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Actualité - 12.11.2021

Le premier round des 3 ans avant les grands objectifs

Bold Eagle remporte le Prix Abel Bassigny en 2014 avant son sacre dans le Critérium des 3 Ans,son premier Groupe 1

Avec les Groupes 2 Prix Abel Bassigny et Reine du Corta, au programme de la réunion de ce samedi, à Vincennes, l’élite de nos 3 ans à l’attelage lance son meeting, dans la perspective, bien sûr, du Critérium des 3 Ans (Gr.1), appelé à se disputer le 19 décembre. Il en est de même dans la discipline du monté avec le Prix Louis Tillaye (Gr.2) qui lance le compte à rebours vers le Prix de Vincennes (Gr.1), le 26 décembre. Dans l’intervalle, il y aura une autre étape dans chaque filière.

Commençons par les épreuves attelées réservées au club d’élite des 3 ans. Elles sont deux ce samedi : le Prix Abel Bassigny est la course des poulains et le Prix Reine du Corta, celle des pouliches. La création de ce dernier remonte au début des années 1990 – sa première lauréate fut Bahama, la championne de Jean-Pierre Dubois, en 1992 –, au moment où l’on a séparé la filière des femelles de celle des mâles. La distance sur laquelle se disputent les deux compétitions a changé au fil des années, pour se fixer à 2.175 mètres en 2006. Longtemps, elles se sont courues sur 2.700 mètres, avant de voir les compétiteurs et les compétitrices contraints de revenir aux 2.175 mètres dans les Prix Jacques de Vaulogé et Annick Dreux, pour retrouver ensuite les 2.700 mètres dans le Critérium, ce qui, on en conviendra, n’était pas très logique. Dans le présent cadre, la progression et la montée en puissance vers l’objectif apparaissent couler de source : 2.175 mètres, lors du premier acte ; 2.700 mètres, lors du second ; et, à nouveau, 2.700 mètres, lors de l’épilogue du Critérium.

Izoard Védaquais, le grand absent
Izoard Védaquais (Bird Parker) sera le grand absent de la présente édition du Prix Abel Bassigny. Une nouvelle fois à l’honneur, mercredi, à Nantes, où il a volé la vedette à Cleangame et signé son onzième succès en autant de prestations, le pensionnaire de Philippe Allaire ne devrait pas non plus être du Prix Jacques de Vaulogé, dans deux semaines. Il y a fort à parier, en effet, qu’il va privilégier la finale du Trot Open des Régions (Groupe 3), le 5 décembre, pour laquelle il est qualifié et dans laquelle il devra rendre vingt-cinq mètres, ce qui, sur la longue distance de 2.850 mètres, ne devrait pas lui poser de problème. Après quoi, le Critérium des 3 Ans sera, pour lui, à l’ordre du jour. Il y sera arrivé, comme l’on dit, par des chemins de traverse, mais on est en droit de penser, au vu, encore, de sa récente démonstration, que ceux-ci auront été les bons.


Depuis cinquante ans, treize doublés au masculin, avec le Critérium, et huit au féminin

Le vainqueur du Prix Abel Bassigny n’est pas, forcément, celui, à venir, du Critérium des 3 Ans, mais la proportion est tout de même bonne, puisque, depuis cinquante ans, un tiers de ses lauréats ont ensuite transformé l’essai le jour J. Dans l’ordre chronologique, il s’agit de Clissa, en 1971, de Dame de Carreau, en 1972, de Gamélia, en 1975, de Noble Atout, en 1982, d’Orco, en 1983, de Tabac Blond, en 1988, d’Escartefigue, en 1995, de Gavroche Perrine, en 1997, d’Orlando Vici, en 2005, de Quaro, en 2007, de Ready Cash, en 2008, de Sun Céravin, en 2009, de Timoko, en 2010, d’Aladin d’Ecajeul, en 2013, de Bold Eagle, en 2014, et de Face Time Bourbon, en 2018. Au total, cela fait seize auteurs du doublé.
De création plus récente, le Prix Reine du Corta est, par la force des choses, moins bien pourvu et, depuis son édition initiale, en 1992, cinq pouliches s’y étant imposées ont ensuite remporté le Critérium, à savoir Lazio du Bourg, en 2002, Nikita du Rib, en 2004, Pearl Queen, en 2006, Erminig d’Oliverie, en 2017, et Gunilla d’Atout, en 2019. D’une certaine manière, la logique voudrait que l’on ajoute à ces cinq noms, ceux de Clissa, Dame de Carreau et Gamélia, les trois pouliches ayant réussi la passe de deux du « Bassigny » et du Critérium au cours de la première moitié des années 1970, car, de toute évidence, si le Prix Reine du Corta avait alors été de mise, elles figureraient à son palmarès. De la sorte, un rééquilibrage se fait et, si la « ligne » du Prix Abel Bassigny garde l’avantage, dans la perspective du Critérium, s’assortissant de treize doublés au masculin, on n’en compte pas moins huit dans sa version féminine.

