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Actualité - 31.12.2021

Eric Raffin l'a fait 346 fois gigantesque !

UNE ANNÉE DE RECORDS

Il l’a fait ! Après un mercredi blanc la veille à Ponchâteau un peu frustrant forcément même s’il faut relativiser quand on replace cette journée dans une saison entière, Éric Raffin a non seulement égalé le record de 345 victoires qu’il co-détenait avec Jean-Michel Bazire dès la première course de la réunion de ce jeudi à Vincennes au sulky de Farah des Caux (Isigny de Montfort). Mieux encore il l’a battu deux heures et demies plus tard. En ce 30 décembre 2022, le Vendéen est désormais le seul détenteur du record de France de succès au trot dans une saison. C’est sur les coups de 16h20 au sulky de Gys (Torino d'Auvillier) pour l’entraînement d’Éric Beauvais qu’il a donné tout son sens à une nouvelle saison d’investissement personnel, et forcément familial, total.

S’il a aussitôt parlé de " boulot" et de "beaucoup de sacrifices" au micro d’Equidia pour commenter l’exploit qu’il venait de réaliser, lui qui a fêté ses 40 ans le mois dernier, comment ne pas souligner et surtout surligner l’énergie qui aura la sienne dès les premiers jours de l’année, la motivation continuelle malgré les doutes et les frustrations inhérents à tel un challenge et la concentration dont il ne s’est jamais défait depuis pour atteindre l’objectif qu’il s’est assez vite fixé avec son agent, Éric Fournier ? Quand il a remporté sa 300ème course de l’année le 14 novembre à Nantes, il avait alors déclaré à propos de la possibilité d’établir un nouveau record : "Même si c’est très compliqué, cela paraît jouable".

Un compétiteur né
On pouvait compter sur ce compétiteur né pour tout faire afin d’y parvenir et ne pas avoir de regret quand la dernière course de la saison aurait rendu son verdict. Par rapport à 2019 où il avait égalé le record alors qu’il ne restait plus ensuite qu’une course, Éric Raffin a un peu moins fait durer le suspense. Ces quelques heures de gagnées sont autant de pression en moins pour savourer pleinement la portée de son exploit. "Je me suis pris au jeu quand j’ai passé la barre des 300 victoires. J’étais dans les temps, revient-il au moment de refaire le film de sa saison. Il fallait éviter les mises à pied mais il restait suffisamment de jours de courses pour y parvenir. En souvenir de ce qui s’était passé en 2019, je voulais arriver au 31 décembre et que cela soit chose faite pour ne pas faire de c… C’est un rêve éveillé ce que je vis. Merci aux entraîneurs (N.D.L.R. : ils sont plus de 310) de me confier leurs pensionnaires, merci aux salariés de ces écuries qui s’occupent des chevaux que je mène et merci aux propriétaires !" Et de rappeler combien l’année aura été intense et éprouvante : "Je ne pensais pas pouvoir refaire ce que j’avais fait en 2019, car c’est beaucoup de sacrifices. C’est la vie de famille qui en pâtit, tu ne vis que pour les courses. Je l’ai fait, je ne le referai pas l’année prochaine. Hier, je suis resté sur le sulky dans la dernière course à Pontchâteau mais je pourrais être à l’hôpital aujourd’hui… Il faut que tout s’enchaîne et être constamment concentré. C’est pourquoi il faut savourer. Maintenant que c’est fait, les nerfs lâchent un peu, je suis soulagé". Avoir un record à soi et rien qu’à soi est tout saut anodin comme le confie son agent (lire en page suivante).

2021 : son plus grand millésime
L’année 2021 restera pour lui comme une année à nulle autre pareille. Ce record est évidemment ce que beaucoup retiendront avant tout mais il ne peut à lui seul résumer toute sa saison. Celle-ci aura été en effet marquée dès le mois de février par sa victoire dans le Prix de France Speed Race avec Délia du Pommereux (Niky), avec laquelle il ira gagner aussi le Paralympiatravet (Groupe 1) même s’il repartira d’Aby avec un sentiment d’incompréhension et de frustration en raison d’une amende de 1 500 € et trois jours de mise à pied.


