... © Aprh
Actualité - 26.10.2021

Eclat de Gloire, à la mémoire d’une matrone historique

Féerie Wood, soeur d'Eclat de Gloire
Une jument gagnante du Championnat Européen des 5 Ans et titulaire de plus 500.000 € de gains

Avant cet automne, Eclat de Gloire 1’10’’ ne s’était encore jamais imposé au niveau des Groupes 2. Or, voilà qu’en l’espace d’un mois, il s’en adjuge deux, dans le cadre du Tour Européen du Trotteur Français, à savoir le Grand Prix des Baléares, en Espagne, puis le Grand Prix de la Toussaint, en Belgique. Du même coup, il s’octroie le Tour au classement général. Une fort belle réussite d’ensemble à mettre à l’actif de cet élève de Jean-Pierre Dubois et des siens (Ecurie D).

Mais de quelle matrone historique de l'élevage français descend Eclat de Gloire (Tiégo d’Etang) ? Tout simplement de Sa Bourbonnaise.
Commençons par le début de l'histoire. Dans les années 1990, Jean-Pierre Dubois s’est rendu chez Bertrand Deloison, au Haras du Buisson, et lui a acheté plusieurs chevaux. Le meilleur de ceux-ci a été Hermès du Buisson 1’14’’, un fils de Buvetier d’Aunou 1’14’’ et de la classique Neuilly 1’16’’ (Amyot), avec lequel il a remporté le Critérium Continental. Parmi eux, il y avait aussi Féerie du Buisson 1’19’’, la grand-mère d’Eclat de Gloire. Laissons l’intéressé évoquer cette dernière : « Elle « trottait », mais elle n’est pas parvenue à gagner, devant se contenter d’une dizaine de places en assez bonne compagnie. Elle était par Istraéki et Utopie du Buisson, une sœur, par Ura, d’Hermès du Buisson. »
Jean-Pierre Dubois continue encore au sujet de Féerie du Buisson : « Au haras, elle a été prolifique, ayant eu dix-sept produits (N.D.L.R. : dont douze se sont qualifiés et dix ont gagné). Le plus talentueux d’entre eux sera Olitro, un très bon fils de Ganymède, ayant un record de 1’11’’, avec lequel j’ai été deuxième du Critérium des 4 Ans et du Prix Albert Viel. Et encore connaissait-il des problèmes de gorge, qui le handicapaient, surtout pour finir ses courses. Je l’ai vendu pour faire un étalon, mais il n’a pas tracé, n’étant peut-être pas non plus confronté à la jumenterie adéquate. Avec Défi d’Aunou, Féerie du Buisson a également eu La Fée, une pouliche de classe, aux performances semi-classiques. »

« C’est une famille de chevaux plutôt tardifs, qu’il faut savoir attendre, si l’on veut leur donner leur chance », Jean-Pierre Dubois

C’est d’une autre fille de Féerie du Buisson qu’est né Eclat de Gloire, en l’espèce Vive Fée, une « Love You » restée inédite, mais prenant, visiblement, son rôle de reproductrice très à cœur, puisqu’elle est non seulement la mère d’Eclat de Gloire, mais celle de l’excellente Féerie Wood 1’10’’ (Rockfeller Center), lauréate, en 2020, du Championnat Européen des 5 Ans (Groupe 1) et du Prix Ténor de Baune (Groupe 2). Et Jean-Pierre Dubois de poursuivre : « D’une manière générale, c’est une famille de chevaux plutôt tardifs, qu’il faut savoir attendre si l’on veut leur donner leur chance. Féerie Wood est arrivée à maturité à 5 ans et Eclat de Gloire ne fait que se bonifier en vieillissant. A cet égard, ils sont tous les deux bien exploités, la jument par les Abrivard et le hongre par Loris Garcia. »

Une famille particulièrement appréciée du « chef »

Si Jean-Pierre Dubois s’est intéressé, en particulier, à cette famille, c’est, comme souvent avec lui, parce qu’il lui a été donné, par le passé, d’en apprécier la qualité des membres, soit qu’ils les ait affrontés, soit qu’il ait eu l’occasion de les driver. C’est ainsi qu’il raconte : « Neuilly, la mère d’Hermès du Buisson et la grand-mère, donc, de Féerie du Buisson, était toute bonne. Elle avait gagné le Critérium Continental, devant sa cousine, Natacha du Buisson, après s’être classée deuxième de Noble Atout dans le Critérium des 3 Ans. Nous courions contre elle avec Nesmile, la future mère de Buvetier d’Aunou et Défi d’Aunou, et nous l’aurions peut-être devancée, pour la deuxième place, dans le Critérium des 3 Ans, si la mienne n’avait pas commis une faute. Il y a plus longtemps, j’avais mené Sandra, une grand-tante de Neuilly, pour M. Van Rillas, à Cagnes-sur-Mer, et elle m’avait impressionné, même si nous n’avions pas gagné ensemble. J’avais été deux fois deuxième. Elle avait beaucoup de classe. Il est vrai que c’était une fille du crack Jamin et de la fameuse championne et matrone, Sa Bourbonnaise. »