Abel Bassigny et Reine du Corta : deux références, chacun dans son genre
Si le Prix Abel Bassigny est dédié à la mémoire d’un propriétaire-éleveur de renom, à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième, membre de la Société du Demi-Sang, le Prix Reine du Corta célèbre celle d’une fameuse championne montée de l’ère moderne, qui, sous la houlette d’Alain Roussel, s’octroya le Prix de Cornulier, le Prix de l’Ile-de-France, trois fois, le Prix de Normandie et le Prix des Centaures, ainsi qu’une dizaine d’épreuves semi-classiques ou assimilées. Le nom de Reine du Corta reste, en outre, particulièrement d’actualité, au travers de sa famille maternelle, qui est celle de Bold Eagle et autres Brillantissime.



PRIX ABEL BASSIGNY

ITALIANO VERO, EN EPOUVANTAIL CHEZ LES MALES

Le Prix Abel Bassigny a réuni neuf concurrents. Double tenant du titre, avec Gotland (2019) et Hohneck (2020), Philippe Allaire, qui a aussi gagné cette épreuve avec Boy du Pré (1992) et Ready Cash (2008), sera encore bien représenté, puisqu’il aligne Italiano Vero (Ready Cash), qui, sauf à être disqualifié, n’a jamais terminé plus loin que deuxième, comptant neuf victoires depuis l’âge de 2 ans, notamment dans le classique Prix Albert Viel (Groupe 1), au mois de juin dernier. Restant sur une place de deuxième dans le Prix de l’Etoile (Groupe 1), battu par son aîné, Ganay de Banville, sans bénéficier du meilleur des parcours, il a toutes les chances de renouer, ici, avec le succès et de commencer d’optimiser sa préparation au Critérium. Son driver, David Thomain, s’est déjà adjugé ce Prix Abel Bassigny : c’était avec Eridan, en 2017.
Les dauphins habituels d’Italiano Vero sont là également : Idéal Ligneries (Repeat Love), qui a fini avec lui dans le Prix de l’Etoile, à la troisième place, et qui dépend d’un entraînement, celui de Fabrice Souloy, qui a déjà « fait tilt » à deux reprises dans le « Bassigny », avec Orlando Vici, en 2005, et Quaro, en 2007, l’un et l’autre futurs vainqueurs du Critérium ; Impressionist (Ready Cash), qui l’avait même battu dans le Prix Kalmia (Groupe 2), avant de subir sa loi dans le Prix Albert Viel (Groupe 1) ; Inferno Piper (Coup de Poker), deuxième du Prix Victor Régis (Groupe 2), puis cinquième du Prix de l’Etoile (Groupe 1) ; Infant Perrine (Atlas de Joudes), troisième du Prix Albert Viel (Groupe 1) ; Instinct d’Am (Bold Eagle), quatrième du Prix Victor Régis (Groupe 2) et venant de gagner le Prix Timocharis (Groupe 3).
En termes d’élevage, la lignée mâle de Ready Cash est dominante au départ, via Italiano Vero, Impressionist, Infant Perrine et Instinct d’Am, et elle devrait l’être aussi à l’arrivée, même s’il lui faudra compter, au moins pour les accessits, avec celle de Coktail Jet, trois fois mentionnée, par l’entremise d’Idéal Ligneries, Inferno Piper et Invictus Madiba (Booster Winner).



