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Actualité - 30.01.2022

Davidson du Pont : famille, je vous aime

DAVIDSON DU PONT
FAMILLE, JE VOUS AIME !

Exaltant. Excitant. Ébouriffant. Davidson du Pont a remporté le 101e édition du Prix d’Amérique – Legend Race (Gr.1) aux termes d’une incroyable lutte avec Galius. L’aîné s'est imposé du plus simple des nez, portant son driver Nicolas Bazire, 21 ans, sur le toit du monde trotteur. Un triomphe qui transporte avec lui les familles Rayon et Bazire.

Deuxième des deux dernières édition du Prix d'Amérique Legend Race (Gr.1), Davidson du Pont (Pacha du Pont) aura attendu sa quatrième participation (il avait conclu quatrième lors de sa première tentative en 2018). Et il l'a fait avec Nicolas Bazire. C'est donc le fils de Jean-Michel Bazire et Céline Rayon, 21 ans, qui réussit là où son père avait échoué l'an dernier, contre Face Time Bourbon (Ready Cash), il est vrai.

Le plus grand titre de la carrière d'un professionnel de 21 ans est celui d'un grand projet familial. Elève et propriété de ses grands-parents, Jean-Yves Rayon et sa femme, Davidson du Pont a été entraîné et formé par son père Jean-Michel Bazire. La référence familiale est au cœur de l'émotion de Nicolas Bazire à l'arrivée, au micro d'Equidia, alors même qu'il venait d'apprendre qu'il avait gagné : "J’ai du mal à réaliser. Je ne savais pas si j’avais gagné et j’ai du mal à le croire. C’est un vrai champion, un cheval incroyable. Avec tout ce qu’il a fait depuis ses débuts, il est toujours là et méritait cette victoire. C’est mon cheval qui gagne et pas moi. Aujourd’hui, j’ai mis la casaque de mon grand-père, avec ses initiales J.Y. (N.D.L.R. : Jean-Yves Rayon). Elle a dû courir le Prix d’Amérique avec Jalba du Pont. Je suis content pour mes grands-parents. Depuis que je le drive, cet été, je rêvais être dans le Prix d’Amérique mais je ne rêvais pas de le gagner. C'est le plus beau jour de ma vie."

Nicolas Bazire : "C'est mon père qui est venu me dire en plaine que j'avais gagné"
Plus tard, sans jamais se départir du calme qui l'habite au quotidien, Nicolas Bazire nous déclarera : "On a bien voyagé mais à mi-virage, je me dis : "c’est mort". À l’entrée de la ligne d’arrivée, il a redonné un coup de reins comme un grand champion qu’il est. C’est un crack mais je ne savais pas que j’avais gagné sur le coup. C’est mon père qui est venu me le dire ensuite en bas de la descente. C’est incroyable. C’est un rêve de gamin."
Pas de grande déclaration dans la bouche de Jean-Michel Bazire, qui se classera dixième avec Feydeau Seven (Rédéo Josselyn) et qui a, en retrait, contemplé la victoire du fiston des premiers rangs. Il nous apprend : "Quand ton gamin gagne le Prix d'Amérique, tu ne peux qu'être super content. J'ai regardé le grand écran dans la ligne droite et j'ai levé le bras au passage du poteau."

L'intégralité de la réaction de Nicolas Bazire

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L'explication finale âprement disputée entre Davidson du Pont (n°17) et Galius - © ScoopDyga
UNE GRANDE HISTOIRE FAMILIALE

C'est une véritable saga que celle de l'élevage Rayon basé à Fleuré à quelques kilomètres d'Argentan. Une saga dont Davidson du Pont écrit sans conteste l'une des plus belles pages, en s'imposant dans le Prix d'Amérique Legend Race après avoir terminé deuxième des deux dernières éditions. Le patriarche Albert Rayon en est à l'origine, l'ayant développé à partie d'acquisitions décisives, à l'image de Girl Blanche, lauréate du Critérium des Jeunes et du Critérium des 5 Ans dont descend Davidson du Pont qu'a fait naître son fils, Jean-Yves, qui a pris le relais.
Le héros du jour Nicolas Bazire nous apprendra encore sur cette dimension familiale : "C’est dans la famille de A à Z et c’est ce qui rend cette victoire encore plus incroyable. Le lendemain du Prix de Belgique (Qualif#6 dans lequel Davidson du Pont a fait la faute à la fin alors qu’il était en tête) a été difficile mais ensuite tout est rentré dans l’ordre. En fait, le cheval avait besoin de sa dernière course."

Le nouveau plus jeune vainqueur du Prix d'Amérique
À notre pointage, c'est Jean-Etienne Dubois qui était depuis son triomphe avec Coktail Jet (Quouky Williams) en 1996, à l'âge de 26 ans, le plus jeune driver vainqueur au palmarès du Prix d'Amérique. Nicolas Bazire fait mieux et s'accapare ce titre du haut de ses 21 ans.

