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Actualité - 25.09.2020

Du positif sur toutes les lignes

Le bilan des trois premiers jours des ventes de Caen, provisoire dans l’attente des quatre jours restants, est très positif. On pourrait même dire vertigineux compte tenu du moment historique de crise que nous traversons tous. Avec un chiffre d’affaires cumulé supérieur de 300 000 € et une augmentation de 26,3 %, cette première partie est totalement réussie et comble tout le monde, vendeurs comme acheteurs.

Dans une salle de marché, on dirait que TOUS les indicateurs sont au vert. En termes de volumes (vendus et chiffre d'affaires - voir tableau ci-dessous), on affiche des augmentations à tous les étages. Avec presque 300 000 € (299 900 € exactement) d'avance sur l'année dernière, le positif représente les trois-quarts d'une journée.
Un ratio de retour sur investissement favorable

Vendre, c’est bien, encore faut-il vendre avec une marge suffisante par rapport à ses besoins (en vivre pour certains ou plus simplement pouvoir réinvestir pour d’autres). De ce point de vue, le ratio entre le prix moyen de vente (5 990 €) et le prix moyen de saillie (tarif catalogue 2018 puisque nous traitons de yearlings nés en 2019) est plus que satisfaisant (3 768 €). Il s’élève à 1,59, soit 59 % de marge à la vente par rapport au seul coût de saillie. A une époque encore récente où certains prix de vente ne couvraient même pas l’achat de la saillie, voilà un indicateur plus que rassurant.

Un prix moyen en hausse sensible

Logique conséquence des données quantitatives de la page 1, le prix moyen 2020 est en hausse sensible sur 2019 : 15,3 % (voir données du tableau en bas de page). C’est net et sans bavure. Mais ce point mérite de s’y attarder. Car le prix moyen 2020 a évolué plus favorablement dans le camp des pouliches (plus 33,8 % par rapport à 2019) que dans le tableau des seuls mâles (plus 4,9 %). Et le top price des trois jours, au crédit d’une pouliche, Jaliska Ellis, à 48 000 €, ne peut pas expliquer à lui seul cette évolution. Le cas du top y participe plutôt.

Les pouliches avec du papier : une valeur refuge et… d’avenir

Le différentiel sur les trois premiers jours des ventes entre le prix moyen des mâles et des femelles s’est réduit en 2020, passant de 2 256 € l’an dernier à 1 220 € cette année. Cela veut dire que les pouliches sont de plus en plus nombreuses dans la fourchette haute des ventes. Et ici, on peut revenir sur le prix de saillie des étalons.
Pour les pères dont le prix de saillie 2018 était supérieur ou égal à 3 000 €, on obtient un prix moyen de vente d’un produit mâle de 7 582 € et d’un produit femelle de 6 323 €.
Pour les pères dont le prix de saillie 2018 était inférieur à 3 000 €, on obtient un prix moyen de vente d’un produit mâle de 5 046 € et d’un produit femelle de 3 595 €.
Entre ces deux tableaux différents, on voit que les femelles se défendent mieux dans le tableau du haut (saillie à au moins 3 000 €) avec un écart de 1 250 € en prix moyen avec les mâles. Dans le tableau du bas (saillie à moins de 3 000 €), l’écart des moyennes grimpe à 1 450 €. Moralité, et il n’y a là rien de très nouveau sous le soleil, les pouliches bien nées, à potentiel d’élevage, peuvent constituer une valeur refuge qui permet de les apprécier comme valeur d'avenir. Par contre, sans point fort, à papier équivalent avec un mâle, elles sont dépréciées dans le bas du marché.
Le fait que tous les tops au sein aient été réalisés par des numéros issus d'étalons en vogue ou confirmés conforte encore ce constat. Pas d'extravagance ou de lot qui sort des sentiers battus.
Le top-5 des pouliches est ainsi composé d'une fille de Bold Eagle à 48 000 €, de Village Mystic à 30 000 €, de Bird Parker à 24 000 €, de Brillantissime à 20 000 € et de Goetmals Wood à 16 000 €.

Un marché comme à l’école

Et si le marché des ventes de Caen, dans la lignée de Deauville, qui joue évidemment dans les divisions supérieures de sélection, n’avait fait que répondre à la définition basique et primaire que l’économie donne et que l’on enseigne à l’école : le marché est la rencontre libre et parfaite entre des clients (propriétaires acheteurs) et des fournisseurs (éleveurs vendeurs) ? Dans cette période de grande incertitude sur l’avenir, crise sanitaire oblige, après une période de frustration née du confinement, il y a une appétence des acheteurs. L’incertitude n’annihile pas les achats mais, au contraire, les libère sous l’argument : « On ne sait pas de quoi sera fait demain, alors profitons-en aujourd’hui ». L’argent existe et certains l’utilisent – sans le dilapider. Et si les bons résultats de Caen se lisaient aussi comme une vague d’achat thérapeutique, pour le plaisir, en réaction à l’inquiétude ? Une forme de palliatif à la morosité ou une sorte de « Remède à la mélancolie », le titre d’une émission radio du service public ? De l’autre côté, du marché, les vendeurs proposent leurs produits avec également la conviction que l’avenir n’est pas que noir. Il reste maintenant à ce marché parfait et idéal, qui satisfait le plus grand nombre, à continuer sur sa lancée lors des prochaines sessions (6, 7 et 8 octobre et une clôture le 13 octobre).

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