... (© Thierry Avan)
Actualité - 05.11.2021

Pleins feux sur Châtelaillon-La Rochelle

Samedi, toute la France du trot aura les yeux tournés vers la Charente-Maritime. La société des courses de Châtelaillon-La Rochelle est la seule en activité et organise une réunion Premium mais aussi parce que se dispute une épreuve labellisée Groupe 3 sur cet hippodrome qui fêtera les dix ans de sa réfection complète en 2023.

Alors que le coup d'envoi du meeting d'hiver de Vincennes a été donné mercredi, la saison en province commence elle sérieusement à se ralentir. Pour la société des courses de Châtelaillon-La Rochelle, elle s'achèvera même ce samedi en fin d'après-midi quand l'arrivée du Grand Prix Dynvena Maisagri sera officielle puisqu'il s'agit de la dernière course de la saison sur cet hippodrome.
Ce rendez-vous traditionnel en Charente-Maritime que le président Rivière décrit comme « le rendez-vous de l’année pour la société » dans l'interview qu'il a accordée à 24Heures au Trot (à lire en page suivante) revêt un caractère particulier puisque l'épreuve majeure a été labellisée Groupe 3, le second seulement à se disputer sur cette piste après une étape du GNT l'an dernier. Le point comme entre les deux pourrait être Jean-Michel Bazire, l'entraîneur d'Elie de Beaufour (Royal Dream), vainqueur en septembre 2020, et de Fairplay d'Urzy (Ready Cash), l'un des chevaux les plus en vue de la course de samedi qui a réuni un lot de quinze chevaux âgés de 5 à 10 ans (voir les partants en page 3).
24Heures au Trot. Comment abordez-vous cette dernière réunion de l’année sur votre hippodrome ?
Bertrand Rivière. C’est habituellement la plus belle réunion de notre saison, encore plus cette année dans la mesure où le Grand Prix Dynavena Maisagri, qui en est l’affiche sportive, a été promu au niveau Groupe 3, avec une allocation totale de 60 000 €. Cette réunion fait partie de nos quatre rendez-vous Premium de l’année sur un total de dix réunions. Par ailleurs, notre piste est constamment travaillée car elle est ouverte aux professionnels pour des séances d'entraînement deux matinées par semaine.

Comment votre société a-t-elle traversé la crise sanitaire ?
Cette année, nous avons été dans l’obligation de courir cinq de nos dix réunions à huis clos. Mais, dès que cela a été possible, nous avons constaté que notre public était de retour. Il y a eu des jauges à respecter, couplé à la mise en place du pass sanitaire, mais la fréquentation a été satisfaisante, comme lors de notre réunion du 14 juillet où on a fait 1 500 entrées payantes, ce qui est bien. La réunion de samedi s’annonce aussi sous de bons auspices. Le restaurant panoramique est déjà plein, on a refusé 150 personnes au moins, alors que l’on peut accueillir 250 couverts. C’est souvent bon signe pour la fréquentation d’autant que la météo semble vouloir être de notre côté. À cette période de l’année, il y a moins de courses dans la région et les gens sont donc moins sollicités qu’en plein été où il y a des courses plusieurs fois par semaine. Cette réunion est vraiment le rendez-vous de l’année pour la société de Châtelaillon.

Président depuis 2011
Bertrand Rivière assure la présidence de la société depuis 2011. C'est donc lui et son équipe qui a géré la période durant laquelle le nouvel hippodrome est sorti de terre. « Le comité de la société a souhaité que je prenne ce poste à une période où nous allions en effet commencer les travaux de réfection de l’hippodrome. Avoir une personne du métier des courses n’était pas plus mal, c’était même un avantage par rapport la gestion du projet. » Bertrand Rivière a été entraîneur (plus de 150 victoires selon letrot.com) jusqu'en 2014. Ses fils, Guillaume et Julien, travaillent ensemble sur le site où il entraînait lui-même à moins de cinquante kilomètres de Châtelaillon.


Un an après la venue d’une étape du Grand National du Trot, c’est la deuxième année consécutive que vous vous voyez confier l’organisation d’un Groupe 3. Comment le vivez-vous ?
Organiser une telle épreuve est toujours appréciable. On a de bons chevaux qui vont venir même si on a quatre jours après l’étape du Grand National du Trot de Nantes. L’un et l’autre, nous nous faisons concurrence. D’ailleurs, étant donné notre situation géographique tout au nord de la Fédération du Sud-Ouest à laquelle nous appartenons et tout au sud de la Fédération de l’Ouest, je trouve que nous ne travaillons pas assez ensemble au niveau du calendrier. Il nous arrive d’être en concurrence avec des hippodromes comme Les Sables-d’Olonne, Challans ou Luçon qui ne sont pas loin de chez nous. Or, nous captons le même vivier de public. Pour revenir à ce Groupe 3, c’est la reconnaissance de la qualité de notre hippodrome et plus particulièrement encore de sa piste dont la réputation est bonne. Des professionnels comme Jean-Michel Bazire, Éric Raffin, Matthieu Abrivard et bien d’autres ne viendraient pas courir à Châtelaillon si ce n’était pas le cas. Quand ils viennent courir, c’est évident que cela nous amène du public. C’est une piste sélective qui répond aux attentes des professionnels. Un bon cheval fait sa course sur cette piste. La piste est au centre de toutes nos attentions.

