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Actualité - 05.10.2020

Séisme "Zilpaterol" : la fête de l’Arc sans les "O’Brien"

C’est l’affaire qui a monté en puissance en fin de semaine pour exploser samedi soir, sur les coups de 22 heures. Aidan O’Brien informe dans un communiqué que tous ses partants attendus dimanche à Longchamp seront absents pour cause de contrôle positif au Zilpaterol. Des prélèvements d'urine effectués sur les chevaux de Ballydoyle (le site d’entraînement d’Aidan O’Brien), suite à la probabilité de contamination au Zilpaterol via des aliments de la marque GAIN, avaient en effet été diligentés vendredi en urgence alors que, parallèlement, la nutrition de ses pensionnaires avait été modifiée. L’entraîneur emblématique du consortium irlandais Coolmore retire à lui seul huit chevaux du programme dominical de Longchamp dont quatre partants dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr.1) – qu’il a remporté deux fois. Avec les pensionnaires de ses fils Joseph et Donnacha, ce sont onze non-partants irlandais qui sont déclarés samedi soir.

Les sonnettes d’alarme
Tout est parti de la déclaration de cinq cas positifs au Zilpaterol en France (sans information sur les disciplines touchées et les acteurs concernés) et des consignes de prudence recommandées par la Fédération Nationale des Courses Hippiques (FNCH), laquelle diffusait comme message vendredi (lire notre édition du même jour) : « Il est de la responsabilité des Sociétés Mères et de la Fédération Nationale des Courses Hippiques d’appeler les utilisateurs de ces produits [du fabricant GAIN] à la plus grande prudence si leurs chevaux qui les ont consommés doivent courir. » La diffusion dès samedi de communiqués de la société GAIN Equine Nutrition, en langues anglaise et française (lire par ce lien) – cette dernière relayée par l’Infonet de LeTROT – demandant la plus grande prudence à ses clients allaient dans le sens d’un problème non maîtrisé par le fournisseur en pleine phase d’investigations.

Le principe de précaution : courageux et responsable
En lançant des tests préventifs dès vendredi, l’équipe de Ballydoyle, client de GAIN, est entrée dans la logique du principe de précaution. Dès les résultats connus, samedi soir, la décision d’écarter leurs partants du lendemain s’est révélée courageuse. Pourquoi ? Parce qu’à ce stade, rien ne dit que les chevaux testés positifs vendredi l’auraient encore été dimanche sachant que les produits incriminés de GAIN avaient été retirés de leurs rations. Mais prendre le risque de courir était aussi et surtout exposer tous ses chevaux à des contrôles positifs et les conséquences désastreuses qui s’en suivraient dans le cadre d’une réunion internationale et ultra exposée comme celle de l’Arc. Si Aidan O’Brien avait gagné l’Arc avec un cheval testé et révélé positif dans quelques semaines, que dire de la déflagration grand-publique ? Mieux vaut ne pas imaginer l’ouverture de grands journaux nationaux sur le sujet, pouvant laisser planer l’amalgame sulfureux des courses et du dopage.

Des questions sans réponses
Le fait que le Zilpaterol soit un principe médicamenteux agissant sur des récepteurs et utilisé notamment pour augmenter la croissance et prise de poids des bovins interpelle. Car il est interdit en Europe. Et GAIN Equine Nutrition précise qu’il ne l’utilise pas dans ses formulations d’aliments : « Cette substance synthétique n'a jamais fait partie d'aucune formulation dans aucune de nos gammes de nutrition animale. »
Alors comment est-ce possible ? Les protocoles de contrôles des molécules évoluent-ils trop vite pour les logiques industrielles qui sont derrière ? Les chaînes de fabrication d’aliments sont-elles suffisamment étanches entre les différentes activités d’un même producteur (dans l’équin et le bovin par exemple ?) La chaîne de sous-traitance est-elle dans la même logique de responsabilité par rapport aux composés utilisés ? Et après, où situer les responsabilités ? Qui paiera pour les défauts de performances des représentants d’Aidan O’Brien ? Et encore : pourquoi les représentants "O'Brien" ont été les seuls non partants sur cette ligne de précaution quand d'autres entraîneurs (y compris français) utilisent aussi les produits GAIN ? Et que dire de la baisse de recette des enjeux, sur une course comme l’Arc, amputée de quatre partants à quelques heures de son départ ? Voilà en tout cas un dossier complexe, qui impacte le galop comme le trot, sur lequel nous reviendrons évidemment au fur et à mesure de ses développements.

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