...
Actualité - 19.01.2022

Le casting à la loupe : Les plus titrés du Cornulier

Le Prix de Cornulier est là, tout proche. On est entré dans le money time du championnat français du monté, la plus grande épreuve mondiale de la spécialité qui sera le centre du monde hippique dimanche. Ils sont 15 ce mercredi à composer la liste des restants, à quelques heures de la déclaration des partants ce jeudi. Dans l’esprit d’une série, nous vous proposons la revue des portraits de tous les protagonistes de l’épreuve.

Pour ce premier volet, nous vous proposons les candidats les plus titrés au départ, et logiquement les plus argentés du tableau des partants. Notre galerie de portraits des acteurs du Prix de Cornulier s’ouvre dès lors avec les deux derniers vainqueurs de l’épreuve : Bahia Quesnot (Scipion du Goutier), la tenante du titre, et Bilibili (Niky), double lauréat, en 2019 et 2020. Ce dernier était absent de la précédente édition, ce qui fait - et ce n'est pas la moindre singularité de l'épreuve - que jamais ces deux-là ne se sont rencontrés au monté. Chacun porte avec lui son lot d'incertitude : Bahia Quesnot n'a plus couru sous la selle depuis son sacre d'il y a un an, alors que Bilibili s'est montré moins efficace que d'habitude dans le Prix du Calvados, son entourage craignant un retard dans sa préparation.
Etoile de Bruyère (Kénor de Cossé) est déjà montée deux fois sur le podium du Prix de Cornulier : deuxième en 2020 et troisième l'an dernier. Feeling Cash (Ready Cash) a conclu troisième en 2020. Pour eux aussi, dimanche sera le jour du grand objectif de l'hiver.

BAHIA QUESNOT
F. 11 ans / Scipion du Goutier et Queen Ines (Install)
Propriétaires (bailleurs) : Tahar Ait-Hamouda, Jean Pieri et Florence Scali
Entraîneur : Junior Guelpa
Eleveurs : Alain Léon, Matthieu et Chantal Lefebvre
Records : 1’12’’8m (2.700m Vincennes) Prix de Cornulier 2021 / 1’08’’7a (1.609m auto)
122 sorties : 12 vict. – 27 pl. – 1.685.133 €

Son CV
C’est la tenante du titre. Néophyte sous la selle, ou quasiment, elle a "fait fort" l’an dernier en s’octroyant la grande course au courage, sous la selle d’un Matthieu Abrivard qui y signait son cinquième succès. Elle n’a d’ailleurs, délibérément, pas été revue montée depuis lors. Attelée, elle a été, dans la foulée, à l’arrivée des Prix d’Amérique, à la cinquième place, et de France, au quatrième rang. Dans la spécialité, son palmarès est international, avec, notamment, une victoire dans le Grand Prix Royal Mares (Gr.1), en Italie, et des places de deuxième, en Scandinavie, dans l’Olympiatravet (Gr.1) et le Grand Prix d’Oslo (Gr.1). A 11 ans, elle prend part à son dernier meeting d’hiver. À ce jour, son bilan fait état de douze victoires et d’un total de gains avoisinant 1,7 million d’euros.

Son pedigree
Son père, Scipion du Goutier 1’11’’ m., fut un authentique champion monté, gagnant de six Groupes 1 dans la spécialité, soit les Prix d’Essai, des Elites, de Vincennes, du Prix du Président de la République et des Centaures, deux fois. Il fut aussi troisième d’un Prix de Cornulier, course remportée par Uno Atout 1’12’’, l’arrière-grand-père maternel de Bahia Quesnot, en 1995, et par l’américain Net Worth 1’23’’, autre de ses pères de mères, en 1937. La jument a donc des affinités génétiques avec notre championnat monté. À noter que sa mère, Queen Inès 1’15’ (Install), a mis bas, en 2020, en Kopa Quesnot, un autre produit de Scipion du Goutier. La famille remonte à la classique Pépite 1’18’’ (1959-Ogaden), cinquième mère de Bahia Quesnot et précédente lauréate de Groupe 1 de la parentèle, à la faveur du Prix de l’Etoile.