PRIX REINE DU CORTA

IVENSONG, POUR PARACHEVER LA SAGA ALLAIRE

Elles seront treize en lice dans le Prix Reine du Corta, une compétition avec laquelle Philippe Allaire n’a pas autant d’affinités qu’avec le Prix Abel Bassigny, ne l’ayant gagnée que deux fois – ce qui, cela dit, n’est pas si mal –, grâce à Sanawa, en 2009, et à Fly With Us, en 2018. En l’espèce, l’homme du Haras de Bouttemont comptera, principalement, sur Ivensong (Ready Cash), qui demeure sur son brillant succès du Championnat Européen des 3 Ans (Groupe 1), en Suède, où elle était déferrée des quatre pieds –ce qui n’est pas encore autorisé, en France, à cet âge–, après avoir remporté, chez nous, le Prix Uranie (Groupe 2), sur le même parcours de vitesse que celui de la course qui nous occupe. Ivensong est donc une favorite tout indiquée, d’autant que celles qui, sur le papier, sont ses principales rivales, effectuent leur rentrée, qu’il s’agisse de la protégée de François-Pierre Bossuet, Idylle Speed (Carat Williams), ou de celle de Jean-Philippe Dubois, Inoubliable (Prodigious). La première n’a pas couru depuis le 21 août, date de sa victoire dans le Prix Guy Deloison (Groupe 2), aux dépens d’Ivensong, précisément, sur les 2.700 mètres de la grande piste, un parcours que, sûrement, elle préfère à celui du jour. La seconde n’a pas reparu, quant à elle, depuis le Prix Albert Viel, à la fin du mois de juin, où, dans une course cadenassée par Italiano Vero, elle avait subi, à l’arrière-garde, ne donnant pas sa pleine mesure ; auparavant, elle avait multiplié les succès dans les courses pour femelles ; Jean-Philippe Dubois dit, à son sujet : « Je suis impatient de voir ce que cela va donner. Elle n’a pas couru depuis longtemps, en raison d’un petit problème de santé. Elle va sûrement avoir besoin de courir. »
Philippe Allaire aura deux autres partantes, Italienne (Goetmals Wood), en forme, puisqu’elle vient de renouer avec le succès, dans un bon lot, le 1er novembre, à Laval, et It’s Now Or Never (Charly du Noyer), que ses dernières performances ne montrent pas sur la montante. Aussi la pouliche de Tony Le Beller, I Love Me (Love You), quatrième du Prix de l’Etoile (Groupe 1) et deuxième du Prix Timocharis (Groupe 3), face aux mâles, apparaît-elle comme un challenger plus direct de la favorite, à l’instar, peut-être, d’Icône de Castelle (Rocklyn), une fille de la championne sous la selle Miss Castelle, facile « tombeuse » d’Italienne, dans un Groupe 3, au mois de septembre.
Génétiquement parlant, l’ascendance mâle de Goetmals Wood, avec six représentantes sur la ligne de départ (Inoubliable, Idylle Speed, Italienne, Illusive Artist, Ivresse de Blary et Ibaya des Forges), est prépondérante, devant les trois tenantes de la lignée de Ready Cash (Ivensong, It’s Now Or Never et Idylle à Vie) et celles qui se réclament de Coktail Jet (Idéa des Vallons, Icône de Castelle et I Love Me).

