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Actualité - 22.10.2021

Le Grand Prix des Nations : une histoire française

Varenne
Vainqueur et père d'une gagnante du GP des Nations

Le Grand Prix des Nations (Groupe 1 - 220.000 € - 2.250 mètres, autostart), programmé samedi, à Milan, est l’épreuve vedette du week-end en Europe. Il a réuni neuf concurrents, dont une prétendante française, Elsa de Belfonds, sachant aussi que le champion italien Vivid Wise As y sera associé à « notre » Matthieu Abrivard. La tenante du titre, Billie de Montfort [photo de sa victoire ci-dessus], est française. Elle a inscrit son nom dans le cadre d’une sorte de tradition nationale, marquant l’épreuve du sceau tricolore. Retour sur le passé de la course et analyse des forces en présence.

Que de souvenirs heureux et glorieux, pour la France, dans le Grand Prix des Nations ! Dès les années 1960, nos championnes, Ozo et Roquépine, défrayèrent là-bas la chronique, la première s’imposant dans l’édition de 1964, aux dépens de l’italien Steno et d’un autre concurrent français, Oscar RL, avant que la seconde ne réussisse un coup de deux, en 1966 et 1968. Il faut ajouter qu’au début de la décennie, en 1962, Newstar, sous bannière italienne, mais pour notre élevage – la jument ayant été exportée par-delà les Alpes –, avait fait afficher un jumelé « franco-français », en binôme avec Ozo. Dans les années 1970, Une de Mai prit tout de suite le relais, gagnant, coup sur coup, en 1970 et en 1971. Dix ans plus tard, Jorky (1980) et Idéal du Gazeau (1981, 1982) enchaînaient, prenant même les deux premières places lors de la première des deux victoires du second nommé. Noble Atout suivra, en 1986.

Une course aux affinités féminines
Le Grand Prix des Nations est une course qui sourit particulièrement aux femelles. Ainsi, sur les quatorze succès français ou assimilés depuis les années 1960, neuf ont été signés par des juments, à savoir Newstar, Ozo, Roquépine (x2), Une de Mai (x2), Olga du Biwetz, Uza Josselyn et Billie de Montfort. Cela vaut également pour les représentants des autres pays, puisqu’on trouve notamment au palmarès de la course les championnes étrangères que furent Eileen Eden (1969), Charme Asserdal (1978), Grades Singing (1987, 1988), Peace Corps (1990) et autres Moni Maker (1997, 1998). Elles sont deux femelles au départ dans la présente édition, Elsa de Belfonds et Toscarella.

Après Noble Atout, il faudra attendre plus de vingt ans pour qu’un tricolore renoue avec le succès. Ce sera Oiseau de Feux, en 2007, ouvrant la voie à Olga du Biwetz, lauréate en 2010. Nous sommes, en outre, les tenants du titre, avec Billie de Montfort, et le succès d’Uza Josselyn, en 2017, aux couleurs de la Suisse, peut être considéré, lui aussi, comme français, au moins officieusement, eu égard à l’origine et à la provenance de la championne de l’élevage Bernard.

Que de souvenirs heureux et glorieux, pour la France, dans le Grand Prix des Nations !
Cette année, nous aurions pu avoir trois émissaires, puisque Dorgos de Guez et Drôle de Jet étaient pressentis, en plus d’Elsa de Belfonds (Tornado Bello), mais, à la différence de la jument, le hongre et le mâle ont finalement été retirés. La représentante de l’Ecurie Thomas Levesque et de Nicolas Ensch sera donc la seule tricolore en lice. Ayant plus d’un demi-million d’euros de gains et un record de 1’09’’, elle apprécie les pistes plates et excelle dans l’exercice de la vitesse, ainsi que l’atteste sa troisième place, cet été, sur le mile du Grand Prix du Département des Alpes-Maritimes (Groupe 2), à Cagnes-sur-Mer, où elle ne trouvait devant elle que les « Groupes 1 » Vivid Wise As et Drôle de Jet. Elle a aussi pour elle d’avoir déjà bien couru en Italie, à Montecatini, et d’avoir tiré un bon numéro derrière la voiture (N.D.L.R. : le 3).
L’autre présence française, samedi, à Milan, est celle de Matthieu Abrivard, installé au sulky de Vivid Wise As (Yankee Glide), comme il l’est, maintenant, depuis l’été, non sans réussite, puisqu’ils ont gagné, tous les deux, le Grand Prix du Département des Alpes-Maritimes. Après avoir remporté leur batterie, ils viennent, toutefois, d’échouer nettement dans la finale de la « Lotteria ». Matthieu Abrivard revient sur cette défaite et se projette vers la course de samedi : « Dans la finale de la Loterie, je n’ai pas pu prendre la tête comme je le voulais. Alrajah One m’a contré durement et j’ai été contraint de voyager à deux nez au vent. Et puis quand Face Time Bourbon est sorti, le mien a pris un coup au moral. Bref, la course s’est mal passée. On va essayer de se rattraper cette fois. Nous partons en première ligne, au couloir 5. J’ai Vitruvio et Alrajah One, deux de mes principaux opposants, à mon extérieur (N.D.L.R. : respectivement au couloir 6 et au couloir 7). Le premier tournant arrive assez vite et il va falloir que je m’efforce de prendre la tête et de la garder. J’ai bon espoir. Pour moi, ce rendez-vous se présente bien. J’espère que nous allons prendre notre revanche. » En tout état de cause, le double vainqueur du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, en 2020 et en 2021, également lauréat du Prix de l’Atlantique, en 2021, devrait s’élancer dans la position de favori.