Son entourage
C’est la casaque de Tahar Ait-Hamouda et l’entraînement de l’homme du Midi, Junior Guelpa, sur les terres duquel la jument a commencé de se forger son dense palmarès et s’est, en quelque sorte, façonnée. En termes d’élevage, Bahia Quesnot est originaire de la Manche, où l’a fait naître et éduquée Matthieu Lefebvre, au lieu-dit Quesnot, près de Cherbourg, sur le site d’un ancien relais de poste. Présentée yearling, à Deauville, la future héroïne du Cornulier n’y trouva pas preneur pour 5.000 euros, ce qui fait dire à son éleveur : "Ce n’était pas le prix de la saillie, alors nous avons racheté la pouliche. Le croisement Goetmals Wood-Buvetier d’Aunou nous plaisait ; aussi avions-nous fait l’effort financier d’aller à Scipion du Goutier. Nous avons finalement fait affaire à l’amiable, avec M. Ait-Hamouda."


L'entourage autour de la gagnante du Prix de Cornulier 2021

© Aprh
© Aprh
Bahia Quesnot remporte le Prix de Cornulier 2021 aux dépens de Flamme du Goutier. Toutes les deux (et la troisième Etoile de Bruyère) se retrouveront dimanche - © Aprh
BILIBILI
M. 11 ans
Niky et Quetty du Donjon (Coktail Jet)
Propriétaire : Ecurie Jean Pierre Barjon
Entraîneur : Laurent Claude Abrivard
Eleveur : Ecurie Jean Pierre Barjon
Record : 1’10’’m (2.175m Vincennes)
51 sorties : 15 vict. – 12 pl. – 1.881.100 €

Son CV
Il sera, bien sûr, le plus titré, au départ, dimanche. Quintuple vainqueur de Groupe 1, dans des temps souvent record – 1’13’’ dans le Prix du Président de la République, en 2015 ; 1’10’’5, puis 1’10’’ dans ses Prix de l’Ile-de-France, en 2017 et en 2020 ; 1’11’’2 dans le premier de ses deux Cornulier, en 2019 –, presque deux fois millionnaire, il vise, à l’aube de sa onzième année et pour son ultime meeting d’hiver, une troisième victoire dans le championnat du monde des trotteurs montés, un exploit que seuls cinq sujets ont, à ce jour, réussi, à savoir Souarus, de 1946 à 1948, Gardon, en 1955, 1956 et 1958, Bellino II, en 1973, 1975 et 1976, Kaiser Trot, en 1981, 1982 et 1984, et Jag de Bellouet, de 2004 à 2006.

Son pedigree
Bilibili incarne l’alliance des sangs de Viking’s Way 1’15’’ et de Coktail Jet 1’10’’, les deux grands raceurs du moment, par l’entremise de son père, le classique Niky 1’10’’, et de sa mère, Quetty du Donjon, laquelle n’est autre que la propre sœur de l’excellent performer attelé-monté Kérido du Donjon 1’12’’ (Prix du Président de la République, deuxième du Critérium des 4 Ans, du Critérium Continental, du Grand Prix de l’U.E.T. et du Critérium des 5 Ans ; placé du Cornulier). C’est là la descendance de la matrone de l’élevage Bédier, Géribia (1972-Kerjacques), ici en position de troisième mère, génitrice, au premier chef, du champion Minou du Donjon 1’11’’.

Son entourage
C’est le cheval du président du Trot, Jean-Pierre Barjon, qui est aussi son éleveur, en association avec Gérard Fray. Niky, son père, défendait également les couleurs de Jean-Pierre Barjon, sous le même entraînement de Laurent Abrivard. Un Laurent Abrivard que l’on trouve trois fois au palmarès du Prix de Cornulier, à deux reprises comme entraîneur, via notre sujet, en 2019, puis en 2020, et une fois comme jockey, en selle sur le pensionnaire d’Ulf Nordin, Voici du Niel, en 1992. Quant à Alexandre Abrivard, partenaire du champion, il est lui-même triplement cité au palmarès de la course, son troisième titre – le premier, dans l’ordre chronologique – lui ayant été apporté par Scarlet Turgot, en 2016.


