuteur. Quand même, « cela fait de beaux steaks » lui rétorque t-on.

Les statistiques du propriétaire sont ahurissantes. Depuis le 1er juillet, la casaque de l’Ecurie Vautors, qui a succédé à celle personnelle de René Guézille, a signé 15 victoires en 42 tentatives seulement (36 %). Sans un élément de tout premier plan (comprendre qui s’est imposé dans un Groupe 1), l’écurie a engrangé plus de 315 000 euros sur la période. Dorgos de Guez (Romcok de Guez) reste sur trois succès dans des Groupes 3. Chalimar de Guez (Nahar de Béval) vient de remporter un deuxième Groupe 3 au monté après un premier en juin. Druss de Guez (Neutron du Cébé) compte quatre succès lors de ses cinq dernières prestations. Aujourd'hui encore (lire lundi), un représentant Guézille s'est imposé. Gitan de Guez (Niky) a signé son forfait à Craon.


Statistiques de l’Ecurie Vautors depuis le 1er juillet
■ Nombre de chevaux : 14
■ Courses courues : 42
■ Nombre de victoires : 15 (36 %)
■ Nombre de places : 5
■ Cumul des gains : 318 670 €


24H au Trot – Comment expliquer ce moment de grande réussite où tout finit – souvent – en succès pour vous ?
René Guézille – Jean-Michel Bazire est un entraîneur extraordinaire. Il a attendu ses chevaux, mes chevaux en l’occurrence, et comme il les estime dorénavant très matures, il les a travaillés davantage. En fait, il a accéléré la cadence, a un peu plus insisté à l’entraînement et fait le programme en détail pour chacun. Et cela paie toujours.

Chalimar de Guez est un miraculé. Est-ce que ses problèmes de santé n’ont finalement pas été un mal pour un bien ?
Oui, je pense aussi. Chalimar a souffert de coliques. Il en a fait plusieurs de suite. On a failli le perdre. C’est ce qui l’a beaucoup retardé. Et je reviens à votre question, cela a été un mal pour un bien. Jean-Michel aime travailler ses chevaux à partir de 5 ans, et ensuite à 6 et 7 ans. Disons, à mon avis, que c’est plus sa nature. Pour moi, il est moins entraîneur de jeunes chevaux. Chalimar avait toujours montré de la qualité mais il était stressé et nerveux. Un sujet à coliques avec lequel on n’a jamais pu monter dans les tours à l’entraînement lorsqu’il était jeune.

Votre effectif a-t-il changé ces derniers temps ?
Il est à globalement stable avec toujours une vingtaine de poulinières – quand même – et donc 18 à 20 poulains par an. L’écurie se porte bien parce qu’on sait que ce sont les bons qui nourrissent les autres.

Ce qui frappe dans vos succès, c’est que les pères de vos chevaux ne sont pas membres des hauts des tableaux.
C’est vrai et je suis toujours un peu malheureux de ce point de vue. Tous les ans, je tente quelques saillies très haut de gamme mais, jusqu’à présent, je n’ai pas été spécialement heureux avec les étalons de tête. Je suis allé à Ready Cash à ses débuts. Je suis allé à Love You et Coktail Jet mais cela n’a jamais performé comme on l’espérait. Mais cela va venir.

Cela plus de vingt ans que vous êtes client et ami de Jean-Michel Bazire. Que peut-on dire de votre collaboration aujourd’hui ? C’est toujours comme avant ?
Oui, complètement. On se voit toujours régulièrement. On est toujours dans le même type de collaboration.

Avec votre sensibilité de chef d’entreprise, comment réagissez-vous aux moments que les courses traversent actuellement ?
Je trouve que la nouvelle équipe du Trot se bouge. On sent qu’il y a des choses qui évoluent, notamment en termes de marketing, de communication. Il faut leur laisser le temps de bien tout appréhender mais, compte tenu des événements difficiles (NDLR : la crise sanitaire), je trouve qu’ils s’en sortent bien. Il y a beaucoup d’initiatives. Il faut qu’on (NDLR : les socioprofessionnels) les épaule. C’est le sentiment que j’ai. Evidemment, ce n’est pas facile de traverser des crises comme celle qu’on connaît. J’ai l’impression que la nouvelle équipe est à l’écoute et positive, ce qui est déjà très bien. Elle est à la recherche de nouveaux propriétaires, de plus de communication entre entraîneurs et propriétaires. Cela me semble être sur le bon chemin.







Comment vous êtes vous adapté à la baisse des allocations ?
On voit évidemment la différence dans nos budgets. On le sent tout de suite. Mais on savait depuis un certain nombre d’années que cela allait mal se passer car la société (NDLR : LeTROT) perdait régulièrement de l’argent. Ce qui devait arriver est arrivé. Espérons que la nouvelle équipe puisse retrouver des parts de marché, trouver de nouveaux débouchés avec le PMU, que les nouvelles équipes galop et trot s’entendent bien avec les dirigeants du PMU et que tout le monde soit très motivé.

Quelles sont vos principales attentes en tant que propriétaire ?
Il faut qu’on retrouve les allocations le plus vite possible. On sent moins la baisse des allocations sur les « petites » courses mais, sur toutes les belles courses parisiennes ou de province, quand on fait la différence, c’est important. Mais évidemment, cela ne sera possible que s’il y a de l’argent dans les caisses.

Que diriez-vous du PMU dans son rôle de financier des courses ?
C’est difficile d’appréhender le travail de fond du PMU qui communique peu sur ses indicateurs. Ce n’est pas très lisible. Equistratis avait mis un bon coup de pied dans la fourmilière, cela avait fait bouger beaucoup de monde. Cela avait été très très positif – à eux de rester positif d’ailleurs aujourd’hui. Cela a mis en évidence certaines sélections qui auraient dû être faites avant et certaines manières de travailler vers lesquelles il faut aller. Est-ce qu’on a pris les bonnes notes de tout ces travaux ? On n’a pas assez de chiffres, de compte-rendus clairs pour suivre l’évolution en cours. La communication des chiffres PMU, et d’ailleurs aussi de la SECF, ont toujours été difficiles. Il faut que cela s’améliore de ce point de vue. Maintenant, je pense qu’on doit faire confiance dans les gens qu’on a élus et dans ceux qui sont en place aujourd'hui.

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