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Actualité - 01.11.2021

Avec Joviality S, une empreinte française aux USA

Fandango

Une gagnante de 2 ans de Breeders’ Crown, aux Etats-Unis dont la mère est issue d’une jument française et descend de Tombelaine, génitrice de notre crack et chef de race Fandango… Le fait n’est pas banal mais il est bel et bien avéré. La gagnante en question, Joviality S [photo], est une petite-fille de Jovélinotte, une performer tricolore de bon niveau qui est devenue une matrone internationale après avoir œuvré comme poulinière en Europe. Joviality S cache derrière son nom américain une belle présence française.

Vendredi soir, à Meadowlands, se disputaient les épreuves de la Breeders’ Crown des 2 ans, mâles et femelles. Dans les rangs des pouliches, la victoire est revenue à Joviality S 1’11’’ [photo], dont le père, Chapter Seven 1’08’’, est américain, mais dont la mère, Pasithea Face 1’08’’ (Muscle Hill), si elle est de nationalité suédoise, est d’origine française, ayant pour génitrice Jovélinotte, une fille de Passionnant créditée d’un record de 1’13’’, gagnante de huit courses, dont six à Paris, et de 165.866 euros, au début de la décennie 2000, aux soins de Michel Lenoir. Jovélinotte ne manquait donc pas de moyens et défendait les intérêts d’un propriétaire italien Alessandro Amorena – également connu dans l’hexagone pour être le copriétaire, avec Pierre Julienne, d’Otello Pierji. Nous voilà donc bien déjà au cœur d’un environnement international.


Un beau week-end américain pour la France
L’élevage trotteur français a vécu un beau week-end américain, sur l’hippodrome de Meadowlands, non seulement avec la victoire de Joviality S dans la Breeders’ Crown Filly des 2 ans, mais avec celle d’Ecurie D (Infinitif) dans la Breeders’ Crown Open. Ce représentant de l’élevage de Jean-Pierre Dubois est, en effet, de souche française des deux côtés de son pedigree, son père étant un fils de la classique hexagonale Island Dream (Prix Capucine, aujourd’hui Prix Albert Viel) et sa mère, petite-fille de Love You, descendant de la championne tricolore Rangone (Critérium Continental, Grand Prix de l’U.E.T.). Pour être tout à fait complet, il faut ajouter que les dauphins d’Ecurie D, samedi, Back Of The Neck et Ready For Moni, sont, l’un et l’autre, par Ready Cash, auteur également de la « Allaire » Beautiful Colibri, gagnante la veille, toujours à Meadowlands, de sa course de qualification en vue de sa carrière américaine. Elle doit normalement rencontrer Chapter Seven l’an prochain au haras.


Jovélinotte, pour revenir à elle, en fin de compte, a bien produit en Italie puis en Suède, mariée à des étalons standardbreds, donnant par exemple Opitergium 1’09’’ (Pine Chip), parmi sa production estampillé italienne. Très bon élément, troisième de Groupe 1 en Scandinavie (Konung Gustaf V:s Pokal à Åby), il s’est imposé en France dans le Prix Jean Cabrol, à Vincennes. Jovélinotte a aussi donné Pasithea Face 1’08 (Muscle Hill), cette dernière étant pourvue de la nationalité suédoise. C’est elle qui est la mère, précisément, de Joviality S. En compétition, Pasithea Face était également très douée. Troisième des Oaks suédoises (Gr.1), elle a conclu sa carrière avec plus de cinq millions de couronnes suédoises (environ 500.000 €). Parmi le reste de la production, il faut encore citer un propre frère d’Opitergium, Prevedello 1’11’’ (Pine Chip), qui a également vaincu en France, pour les frères Martens, à Enghien et à Mauquenchy.