©Aprh

Ce sera la plus belle année de ma carrière quoiqu’il arrive.
Éric Raffin

La course au record vue par son agent
Il y a quelques semaines, Éric Fournier, son agent, s’était confié dans les colonnes de Province Courses l’Hebdo daté du 19 novembre sur la quête de ce record. Extrait : « On s’en approche gentiment mais ça va être très, très compliqué parce que ce n’est pas évident de gagner des courses en plein meeting d’hiver. Personnellement, cela me ferait très plaisir, à Éric aussi. Pour moi, c’est une motivation. Sans prétention aucune, le Sulky d’Or est acquis. Avoir succéder à Jean-Michel Bazire est déjà une grande fierté mais avoir un record à soi est important. Les records sont d’ailleurs trop souvent galvaudés. Gagner autant de courses en une année est très compliqué. Le record paraît jouable cette année mais la concurrence n’est plus la même, il faut que les écuries restent en forme, que l’on fasse les bons choix et qu’Éric soit toujours à 100 %. Il ne faut pas non plus que cela devienne perturbant. Cela ne doit pas prendre le dessus. C’est d’ailleurs sa force. Il mène toujours dans le respect. Il va plutôt perdre une course en étant respectueux du cheval et donc de l’entraîneur que de se dire tant pis on va en gagner une de plus ».


Au-delà du fait qu’il remportait le Prix de France trente-et-un ans après son père, Jean, avec Pussy Cat (Firstly), ce succès était surtout obtenu aux dépens de l’idole Face Time Bourbon (Ready Cash). Une défaite qui allait précipiter le pilote vendéen au sulky du champion dès sa course suivante, dans le Prix de Sélection. Le premier d’une aventure commune qui allait faire du cheval de l’Écurie Bivans le nouveau détenteur du record général (1’09’’1) de Vincennes dans un Prix René Ballière d’anthologie, et le vainqueur du Grand Prix de la Loterie à Naples là encore dans un temps record (1’10’’2). « J’ai gagné plusieurs Groupes 1 à l’étranger et je bats le record de gains. Ce sera la plus belle année de ma carrière quoiqu’il arrive, même si je me souhaite de gagner le Prix d’Amérique, qui est le prochain objectif, se projette-t-il. Je suis déjà dans l’après. Il me reste encore huit courses demain (lire vendredi), j’espère scorer encore tout en étant plus décontracté. »



Le record d'Éric Raffin décrypté
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Le successeur
Avoir choisi de se consacrer uniquement à son rôle de pilote le préserve de la charge et du poids d’une écurie à faire tourner au quotidien. Quand il est sur un hippodrome, il est complètement concentré sur les courses et n'est pas parasité par les problèmes inhérents à une écurie, qu'il s'agisse des chevaux comme du personnel. Pour autant, cela ne le prive pas d’une pression permanente et pesante. D’autant qu’Éric Raffin est plus que jamais LE successeur de Jean-Michel Bazire.
Son premier Sulky d’Or en 2019 mettait fin à l’hégémonie du pilote sarthois, lequel avait décidé de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Il n’a pas été sans lendemain. Et cela n’est pas la moindre de ses performances. Comme un symbole, c’est en calquant sa course sur celle de Jean-Michel Bazire qu’Éric Raffin a remporté sa 346ème victoire de l’année. Avoir égalé le record de « JMB » en 2019 lui convenait parfaitement. C’était une première étape comme un hommage à un homme qu’il admire humainement, qui a été longtemps son modèle professionnellement.
Deux ans après, il s’approprie seul le record et devient le premier le premier professionnel français à dépasser 1 000 victoires sur trois années consécutives. Et ce, malgré une saison 2020 marquée par la crise de la Covid avec deux mois de courses annulées. Là encore, Éric Raffin marque de son empreinte son sport.

Et ce n'est pas fini !
Éric Raffin aura quelques huit occasions d'améliorer encore son record demain 31 décembre à Vincennes. Au jeu des pronostics, nous lui voyons trois chances prépondérantes : Epsom d'Herfraie (407)
Gazon Devol (703)
Joke (1003)
Mais tout est possible : et s'il parvenait à atteindre les 350 ?


Son année en France
■ 292 victoires à l’attelé / 54 au monté
■ 176 victoires à Paris (147 à Vincennes et 29 à Enghien) / 170 en région
■ 1 456 courses à l’attelé / 352 au monté
■ 3 Groupes 1
Prix de France Speed Race - Delia du Pommereux - 1’09’’8
Prix de Sélection - Face Time Bourbon - 1’10’’3
Prix René Ballière - Face Time Bourbon - 1’09’’1
Nouveau record absolu de Vincennes
■ Sulky d'Or
■ Étrier de Bronze
■ Vainqueur du Combiné


Au cours de l'année, Éric Raffin s’est mis au service de 313 entraîneurs différents. Ceux avec lesquels il a le plus gagné (10 courses et plus) sont :
■ Jean-Michel Baudouin 37 (pour plus d’1 million de gains)
■ Sébastien Guarato 22
■ Franck Leblanc 18
■ Charles Dreux 15
■ Yves Dreux 13
■ Philippe Allaire 12

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