Vive Fée, dans les pas de sa mère
Eclat de Gloire 1’10’’ (dix-sept victoires et 660.784 euros) et Féerie Wood 1’10’’ (dix victoires et 528.000 euros) sont les deux premiers produits de Vive Fée. Ils sont suivis par Greenhouse 1’19’’ (Brillantissime), qui n’a couru qu’une fois, sans se distinguer, et est tout de suite entrée au haras, où elle a mis bas L’Améthyste, une fille de Royal Dream, au printemps dernier. Après quoi viennent Heart of Glass 1’13’’ (Brillantissime), qui s’annonce bien chez les frères Martens, venant de s’imposer, le mois dernier, pour ses débuts à Vincennes, après deux succès à Cagnes-sur-Mer, et Ivy Metal 1’17’’ (Charly du Noyer), gagnant à Caen, voilà un mois, aux soins d’Etienne Dubois. Plus récemment, Vive Fée a eu Jolie Fée, une propre sœur de Féerie Wood, à l’entraînement chez Louis Baudron et qui n’est pas encore qualifiée, puis deux mâles de Follow You, Kentucky Express et Los Pacos. Dans les pas de sa mère, Vive Fée n’est pas avare de sa progéniture, ayant un produit tous les ans.


Sa Bourbonnaise, exceptionnelle par ses performances et par sa production

C’est, en effet, l’exceptionnelle Sa Bourbonnaise 1’23’’ (1940-Karoly II) qui est à la base de cette souche. Exceptionnelle, d’abord, par ses performances – victoires, à l’attelage, dans le Critérium des 4 Ans, le Critérium des 5 Ans et deux Prix de Sélection, mais encore, sous la selle, dans le Prix du Président de la République, le Prix de Normandie et le Prix des Centaures ; troisième également d’un Prix d’Amérique – et, ensuite, par sa production, composée d’un fameux quatuor allant d’Hermès D 1’20’’ (Kairos), vainqueur, platonique, d’un Critérium des 3 Ans dans lequel il fut rétrogradé à la deuxième place, à Le Postillon 1’20’’ (Hernani III), deuxième du Critérium des 5 Ans, en passant par Infante II 1’14’’ (Hernani III), qui collectionna les places de deuxième face aux meilleurs – dans les Prix de France, de Paris, de Cornulier, de l’Ile-de-France, de Sélection, des Elites, le Critérium des 5 Ans et le Critérium International d’Enghien – et fut aussi troisième, quatrième et cinquième du Prix d’Amérique, et Jalna IV 1’21’’ (Kairos), lauréate du Prix Capucine, aujourd’hui Prix Albert Viel, et deuxième du Critérium des Jeunes. Les filles de Sa Bourbonnaise ont continué l’œuvre maternelle au haras, où Infante II a donné ne serait-ce que le bon et très influent géniteur Sabi Pas 1’17’’ (Carioca II) et Jalna IV la triple lauréate du Prix d’Amérique et double championne du monde Roquépine 1’15’’ (Atus II), d’où Florestan 1’15’’. Quant à la susnommée Sandra 1’22’’ (Jamin), on lui doit Natacha du Buisson 1’16’’ (Amyot), deuxième du Critérium Continental, entre Neuilly et Noble Atout, avant de faire afficher un prix record, sur le ring, en France, pour une poulinière, à la fin de l’été 1989, le marteau tombant à 1.550.000 francs (N.D.L.R. : soit quelque 230.000 euros) ; Natacha du Buisson était alors pleine de Workaholic et c’est Daniel Wildenstein qui se l’octroya, pour en obtenir, l’année suivante, le classique Corot 1’12’’. C’est par une autre fille de Sa Bourbonnaise, Majesté III 1’25’’, trois quarts sœur de Roquépine, en quelque sorte, dans la mesure où elle est par Atus II, que l’on aboutit à Neuilly, puis à Féerie du Buisson.

A voir aussi :
...
La pépite du mois
Just Love You ouvre la voie

LeTROT vient de lancer une nouvelle consultation sur son compte Twitter baptisée "La pépite du mois". Chaque mois, il s'agira d'élire son coup de cœur au sein d'une liste d'espoirs qui se sont mis en lumiè...

Lire la suite
...
Etoile de Quesny : la patience paie

Belle jument alezane, Etoile de Quesny (Legs du Clos) n'a pas mis longtemps à retrouver son meilleur niveau. Après une rentrée en octobre, la protégée de Jean-Pierre Thomain était présentée pieds nus et s'est ré...

Lire la suite
...
It's A Dollarmaker :
une machine à rêve est en marche

Doté d'un physique de déménageur, It's A Dollarmaker a fait étalage de toute sa classe pour ses débuts sur la grande piste de Vincennes. Ce propre frère de Dollar Macker est tout simplement resté invaincu en ...

Lire la suite
...
Les matrones de la semaine : Gitane du Rib et Histoire Moderne, le modèle, mais aussi le pedigree

Une fois n’est pas coutume : ce n’est pas à une, mais à deux matrones que nous nous intéressons cette semaine, à savoir celles dont descendent les deux « reines de beauté » sacrées lors du Concours National de Sélection s’é...

Lire la suite