Une grande lignée et des éléments collatéraux très actifs
Jovélinotte a en quelque sorte ouvert la voie à son frère cadet, le classique Lejacque d’Houlbec 1’11’’ (Workaholic), performer particulièrement véloce, à la pointe de vitesse acérée, qui excellait sur les tracés réduits, ayant été, par exemple, troisième du Critérium Continental et du Prix de l’Etoile, avant de se distinguer en Italie, où il est vainqueur de Groupe 1, à la faveur du Gran Premio UNIRE et où il s’est aussi classé troisième du Grand Prix des Nations. Lejacque d’Houlbec termina sa carrière, pareillement effectuée sous la houlette de Michel Lenoir, avec près de 500.000 euros de gains. Etalon, il a produit, notamment, Rafi Renardière 1’11’’ m. (quatorze victoires et 438.010 euros) et le classique Général du Parc 1’11’’, à l’arrivée du Critérium des Jeunes et du Critérium des 3 Ans. Propre sœur de Lejacque d’Houlbec, Ovélinotte d’Yléa 1’21’’ ne le valait pas, ne courant qu’à deux reprises, anonymement, mais elle est la mère du bon hongre Défi Pierji 1’12’’ (onze victoires et 347.600 euros) et de la semi-classique Gemme de Busset 1’13’’.

De l’élevage Lebrequer à celui du Haras des Coudraies

Vélinotte 1’13’’, la mère du trio que nous venons d’évoquer, provient du même élevage Lebrequer. Fille du rapide Dauga 1’15’’, elle a mené à bien une fort belle carrière chez Philippe Mortagne, dans le Midi, signant quatorze victoires, de 3 à 7 ans, pour plus de 360.000 euros de gains ; placée semi-classique à Vincennes, elle fut également deux fois à l’arrivée du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur. Elle était la sœur aînée du classique Ancenit 1’15’’ (Granit), deuxième du Critérium des Jeunes et troisième du Critérium des 3 Ans, ainsi que de Félinotte de Nuit 1’21’’ (Jiosco), génitrice de la toute bonne Royale de Crépon 1’11’’, gagnante de Groupe 2 en Suède et qui, du reste, est inscrite aux ventes d’automne d’Arqana Trot, cette semaine, à Cabourg, présentée pleine de Feliciano, dans le cadre de la réduction d’effectif de l’Ecurie des Charmes.
La poulinière précédente, La Cance (Amyot), est une élève du Haras des Coudraies. Elle n’a pas couru, ni ne s’est qualifiée. Elle est la sœur de Diolida 1’21’’ (Quioco), d’où le classique Malouin 1’15’’, lauréat du Prix de Paris et troisième du Critérium des 4 Ans. La mère de La Cance et Diolida était l’excellente Quarina 1’15’’ (Kubler L), qui porta haut les couleurs Montesson dans les années 1960. Spécialiste de ce que l’on appelait, à l’époque, les petits internationaux, elle remporta deux fois le Prix de la Marne, le Prix du Plateau de Gravelle, le Prix du Bois de Vincennes ou encore le Prix du Bourbonnais et le Grand Prix d’Hiver, à Sterrebeck ; elle se classa aussi troisième d’un Prix de France, derrière Quérido II et Roquépine, et d’un Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, devancée par Roquépine et Petit Amoy F.

Tombelaine et son phénomène, aux trente-huit victoires consécutives sous la selle
Quarina était la sœur cadette de Lutin II 1’20’’, qui s’illustra, quant à lui, principalement monté, étant deuxième, à deux reprises, du Prix de Londres, à Enghien, et troisième des Prix du Pontavice de Heussey et Legoux-Longpré ; attelé, on le trouve à la troisième place du Prix de Buenos Aires. Lutin II présente la particularité d’avoir une seule grand-mère, la même Tombelaine 1’30’’ (1941-Javari). Il est, en effet, par Fandango 1’20’’, lequel n’est autre que le frère utérin de sa mère, Havanaise (Ogaden). Tombelaine, la mère du phénomène d’Alphonse Martineau –dont on rappellera les trente-huit victoires consécutives sous la selle, notamment dans les Prix de Vincennes, du Président de la République, de Normandie, des Centaures, deux fois, des Elites, deux fois, et du Cornulier, deux fois, à 4 et 5 ans, sachant qu’il gagna aussi le Critérium des 3 Ans et fut deuxième du Critérium des 4 Ans, puis troisième du Critérium des 5 Ans–, est ainsi à la base de cette famille de prestige, qu’il est, à la fois, singulier et fort plaisant de voir briller aujourd’hui outre-Atlantique.

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