1'11''3 : le quatrième meilleur temps d'un vainqueur
En réalisant la réduction kilométrique d'1'11''3, Davidson du Pont place sa performance haute dans la hiérarchie des vainqueurs du Prix d'Amérique Legend Race. Seul Face Time Bourbon l'an dernier, avec le temps record d'1'10''8, et Bold Eagle (Ready Cash) en 2018 et Readly Express (Ready Cash) en 2019, chacun auteur d'1'11''2, ont fait mieux. À noter que Davidson du Pont a déjà été plus vite dans le Groupe 1. L'an dernier, comme dauphin de Face Time Bourbon, il avait affiché 1'10''9.


7e | PX AMERIQUE RACES ZETURF PX AMERIQUE
Att - 2700 m - Groupe 1 - 1 000 000 €
DAVIDSON DU PONT 1'11"3
Pacha du Pont x Laguna du Pont (Pelican du Pont)
Driver : N. Bazire - Entraîneur : N. Bazire
Propriétaire : Ec. A. Rayon - Eleveur : Ec. A. Rayon
2e Galius 1'11"3 Love You x Star de Villeneuve
3e Flamme du Goutier 1'11"5 Ready Cash x Utopie du Goutier
4e : Vivid Wise As - 5e : Hohneck - 6e : Chica de Joudes - 7e : Diable de Vauvert

D'où vient-il ?

Davidson du Pont is a pure product of the historic Rayon family stud, developed in Normandy by Albert Rayon, who once introduced a certain Pierre de Montesson to the adventure of racing and trotting. Davidson du Pont came out of the first year of production of Pacha du Pont 1'13'' m., son of another home stallion, the improver Baccarat du Pont 1'13''. His dam, Laguna du Pont 1'16'' (Pélican du Pont), winner of two countryside tournaments, has given, to date, four winners and is the full sister to Indiana du Pont 1'13'' (207.165 €), from which the semi-classic Rachmaninov Seven 1'11'' (418.975 €). Interesting are the female inbreedings of the pedigree, on Roquépine (4x4) and, especially, on Bragance (4x3), matron of the Rayon crops.

Baccarat du Pont 1'13''9 Florestan (US)
Pacha du Pont 1'13''9 Moscova du Pont 1'20''0
Alba du Pont 1'21''6 le Loir 1'17''4
DAVIDSON DU PONT Kama du Pont 1'22''4
Pelican du Pont 1'15''8 Fruit Rose
Laguna du Pont 1'16''1 Bragance
Rolls du Pont 1'17''6 Granit (h.n.)
Girl Blanche
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GALIUS, UN DAUPHIN IRRÉPROCHABLE

Venu en tête en plaine, avant d'être relayé par Etonnant (Timoko), Galius (Love You) a repris les devants dans le tournant final. Il fait alors le forcing et prend une option qui semble déterminante pour la victoire. En fait, dans les cinquante derniers mètres, il se raccourcira alors que Davidson du Pont lancé à pleine vitesse viendra à ses côtés. Il échoue du minimum. Pour Yoann Lebourgeois, c'est un mélange à chaud de satisfaction et de déception : "J’aurais signé tous les jours pour la deuxième place même si c’est rageant de perdre de si peu. J’aurais évidemment préféré être battu de deux longueurs mais c’est la loi des courses. Je ne sais pas en fait si je suis parti trop tôt dans le dernier tournant. Je regrette peut-être, à chaud, d’être parti mais Etonnant n’avançait plus. S’il avait été plus loin, j’aurai lancé Galius plus loin. Le cheval s’est relâché à cinquante mètres du poteau." Plus tard, il nous dira : "J’ai revu la course, je n’ai aucun regret, je n’ai fait aucune erreur."

Le différentiel de vitesse dans la phase finale a été décisif. Alors que Davidson du Pont boucle des 200 derniers mètres dans la réduction kilométrique d'1'09''6, Galius baisse de rythme et affiche 1'12''9. Dans le dernier tournant, dans la portion 400-300 mètres de l'arrivée selon les données Tracking, au moment où Galius a fait le trou, Davidson du Pont est pointé à 11,3 mètres derrière son rival. Il refera ce retard en 300 mètres.

Séverine Raimond donne rendez-vous en 2023
L'émotion est au rendez-vous pour Séverine Raimond. Celle qui a façonné Galius avec Cyril Raimbaud nous debriefe avec enthousiasme : "On est ravis. Deuxième du Prix d’Amérique, c’est fabuleux. Et en même temps, à cent cinquante mètres du poteau, on se disait : "Il va gagner". Perdre d’un nez, c’est rageant. Le cheval soufflait normalement après l’arrivée, il n’a pas dû prendre dur. De toute façon, il était prêt. On lui a tiré sur les jambes il y a six ans à sa naissance et aujourd’hui, il est deuxième du Prix d’Amérique. C’est fabuleux. Je ne suis pas devenue la première femme à remporter le Prix d’Amérique comme entraîneur. On se rattrapera l’année prochaine ! (rires)"

