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Actualité - 19.11.2021

Comment entrent dans le meeting les doubles vainqueurs d'Amérique

Ourasi en 1990

Double tenant du titre dans le Prix d’Amérique, Face Time Bourbon lance son meeting d’hiver ce week-end, dans le Prix de Bretagne, la première des quatre « B » et désormais Qualif#1 des Prix d'Amérique Races ZEturf. Il participe dimanche à son premier Prix de Bretagne. Par comparaison, 24H Au Trot se penche sur le chemin emprunté par les autres doubles vainqueurs du Prix d’Amérique à l’orée du meeting suivant leur deuxième sacre. Certains ont réussi dans la quête d'un triplé, d'autres ont échoué.

Le prédécesseur de Face Time Bourbon (Ready Cash), en la matière, n’est autre que Bold Eagle (Ready Cash), lauréat, comme lui, du Prix d’Amérique (Gr.1) à 5 et 6 ans, tous deux ayant obtenu leur billet, la première fois, via un succès dans le Critérium Continental (Gr.1), la différence étant que Face Time Bourbon ira ensuite directement sur la grande course, tandis que Bold Eagle passera par le Prix de Belgique, occasion d’un premier contact, victorieux, avec ses aînés. L’hiver suivant, l’un et l’autre auront le même itinéraire les emmenant à une deuxième victoire le jour J : Prix Marcel Laurent (Gr.2), Prix du Bourbonnais (Gr.2), Prix de Bourgogne (Gr.2). Si Face Time Bourbon réussit la passe de trois, Bold Eagle doit se contenter du premier accessit dans le « Marcel Laurent », battu par Traders (Ready Cash), avant de remporter les deux autres courses et de poursuivre la série dans le Prix d’Amérique, le Prix de France (Gr.1) et le Prix de Paris (Gr.1), là où son cadet, deuxième Prix d’Amérique en poche, bute contre Délia du Pommereux(Niky) dans le Prix de France, puis s'impose dans le Prix de Sélection.
En prélude à un éventuel troisième titre dans le Prix d’Amérique, Sébastien Guarato avait initialement inscrit le Prix de Bretagne au programme de Bold Eagle, mais il dut déclarer forfait au dernier moment, son protégé souffrant d’un abcès. Après quoi, le crack de Pierre Pilarski prit part à toutes les préparatoires, pour autant de places de deuxième, derrière Bird Parker dans le Prix du Bourbonnais, Propulsion dans le Prix de Bourgogne et à nouveau Bird Parker dans le Prix de Belgique. Or, il fut encore second dans le Prix d’Amérique et dans le Prix de France, devancé, respectivement, par Readly Express et Bélina Josselyn. On sait qu’en principe, la séquence préparatoire prévue, cet hiver, par le même Sébastien Guarato, pour Face Time Bourbon, est moins dense, puisque le représentant de la Scuderia Bivans ne devrait s’aligner, après le Prix de Bretagne, que dans le Prix de Bourgogne.

Ready Cash, en prélude à ses fils
Avant Bold Eagle et Face Time Bourbon, c’est leur père, Ready Cash, qui avait été dans la même situation qu’eux, à deux différences près : ses victoires dans le Prix d’Amérique sont intervenues à 6 et 7 ans, soit un hiver plus tard, et il avait, contrairement à ses fils, déjà pris part au championnat avant de le gagner, y ayant été disqualifié à 5 ans. Son premier succès fut précédé de plusieurs distinctions, dans les Prix Marcel Laurent, Doynel de Saint-Quentin et de Bourgogne, entrecoupées d’échecs, sur disqualification, dans les Prix de Bretagne et Ténor de Baune ; à la suite de quoi, ce fut le doublé Prix d’Amérique-Prix de France. Quant au second, il le prépara par un coup de trois dans les Prix de Bretagne, du Bourbonnais, en rendant vingt-cinq mètres, et de Bourgogne, s’assortissant d’une place de troisième dans le Prix de Belgique, où il concédait vingt-cinq mètres.
Sa quête d’un troisième Prix d’Amérique, Ready Cash la commença dans le Prix du Bourbonnais, faisant, cette fois, l’impasse sur le Prix de Bretagne, puis la poursuivit dans le Prix de Bourgogne, s’imposant en l’une et l’autre occasion, y compris en rendant vingt-cinq mètres – c’était la règle, à l’époque – dans le « Bourbonnais ». Mais, le grand jour, il tomba sur un os en Royal Dream, sur lequel il prit cependant sa revanche dans le Prix de France, avant de faire sien également le Prix de Paris, deux courses où il n’avait pu que se placer l’hiver précédent.