PRIX LOUIS TILLAYE

UN NOUVEAU CHAPITRE ENTRE LES FRÈRES ENNEMIS

Contrairement à leurs homologues à l’attelage, les Prix Louis Tillaye et Raoul Ballière (Groupe 2), l’étape suivante, le 2 décembre, sur la route du Prix de Vincennes, n’ont pas effectué leur mue. Le premier se court sur 2.700 mètres, la distance du Prix de Vincennes, tandis que, dans le second, on revient sur une distance plus courte, soit 2.175 mètres. Avouons ne pas très bien comprendre la logique de la chose, surtout s’agissant du circuit de sélection, censé amener ceux qui l’empruntent en progression, sans à-coups, sur leur objectif.
Philippe Allaire est cinq fois au palmarès du Prix Louis Tillaye, avec Ivoire de Grammont, en 1999, Jardy, en 2000, Punch Winner, en 2006, Dhikti Védaquais, en 2016, et Feeling Cash, en 2018. Cette année, il a encore une belle chance avec Ici C’est Paris (Dollar Macker), très expérimenté au sein de la jeune génération sous la selle, déjà vainqueur d’un classique, le Saint-Léger des Trotteurs, et de trois semi-classiques, les Prix Félicien Gauvreau, Pierre Gamare et de Basly. Le poulain reste cependant sur une disqualification dans le Prix des Elites (Groupe 1), où il s’est perdu dans ses allures peu après le départ, dans la descente. Il est donc ici en quête d’un rachat, un peu, pour d’autres raisons, comme celui qui devrait être son principal adversaire, Indigo du Poret, lui aussi par Dollar Macker, qui vient de perdre, à deux reprises, le bénéfice de ses efforts, en raison d’un contrôle antidopage positif, dans lequel est incriminé un complément alimentaire. Lors de ces distancements, Indigo du Poret battait, la fois dernière, au courage, Ici C’est Paris et, celle qui précède, il s’inclinait face à lui, mais sans démériter. Ce sont là, a priori, les deux chevaux de la course.

Revue des challengers
En regard, Inouï Danica (Boccador de Simm), entièrement plaqué pour la première fois, apparaît barré, même s’il est régulier et confirmé. Idéale du Chêne (Bird Parker), quatrième du Prix des Elites et première 3 ans classée, pourrait, sur sa meilleure valeur, causer la surprise, mais elle est intermittente, Julien Le Mer, son mentor, expliquant, à son sujet : « Elle est bien. Avec seulement sept partants, elle devrait avoir ses aises dans les aires de départ, ce qui est important pour elle, afin d’éviter qu’elle ne se montre fautive. Même si elle est également performante attelée, son objectif de l’hiver est le Prix de Vincennes. » Incahuasi (Ready Cash), de son côté, a bien débuté monté, il y a quelques jours, à la deuxième place d’une course A, faisant dire à son entraîneur, Patrick Terry : « Ses débuts dans la spécialité ont été satisfaisants. Il court un peu rapproché, mais il s’agit d’un cheval froid, qui n’a pas « pris dur ». Samedi, on va le plaquer des quatre pieds. Les chevaux les plus riches semblent, avant le coup, avoir les meilleures chances, mais le nôtre peut venir juste derrière. »

La belle présence des pouliches au palmarès

Remportée l'an dernier par Hope On Victory (Booster Winner), le Prix Raoul Ballière laisse une place importante dans son palmarès aux pouliches. Depuis 2010, lors des onze dernières éditions, on compte cinq gagnantes. Elles sont trois cette année au départ : India de Banville, Iéna Dodville et Idéale du Chêne.

PARTANTS VINCENNES - Samedi 13 Novembre
4 PRIX LOUIS TILLAYE - (15H52)
Course Premium - Monté - Gr 2 - 100 000 € - 2 700 m
1INDIA DE BANVILLEPAA. Lamy
2IENA DODVILLEP4M. Mottier
3INCAHUASIP4A. Abrivard
4INDIGO DU PORETE. Raffin
5IDEALE DU CHENEP. Ph. Ploquin
6INOUI DANICAP4F. Lagadeuc
7ICI C'EST PARISD. Thomain
Saxo de Vandel 1'11''8 Coktail Jet 1'11''2
Dollar Macker 1'11''9 Lidice de Vandel 1'14''3
Salt Lake City 1'15''1 Insert Gede 1'11''8
ICI C'EST PARIS La Star
Ready Cash 1'10''3 Indy de Vive 1'11''9
Blue Valentine 1'16''2 Kidea 1'18''2
Sexy Perle 1'15''3 Love You 1'10''2
Fine Perle 1'16''7
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