LA RÉUSSITE D'UNE NOUVELLE GÉNÉRATION

Avec Nicolas Bazire sur la plus haute marche du podium et Théo Duvaldestin à la troisième place, associé à Flamme du Goutier (Ready Cash), ce sont deux jeunes de 21 ans qui deviennent majoritaires à l'arrivée du Prix d'Amérique. Amis dans la vie et anciens rivaux dans la catégorie poneys, il y a une dizaine d'années, Théo Duvalestin et Nicolas Bazire portent au pouvoir une nouvelle génération. Le premier déclare sur la performance de sa partenaire et le succès de son copain : "Flamme a fait une grande performance en courant à une semaine d’intervalle. J’aurais signé pour être quatrième ou cinquième, alors troisième, c’est super. Je n’ai aucun regret, les deux premiers étaient plus forts que nous. Nicolas (Bazire) gagne et franchement je ne pensais qu’il pourrait le gagner à 21 ans quand nous faisions les courses de poneys ensemble il y a dix ans."

La fierté transparaît dans la bouche de Thierry Duvaldestin, entraîneur de Flamme du Goutier et père de Théo quand il nous déclare : "On est super content. Il y a un beau gagnant avec Nicolas Bazire. Théo a mené une super course. Il ne pouvait pas être mieux que troisième. Je suis super content de sa drive et de ma jument. Aujourd’hui, c’est du bonus. On n’avait pas prévu de courir. Le Prix d’Amérique, c’est toujours un énorme stress et Théo a très bien géré. En fait, j’avais plus de pression que lui. Le père d’abord et l’entraîneur ensuite sont très heureux. Les courses comme celles-là sont magiques."

Le podium avec Nicolas Bazire au centre entouré de Yoann Lebourgeois et Théo Duvaldestin. Jean-Yves et Céline Rayon sont à droite.

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Les programmes à venir de Galius et Flamme du Goutier dévoilés lors de la conférence de presse (lire en page 7)

La meilleure prestation de Vivid Wise As dans le Prix d'Amérique
Quatrième avec Matthieu Abrivard, son pilote désormais attitré, Vivid Wise As (Yankee Glide) a livré une excellente fin de course après avoir joué les attentiste dans le wagon de deuxième épaisseur. En réalisant ses 200 derniers mètres en 1'08''0, il a été plus vite que Davidson du Pont dans le final. En fait, seul Diable de Vauvert (Prince d'Espace), septième, a été plus vite que lui sur la même portion finale (en 1'07''2). Matthieu Abrivard nous a analysé la prestation de son partenaire en ces termes : "Il est bien parti et après j’ai préféré reprendre pour ne pas nous retrouver trop vite dans la bagarre. On a perdu du temps dans le dernier tournant et cela nous coûte la troisième place. La distance ne m’inquiétait pas car il est relax et respire bien."

Hohneck aux termes d'un parcours difficile
A posteriori, François Lagadeuc, aux commandes d'Hohneck (Royal Dream), cinquième, analysait que le meilleur wagon était celui de la corde. Un choix évidemment audacieux à faire dans un Prix d'Amérique. Le 5 ans n'a pas connu son tranchant habituel dans la ligne d'arrivée après avoir dû vite s'exposer dans la montée. Le pilote nous a expliqué : "On s’est retrouvés un peu loin en passant devant les tribunes, dans le dos de Jean-Michel Bazire qui a repris à ce moment. J’ai été obligé de le décaler en montant pour contourner Bahia Quesnot et les 200 ou 300 mètres qu’on a faits alors sont certainement préjudiciables à la fin. Il a fini un peu fatigué. En fait, pour son premier essai contre les "vieux", il court très bien. Il fait une super valeur."

Déception pour Etonnant et Gu d'Héripré
Parmi les principales déceptions, il y a les cas d'Etonnant (Timoko) animateur dans la montée et qui n'a pu poursuivre son effort à la fin. Anthony Barrier n'a pas eu entre les mains son partenaire habituel avec cette analyse : "Je n’ai pas de regret sur notre parcours. Je voulais le préserver au début. C’est vrai qu’on a fait un effort en plaine mais on a repris en montant. À chaud, je dirais peut-être qu’un mois sans courir, c’est beaucoup. On sait qu’il est bon frais mais tous les chevaux à l’arrivée ont couru soit le Belgique (Qualif#6), soit le Cornulier."
Quant à Gu d'Héripré (Coktail Jet), disqualifié dans le final sans n'avoir jamais vraiment dans la course, Franck Nivard nous apprend : "Il est moins bien. Il a été arrêté longtemps et a du mal à revenir à son meilleur niveau. Il n’a pas été dans la bonne cadence. Ce n’est pas le cheval de l’année dernière."

Quand ton gamin gagne le Prix d'Amérique tu ne peux qu'être super content. J'ai regardé le grand écran dans la ligne droite et j'ai levé le bras au passage du poteau.
Jean-Michel Bazire

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