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Actualité - 28.09.2020

Lundi à Enghien, chronique d'un transfert en mode urgence

En raison d’une piste impraticable, la réunion d’Enghien de lundi a dû être transférée dans l’urgence à Vincennes. Retour sur une délocalisation de dernière minute inédite.

Après des mouvements sociaux qui ont contraint LeTROT a délocalisé les réunions parisiennes de la semaine dernière vers la province, cette fois, c’est à cause d’une piste en mauvais état qu’il a fallu se résoudre à changer d’hippodrome. Tout cela dans la même journée. Du jamais-vu.
Lundi, avant la réunion d’Enghien qui devait débuter à 13h50, plusieurs professionnels sont au bord de la piste. La majorité s’interroge sur les grosses flaques de boue et autres ornières qui jonchent le sol que doivent fouler les chevaux. Les pluies tombées la veille, ajoutées à celles de lundi matin, ont, par endroits, transformé le sable en véritable gadoue. « On s’enfonce », entend-on dans la bouche de plusieurs drivers.
Dans un premier temps, on apprend que la réunion va être retardée. Les herses et autres lames s’activent mais rien n’y fait. « Aujourd’hui, la piste n’est pas praticable, indique Pierre Belloche. C’est assez bizarre, car il y a des endroits où elle est bonne et d’autres où elle ne l’est pas. » En particulier dans la ligne droite. « J’ai une inédite de 2 ans, précise Alexandre Abrivard, et elle ne courra pas aujourd’hui (lire lundi) sur cette piste-là. On va perdre du temps à essayer de remettre cette piste propre. Aller à Vincennes est la meilleure solution. » Une idée partagée par beaucoup de ses confrères.

« Dangereux pour les hommes et les chevaux »
En coulisses, on s’active sur la faisabilité d’un tel transfert, dans un laps de temps si court, sur un champ de courses situé à une trentaine de kilomètres. À 14h30, la décision tombe : la réunion est délocalisée à Vincennes, avec un départ de la première course à 19 heures. « C’est une bonne nouvelle que la réunion soit sauvée, souligne Pierre-Yves Verva. Après, peut-être que certains chevaux préféraient courir à Enghien mais, vu l’état de la piste, ce n’était pas judicieux d’y courir. Si la réunion avait été maintenue, je pense que je n’aurais pas pris le risque de courir ma jument. C’était dangereux pour les hommes et pour les chevaux. C’est judicieux et professionnel de délocaliser à Vincennes. »
D’autres, comme le propriétaire Philippe Delon, ne comprennent pas trop pourquoi l’état de la piste d’Enghien n’a pas été signalé dès le matin : « Pour avoir moi-même des pistes d’entraînement, dont certaines avec le même type de sable, je sais que c’est très difficile à maitriser, prévient ce dernier. La critique est facile mais je ne comprends pas pourquoi on ne s’est pas aperçu dès le matin que ce n’était pas praticable. C’est un peu dommage que nous n’ayons pas été alertés plus tôt, et qu’il n’y ait pas eu une décision au sommet prise à ce moment-là. » « Je me mets à la place des professionnels qui avaient ciblé cet hippodrome-là, avec ces tournants-là, confie Fabrice Douville, régisseur de l’hippodrome d’Enghien. Je comprends leur déception. C’est une piste qui a tendance à essuyer vite et, là aussi, on n’a peut-être pas eu les éléments naturels qui nous ont permis qu’elle sèche et qu’elle soit bonne. »

Des travaux en fin d’été
Si la réunion a été délocalisée du plateau de Soisy à celui de Gravelle en conservant les mêmes conditions de courses, l’état de la piste d’Enghien interpelle. Une première explication pourrait se trouver dans la réfection de celle-ci engagée à la fin du meeting d’été. « Quand on a fait les travaux, nous étions dans une période sèche, explique Fabrice Douville. Il faisait très, très chaud, ce qui n’a peut-être pas aidé non plus. » La combinaison chaleur puis humidité pourrait donc être à l’origine de l’incident. « Maintenant, il faut connaître les véritables causes du problème et faire en sorte que la piste retrouve sa stabilité et son homogénéité sur toute la largeur et toute la longueur, poursuit le régisseur. On va soigner le mal et la remettre en place. Il faut refaire le point sur ce qui a été fait et dans quelles conditions on a pu le faire. Surtout, il faut vraiment une explication. Nous sommes des professionnels et on va tout faire pour la remettre en état afin que l’on puisse courir les courses d’octobre. » La prochaine réunion à Enghien est prévue le 7 octobre. En soirée, à Vincennes, le président de LeTROT, Jean-Pierre Barjon, a commenté les événements de la journée (lire page suivante).

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