Gran Premio delle Nazioni (Grand Prix des Nations)
2.250 mètres autostart - 220.000 €
# partant / driver
1. Zaccaria Bar / A. Gocciadoro
2. Rushmore Face / E. Loccisano
3. Elsa de Belfonds / N. Ensch
4. Atik Dl / M. Pistone
5. Vivid Wise As / M. Abrivard
6. Vitruvio / A. Guzzinati
7. Alrajah One / R. Vecchione
8. Agrado / F. Di Stefano
9. Toscarella / Mass. Castaldo
Dix fois deux
Depuis le doublé de Roquépine (1966, 1968), neuf autres vainqueurs ont réussi le même exploit, de Une de Mai (1970, 1971) à Opal Viking (2008, 2009), en passant par Timothy T (1974, 1975), Pershing (1977, 1979), Idéal du Gazeau (1981, 1982), Grades Singing (1987, 1988), Crowning Classic (1995, 1996), Moni Maker (1997, 1998) et Victory Tilly (2001, 2002). Cette année, aucun candidat n’est en lice pour la passe de deux.

« Le premier tournant arrive assez vite. Il va falloir que je m’efforce de prendre la tête et de la garder. », Matthieu Abrivard, driver du favori, Vivid Wise As

Déjà cités Alrajah One (Maharajah) et Vitruvio (Adrian Chip) seront également en vue. Le premier vient de remarquablement se comporter à Naples, dans le Grand Prix de la Loterie, en battant Face Time Bourbon dans l’éliminatoire et en ne s’inclinant que devant lui dans la finale. C’est un candidat à la victoire. Le second représente la même ligne, puisqu’il s’est classé troisième de la Loterie, après avoir vaincu sous la selle en Suède. Autre chance prépondérante, d’autant qu’aux soins du redoutable Alessandro Gocciadoro, s’élançant avec le numéro un derrière l’autostart, Zaccaria Bar (Ready Cash) demeure sur un succès aisé dans le Grand Prix de Trévise, aux dépens, notamment, d’Agrado (Ganymède), deuxième, et d’Atik D.L. (Look de Star), cinquième, qu’il retrouve ici et qui ne semblent guère avoir de chance de revanche. Les vétérans Rushmore Face (Joke Face), 8 ans, et Toscarella (Varenne), 9 ans, complètent le champ, a priori sans grande prétention.

Les étalons français à la hauteur
Quatre des neufs partants sont issus d’étalons français, Elsa de Belfonds, au premier chef, bien sûr, fille de Tornado Bello, mais également Zaccaria Bar, fils de Ready Cash, Atik D.L., né des œuvres de Look de Star, et Agrado, par Ganymède. Le Grand Prix des Nations réussit d’ailleurs bien aux géniteurs hexagonaux, qui, en plus d’être les auteurs de nos vainqueurs, le sont aussi de plusieurs lauréats étrangers, tels Moses Rob (2015), fils de Ganymède, Express Road (2006), qui a pour père Passionnant, Lets Go (2005), issu d’Aristote, ou encore Charme Asserdal (1978), fille de Train Bloc.

L’exception Varenne
Depuis cinquante ans, un seul étalon ayant remporté lui-même le Grand Prix des Nations est parvenu à produire un vainqueur de la course. Il s’agit du crack italien Varenne, gagnant en 1999 et père de Princess Grif, lauréate en 2016. Cet automne, Varenne délègue une autre de ses filles, Toscarella.

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