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Actualité - 02.10.2020

Et si Grosbois était un site olympique en 2024 ?

Comme à Versailles, il a y un Château et son parc majestueux. Alors certes, on vous le concède, avec une renommée un peu moins internationale pour l'un que pour l'autre. Mais Grosbois, lui, peut se targuer d'avoir des installations existantes, pérennes et suffisantes pour accueillir des chevaux venus du monde entier avec leurs accompagnateurs. Contrairement au site du Roi Soleil, tout est déjà en place et seules les constructions des carrières et de tribunes viendraient s'insérer dans un budget potentiellement très largement inférieur à celui de Versailles. Alors pourquoi pas candidater ?

Alors que Versailles, ville hôte pour les épreuves équestres des Jeux Olympiques, est de plus en plus décriée pour des raisons budgétaires, plusieurs sites ont déclaré leur volonté d'accueillir les « JO ». Et le centre d'entraînement de Grosbois fait partie de ceux-là : il se verrait bien accueillir les compétitions et les acteurs lors des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 de Paris. Loin de se concentrer uniquement sur les courses, le site tend à se développer vers les disciplines équestres pour assurer une diversité.
« Il y a deux ou trois ans, à Grosbois, lors d'une réception à l'Orangerie pour le comité départemental du tourisme,
certains membres de la Fédération Française d'équitation (FFE) étaient venus et ils m'ont dit : « C'est fabuleux chez vous, on pourrait faire les Jeux Olympiques ici » ».
Ce qui aurait pu rester une anecdote s'avère aujourd'hui le point de départ d'une réflexion menée par Christophe Walazyc, le régisseur de Grosbois. Personne ne se doutait que quelques mois plus tard, le centre d'entraînement serait dans la course pour recevoir chevaux et épreuves des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

L'équitation a aussi sa place à Grosbois
Depuis plusieurs saisons et face à l'obligation de trouver de nouveaux axes de développements économiques, l’équitation a trouvé toute sa place au sein du domaine. « Il y a deux ans, nous avons commencé à organiser des activités autour de l'équitation, avec l'association FEE (France Equi Events), en amenant des compétitions de « Derby Cross » ou de « Ride and Run » par exemple. De fil en aiguille, on s'est dit qu'on devait monter en puissance autour de l’équitation. » Jusqu'à vouloir donc porter aujourd'hui le projet de candidature comme site pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Aux côtés de Christophe Walazyc pour gérer le dossier : Fabrice Rossignol, chef de la clinique vétérinaire de Grosbois mais aussi les collectivités locales, département et municipalités. Les ambitions sont affichées et argumentées.

Des atouts à faire valoir
Car des atouts, Grosbois n'en manque pas. Expertise dans le domaine équin, installations confortables et dédiées, 40km d'allées cavalières, manèges, une capacité d'accueil de 1500 chevaux et une clinique spécialisée de renommée mondiale ! Mais dans un projet olympique porté par Paris, il faut également surligner la proximité avec la capitale. En terme d'accessibilité, autre critère indispensable, Grosbois est relié à Paris par le RER A sur la commune voisine de Boissy-Saint-Léger et le projet d'extension et réaménagement de la Nationale 19 facilitera l'accès à Paris par la route.
Quant à la cohabitation possible avec les trotteurs, pas de problème répond aussitôt Christophe Walazyc : "Nous sommes au cœur d'un centre d'entraînement de trotteurs mais il ne peut pas y avoir des problèmes de co-activité, puisque l'équitation se déroule près du château, et donc à distance des trotteurs. On utilise un espace différent. Et d'autant plus que les Jeux Olympiques se déroulent l'été, une bonne saisonnalité par rapport au rythme des trotteurs."

Enfin, d'un point de vue stratégique et politique, Christophe Walazyc ajoute : "Le Val-de-Marne est un département qui n’a pas de site olympique à ce jour."

Je reste persuadé que s’ils cherchent un site alternatif pour les Jeux Olympiques, Grosbois est la situation la plus réaliste
Christophe Walazyc

Côté sécurité et structures
Grosbois est un lieu clos « qui répond parfaitement aux consignes de sécurité et de contrôle d'accès pour des sites accueillant de gros événements ».
Avec 1 500 boxes présents sur le site, répartis en petites écuries permettant à chaque délégation d'avoir son espace de vie, le centre d'entraînement n’a pas de gros investissements à prévoir s'il accueille les Jeux. « Concernant les parkings, nous avons de l'espace sur les pistes. Ils seront réversibles. Nous sommes capables de stationner 5 000 véhicules sur une piste une semaine, et la rendre parfaitement utilisables pour les trotteurs la semaine suivante. Les boxes sont déjà construits, nous pourrons bien évidemment leur donner « un coup de neuf » avant d'accueillir les chevaux. Dans l'optique de développer l'équitation au sein du domaine, nous avons comme projet, dès 2021, la construction de carrières pour nos compétitions. Le manège pourrait accueillir la technique, et un centre social permettant au personnel de manger matin, midi et soir existe déjà. Nous n'avons pas besoin d'équipements particuliers qui vont coûter cher et nuire à l’environnement. Je reste persuadé que s’ils cherchent un site alternatif pour les Jeux Olympiques, Grosbois est la situation la plus réaliste. »
Et si un point distingue le centre d'entraînement des autres sites, c'est bien la présence de sa clinique vétérinaire spécialisée.
« C'est un élément déterminant. Si les chevaux sont blessés ou ont besoin de soins avant, pendant et après la compétition, la clinique est sur place. »

Les seuls investissements devraient être pour la construction de tribunes, aménagement qui pourrait être facilité par le vallonnement naturel de Grosbois. « Les tribunes de Grosbois seraient plus économes qu’à Versailles où elles seraient construites sur un site plat. Ici, nous avons du relief et nous pouvons exploiter le terrain naturel. Pour le concours complet, c'est pareil. Le terrain de Grosbois est idéal pour y construire un parcours naturel de cross olympique. Faire les « Jeux » à Grosbois serait moins cher qu’à Versailles, Fontainebleau ou Chantilly. Mais face à Lamotte-Beuvron, je ne peux pas m'aligner : ils ont tout. Les seules problématiques pour eux seront le logement - ils ont peu d’hôtels à proximité - et le déplacement des spectateurs de Paris à Lamotte » soutient encore Christophe Walazyc.

Un coup d'épée dans l'eau ?
On l'aura compris, les arguments sont bien affutés et la détermination à mener ce projet de candidature le plus loin possible est très forte. Mais il faut bien avouer que les chances de réussite semblent maigres. Des déclarations officielles ont fait état d'une confirmation du positionnement du site versaillais quand bien même de nombreuses voix se soient élevées ces derniers mois pour dénoncer ses budgets économique et écologique très défavorables et son caractère éphémère.
Le chemin est long ("on cherche à obtenir le cahier des charges précis" concède même Christophe Walazyc) mais comme dit le dicton : qui ne tente rien... "Nous sommes convaincus que Grosbois mérite l’attention du COJO (Comité d'organisation des Jeux Olympiques). Ils devraient venir pour découvrir le domaine, car ils ne savent pas ce que c’est. Je sais que nous sommes en position d'outsiders mais je pense qu'ils devraient prendre deux heures pour se rendre compte qu'il s'agit d'une alternative réaliste. Mais dans aucun cas, nous ne souhaitons prendre la place de quelqu’un. S'il est décidé de faire des Jeux différents, il faut à tout prix qu'ils viennent : le site n'attend que ça et tout s'y prête."
©JLL-LeTROT

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