Offshore Dream, le pionnier
Vainqueur des éditions 2007 et 2008 du Prix d’Amérique, Offshore Dream revêt le même profil que Face Time Bourbon et Bold Eagle, en ce qu’il y a vaincu à 5 et 6 ans, préparant, comme eux, sa première victoire par un succès dans le Critérium Continental ; entre les deux, une place de deuxième dans le Prix de Croix, où il ne put rendre vingt-cinq mètres à Opus Viervil. L’hiver suivant, le Prix Marcel Laurent lui servit pareillement de rampe de lancement ; il s’y imposa, avant de moins bien réussir, à la huitième place du Prix de Bourgogne, puis à la troisième du Prix Ténor de Baune, mais réussit à faire à nouveau tilt le jour J, tout en échouant dans le Prix de France, dont il s’était abstenu un an plus tôt, au profit d’une « pige » victorieuse, face à ses seuls contemporains, dans le Prix Ovide Moulinet.
L’hiver 2008-2009 voit Offshore Dream tenter d’aller quérir un troisième Prix d’Amérique, mais sa forme est sujette à caution. Il prend part aux quatre préparatoires et termine non placé tant du Prix de Bretagne que des Prix du Bourbonnais et de Belgique, se classant tout de même second du Prix de Bourgogne. En fin de compte, il ne sera que sixième du Prix d’Amérique, puis quatrième du Prix de France, tous deux enlevés par son compagnon d’entraînement, Meaulnes du Corta.

Le cas Bellino II
Le grand challenge de l’hiver 1976-1977 est double. L’éclectique crack de Maurice Macheret, Bellino II, convoite, pour ses 10 ans, un troisième Prix d’Amérique consécutif, en même temps qu’un quatrième Prix de Cornulier. Et, comme les hivers précédents, cette force de la nature s’aligne dans beaucoup des épreuves préparatoires, dans les deux spécialités. En l’espèce, le Prix de Bretagne n’est toutefois pas à son programme et le Prix du Bourbonnais lui sert de course de rentrée. Il y rend victorieusement vingt-cinq mètres, avant d’enchaîner, quinze jours plus tard, avec le Prix de l’Ile-de-France, qui servait alors de préparation au « Cornulier ». Déjà deux fois vainqueur de cette épreuve, dans laquelle son palmarès et ses gains le contraignent à rendre vingt-cinq mètres, sur le court tracé des 2.250 mètres, Bellino II ne peut, en l’occurrence, que s’en classer quatrième. Qu’à cela ne tienne, il est au départ, une semaine après, dans l’autre discipline, du Prix du Béarn, aujourd’hui Prix de Belgique, où il concède vingt-cinq mètres à ses rivaux et termine simplement cinquième. Une semaine se passe encore et c’est le Prix de Cornulier, dont il prend la troisième place. Le dimanche suivant, il remet les pendules à l’heure en s’octroyant son troisième Prix d’Amérique, après un mémorable « mano a mano » avec Fakir du Vivier, dans la montée, et une héroïque résistance au rush final d’Eléazar. Bellino II sera ensuite quatrième du Prix de France, dans lequel il était parti aux vingt-cinq mètres, sur 2.250 mètres, et remportera son troisième Prix de Paris, sur 3.150 mètres, en donnant cinquante mètres à la tête. Au terme du meeting, il pouvait se targuer d’avoir couru chaque dimanche, tour à tour attelé et monté, du début du mois de janvier à la mi-février. Quelle santé !

Ourasi, l’insatiable
Chronologiquement, le précédent double lauréat du Prix d’Amérique est le champion italien Varenne, qui, après une troisième place à 5 ans, l’a gagné à 6 et 7 ans, en 2001 et en 2002, mais il n’a pas retenté sa chance par la suite. C’est ainsi qu’il faut remonter jusqu’aux années 1980 et à Ourasi pour retrouver un cas de figure similaire à celui de Face Time Bourbon. Sauf qu’au contraire de l’actuel crack, Ourasi n’a pas participé au Prix d’Amérique à 5 ans, attendant l’âge de 6 ans pour y commencer son historique série. Cet hiver-là, le phénomène de Raoul Ostheimer est d’abord deuxième du Prix de Bretagne, dominé par son contemporain, Ogorek, revenu, comme lui, des vingt-cinq mètres, puis il gagne le Prix du Bourbonnais, est deuxième du Prix Marcel Laurent, où il ne peut rendre vingt-cinq mètres, sur la courte distance de 2.300 mètres, à son cadet, Perrin Dandin, et remporte le Prix de Belgique, dans lequel il s’est élancé au second poteau ; le Prix d’Amérique suivra, ainsi que les Prix de France et de Sélection. Le meeting d’après, Ourasi gagne tout : le Prix de Bretagne, le Prix du Bourbonnais, le Prix de Bourgogne, le Prix de Belgique, le Prix d’Amérique, le Prix de France… Il est alors au cœur d’une séquence victorieuse de vingt-deux courses, qu’interrompra, au mois de juin, son camarade d’exercice, Olympio de Corseul, dans le Prix René Ballière.
L’hiver de son triplé, Ourasi néglige le Prix de Bretagne et rentre, en douceur, dans le Prix du Bourbonnais, puis il enchaîne à nouveau les succès dans les Prix de Bourgogne, de Belgique, aux vingt-cinq mètres, d’Amérique et de France, rejoignant dans la légende de l’ « Amérique » un trio constitué d’Uranie (lauréate en 1926, 1927 et 1928), Roquépine (1966, 1967, 1968) et Bellino II (1975, 1976 1977). Deux ans plus tard, il fera mieux encore en devenant le seul quadruple vainqueur de la mythique épreuve. A la veille de son retour à Vincennes dans le Prix de Bretagne, où il va de soi qu’on ne le voit pas battu, Face Time Bourbon est dans la position de compter lui aussi jusqu’à trois dans le Prix d’Amérique et, pourquoi pas, de renouveler, un jour, la passe de quatre d’Ourasi. Mais ceci est une autre histoire…

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