Le premier Prix de Cornulier de Bilibili en 2019 en temps record (1'11''2)

© Aprh
© Aprh
La deuxième victoire de Bilibili dans le Cornulier, en 2020, en 1'12''1. Feeling Cash (n°13) est troisième et de nouveau en lice cette année © Aprh
ETOILE DE BRUYERE
F. 8 ans – Kénor de Cossé et Reinette du Tijas (Ekir de Léau)
Propriétaire (bailleur)/entraîneur : Charles Dreux
Eleveur : Véronique Levrard
Record : 1'10''3m (2.175m Vincennes)
56 sorties : 7 victoires – 16 places – 869 720 €

Son CV
Une véritable spécialiste de la spécialité du trot monté, qui s’est bonifiée avec le temps. Sixième du Prix de Vincennes, elle a terminé deuxième du Prix du Président de la République, avant de décrocher la consécration dans le Prix de Normandie, dans son style caractéristique. Une sage course d’attente et une pointe de vitesse très acérée. Dauphine de Bilibili (Niky) en 2019, elle a de nouveau accroché le podium (3e) il y a douze mois. Tout est réuni pour tenter de faire au moins aussi bien, comme l’a expliqué Adrien Lamy : "Tout s’est passé comme voulu. Elle a suivi le programme fixé et a rempli les objectifs. Déferrée, elle a terminé deuxième de Mindyourvalue W.F., avant de courir attelé pour garder la forme et de finir cinquième dans le Prix du Calvados, en étant chaussée. On est dans les temps. On arrive avec les mêmes ambitions que les éditions précédentes. La jument est bien. Nous sommes un peu barrés pour la victoire, avec de bons jeunes chevaux, mais elle sera compétitive. Si on a un bon parcours, elle a tout de même le droit de gagner. Les femelles seront très fortes cette année. Flamme du Goutier sera la jument à battre."

Son pedigree
Née dans la Sarthe, chez la famille Levrard, Etoile de Bruyère est évidemment le meilleur produit de sa mère Reinette du Tijas. Elle a un propre frère, par Kénor de Cossé 1’13’’, chez les 2 ans, nommé Kénor de Bruyère. C’est la première fois que le croisement était renouvelé. La yearling, Lana de Bruyère est par Gotland (Ready Cash). Proche parente de Business du Parc 1’14’’, elle est rattachée à la famille maternelle de Quarlos (L’As de Viretaute).

Son entourage
Fils d’André Dreux et neveu d’Yves Dreux, Charles Dreux a commencé sa carrière d’entraîneur en 2010, à l’âge de 22 ans. Il vient de dépasser cet hiver la barre des 200 gagnants. Ses saisons vont crescendo et il a atteint 31 victoires en 2021, année record qui fait suite à une autre en 2020 (24). Dans son effectif de 40 chevaux, six dépassent la barre des 100.000 euros de gains, sans compter le prometteur Iquem d’Amer (Booster Winner).
Étrier de Bronze en 2017 et 2019, Adrien Lamy fait partie des valeurs sûres de la profession. Il présente la particularité d’avoir remporté à trois reprises le Prix de Normandie (Astor du Quesne, Etoile de Bruyère et Cassate), sans oublier le Prix de Vincennes (Helitlopet) et le Saint Léger des Trotteurs (Hopla des Louanges).






FEELING CASH
M. 7 ans – Ready Cash et Royale Star (Coktail Jet)
Propriétaires : Carlos Lerner, Philippe Allaire et Ecurie des Charmes
Entraîneur : Philippe Allaire / Eleveur : Ecurie des Charmes
Records : 1’10’’6m (2.200m Vincennes) / 1’10’’6a (2.100m auto Vincennes)
56 sorties : 10 vict. – 22 pl. – 1.120.080 €