La piste était, on s’en doute, un enjeu primordial lors de la réfection complète de l’hippodrome en 2013, non ?
Bien sûr ! C’était primordial. On a travaillé avec Sébastien Blondeau sur ce projet et franchement on peut dire aujourd’hui que nous ne nous sommes pas loupés. L’ancien hippodrome est devenu complètement obsolète. Le projet existait depuis longtemps mais nous étions confrontés à des difficultés pour obtenir toutes les autorisations pour reconstruire l’hippodrome car nous sommes dans une zone protégée. On nous a mis des bâtons dans les roues mais on a fini par réussir. Le projet global de 11 M€ a été en partie financé par des ventes de terrains constructibles.

Que peut-on souhaiter à la société de Châtelaillon ?
De retrouver le GNT en 2023 par exemple ! Ce ne serait pas mal surtout que les enjeux sur cette étape l’an dernier avaient été très bons.

Cette réunion est vraiment le rendez-vous de l’année pour la société de Châtelaillon.
Bertrand Rivière

(© Thierry Avan)
Fairplay d'Urzy a beaucoup pour plaire

S'il n'y a pas eu de candidature pour rendre 50 mètres (les conditions de course l'imposaient pour tout cheval ayant 400.000 € de gains, ce Grand Prix Dynevana Maisagri, étape du Circuit des Grandes Épreuves du Sud-Ouest, ne manque pas d'intérêt. Le premier d'entre eux est la présence de Fairplay d'Urzy (Ready Cash). Certes, sa dernière course dans la région déjà, puisque c'était à l'occasion du Grand Prix du Sud-Ouest à Beaumont-de-Lomagne, n'est pas encourageante alors qu'il venait de terminer à la quatrième place du Grand Prix Anjou-Maine, toujours derrière son compagnon d'entraînement, Cleangame (Ouragan de Celland), avait été nettement plus positive. « Il était mieux équilibré avec ses fers. Sa performance est bonne même s'il doit concéder la deuxième place », avait commenté Romain Congard qui est son driver actuellement. Pour le cheval de l'Écurie Maréchal qui n'a plus gagné depuis l'étape du Grand National de Saint-Malo au cours de l'été 2020, l'occasion est belle et même symbolique de renouer avec le succès sur une piste où il a précisément lancé sa carrière au printemps de ses 3 ans quand il s'imposait pour sa deuxième course.
Reste que le 6 ans va devoir notamment composer avec plus jeune que lui. Trois de ses cadets s'alignent en effet sur la ligne de départ vingt-cinq mètres devant lui. S'ils sont les trois moins riches, ils ne sont pas les moins talentueux. Gaudeo (Tsar de Tonnerre) a ainsi fleurté ces derniers mois avec les meilleurs éléments de sa génération, en prenant part à deux semi-classiques. En tête, le cheval de la famille Dabouis, dont la forme ne se dément pas ces derniers temps, est sûrement capable d'aller loin. Galla de Manche (Village Mystic) s'est elle essayée face aux meilleurs au trot monté lors de ses deux dernières courses

Fairplay d'Urzy (© APRH)
PARTANTS CHATELAILLON-LA ROCHELLE - Samedi 06 Novembre
8 GRAND PX DYNAVENA MAISAGRI - (16H07)
Premium - Att. - (3) - 60 000 € - 2 625m
1. GAUDEOA. Dabouis
2. GALLA DE MANCHETh. Raffegeau
3. GOODMAN TURGOTF. Anne
4. CLIMAX DE BAPRES. E. Pasquier
5. CAFTAN BESPG. Monnier
6. ENO DE NARMONTD. Brossard
7. EXPRESS DE L'ITONL. J. Legros
8. DAY DE BELLOUETE. Raffin
9. DEDE DE MONTAURANF. Corbineau
10. COMTE DES TITHAISM. Abrivard
11. DONA VIVAD. Locqueneux
12. EVEIL DU CHATELETA. A. Chavatte
13. BLACK JACK LA NUITS. Bourlier
14. FAIRPLAY D'URZYR. Congard
15. CE RETOUR D'OSCARJ.-Ph. Monclin

Jean-Michel Bazire, le numéro un

Depuis la réfection complète de la piste de Châtelaillon-La Rochelle, le Sarthois est l'entraîneur qui a gagné le plus de courses (49) devant son ami Jean-Paul Marmion (40). Un score obtenu avec 112 partants, ce qui signifie que son taux de réussite à la gagne sur cet hippodrome est de 43,8 %. Si l’on ajoute les accessits, le taux de réussite sur le podium des « Bazire » est de 59,8 %.

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