Son CV
Il a d’abord montré des moyens à l’attelage, dans le registre de la précocité, signant trois victoires à 2 ans, dont deux à Vincennes, puis s’imposant dans le premier semi-classique de la saison des 3 ans, le Prix Maurice de Gheest (Gr.2). Après quoi, il s’est principalement consacré à la discipline du trot monté, dans laquelle il a d’abord collectionné les accessits, y compris au plus haut niveau, comme deuxième des Prix d’Essai (Gr.1) et des Elites (Gr.1), avant d’ouvrir son palmarès dans le Prix Louis Tillaye (Gr.2) et d’"enfoncer le clou" dans le Prix Raoul Ballière (Gr.2), en prélude à une place de deuxième dans le Prix de Vincennes (Gr.1). Il poursuivra en ce sens, ne décevant pas souvent : on lui trouve ainsi, au total, six succès de Groupe 2 et une multitude d’accessits de Groupe 1 et de Groupe 2, jusqu’à sa consécration, à 5 ans, en 2020, dans le Prix des Elites (Gr.1), gagné dans le chrono record de 1’10’’6, dont le dépossédera cependant, de peu, Girly Béco, l’année suivante, en 1’10’’5.

Son pedigree
Somptueux est le papier de Feeling Cash, fruit du croisement de Ready Cash 1’10’’ avec une fille de Coktail Jet 1’10’’. Royale Star 1’13’’, la jument en question, était bonne, qui plus est, montrant un niveau semi-classique, attelée et montée, à 3 ans. Si Feeling Cash est son meilleur produit, en même temps que le plus riche, avec 1,1 million d’euros de gains, elle n’est guère en reste avec les aînés de celui-ci, Colonel 1’11’’ (19 vict. et 604.670 euros) et Baldi Star 1’12’’ (14 vict. et 385.770 euros). Royale Star est, en outre, la trois-quarts sœur du vainqueur du Critérium des Jeunes (Gr.1) et étalon en vue Look de Star 1’12’’. La famille proche est celle d’une autre figure de l’Ecurie des Charmes en la si brillante et talentueuse Kiss Melody 1’11’’, triple lauréate de Groupe 1, à 3 et 4 ans, à la faveur du Grand Prix de l’U.E.T., ainsi que des Prix de l’Etoile et Capucine, aujourd’hui Prix Albert Viel.

Son entourage
Les couleurs sont celles de Carlos Lerner et cela constitue une belle aventure pour l’entraîneur de galop, qui partage la propriété du champion avec l’éleveur de celui-ci, l’Ecurie des Charmes de Lucien Urano, et avec Philippe Allaire. Ce dernier est déjà trois fois au palmarès du Prix de Cornulier, avec First de Retz, en 2000 et en 2001, dont une fois pour la casaque de l’Ecurie des Charmes, et avec Traders, en 2018. C’est également la troisième fois qu’il y tente sa chance avec Feeling Cash, troisième de l’édition 2020, derrière Bilibili et Etoile de Bruyère, et septième de l’édition 2021. Cette année, le professionnel de Bouttemont a sensiblement changé le mode de préparation de son protégé, le présentant exclusivement attelé lors des derniers mois.

A voir aussi :
...
Renaud Lavillenie et Pierre Pilarski remportent un Groupe ce samedi à Auteuil

La casaque de Hugo et Pierre Pilarski, celle de Bold Eagle (Ready Cash) au trot, paraîtra deux fois lors du grand week-end de l'obstacle français, à Auteuil. Ce samedi, elle était portée par Villa Rica (Cokoriko) dans le ...

Lire la suite
...
Insolent Somolli nominé chez les espoirs

Pieds nus pour la première fois de sa carrière, Insolent Somolli (Booster Winner) a triomphé sans être encore à 100 % de ses moyens. Voilà l'enseignement du Prix de Banville, avec l'analyse de Mathias Dudouit, son driver, au micro d'Equidia Racing. "...

Lire la suite
...
Jolie Baraka a trouvé ses marques

Entraînée par Philippe Allaire, Jolie Baraka (Love You) n'est plus la même depuis la réunion deux facteurs : Caen d'une part et le monté d'autre part. Difficile en début de carrière à l'attelé, cette nièce ...

Lire la suite
...
Richard Westerink inscrit
Étonnant dans les traces de Timoko

Richard Westerink et l’Eliloppet, c’est une histoire de fascination. Celle d’un gamin hollandais pour la plus grande course scandinave, celle qui se rapprochait le plus de sa référence, le Prix des Géants, disputé dans ...

Lire la suite